Belgique

Le ministre de la Justice, Koen Geens, a rédigé un arrêté qui prive les gardiens de prison grévistes de leur salaire minimum pour les jours non prestés, a indiqué vendredi la RTBF sur son site internet, une mesure qualifiée de "normale" par l'entourage du ministre. Les agents pénitentiaires qui sont en grève depuis le 25 avril devaient normalement recevoir un salaire minimum garanti par le SPF Emploi jusqu'à 80% de leur salaire de base, alors que les primes syndicales versées aux grévistes suivent en général plus tard.

Jusqu'à présent, les salaires étaient toujours versés, même pendant une grève, l'administration récupérant par la suite le salaire des jours non prestés progressivement, à raison de 20% maximum par mois dans les mois qui suivaient la fin du mouvement. Cela permettait aux agents de ne pas perdre brutalement tout leur salaire, selon la RTBF.

Mais le SPF Justice a notifié à ses agents en grève qu'ils ne percevront rien de ce salaire minimum pour la période allant du 1er au 22 mai.

M. Geens (CD&V) a publié lundi cet arrêté - qui ne compte qu'un article - en se fondant sur deux arrêtés royaux sur le statut des agents de la Fonction publique.

Selon le journal 'Le Soir', cette mesure pourrait bien stopper net le mouvement social entamé voici plus d'un mois.

La porte-parole de M. Geens a toutefois assuré à l'agence Belga qu'il s'agissait d'une mesure "normale" en cas de grève.

Les organisations syndicales qui ont été surprises par la mesure, déplorent grandement cette décision. "L'administration n'agit pas comme cela d'habitude", explique Laurence Clamar, secrétaire permanente CSC Services publics. "Là, ils jouent sur les règles. Je trouve cela très maladroit, dans le climat actuel. C'est un mauvais signal que l'on donne. C'est déplorable".

Du côté du SLFP, on souligne qu'il s'agit d'une interprétation de la loi. "Notre service juridique est d'ores et déjà sur le coup", signale le secrétaire permanent Pascal Verhelst. "On aurait voulu être averti, on aurait pu discuter de ces choses".


Entre 150 et 200 détenus bénéficieront d'un congé pénitentiaire de 14 jours

Entre 150 et 200 détenus vont bénéficier d'un congé pénitentiaire de longue durée comme l'autorise une circulaire du ministère de la Justice, rapporte vendredi soir le site internet du journal Le Soir. L'annonce de ces libérations durant un congé pénitentiaire de longue durée est une "bouffée d'oxygène" pour les directeurs de prison qui exigeaient cette mesure du ministre de la Justice Koen Geens dans le contexte de la grève prolongée des agents pénitenciers. Ce congé de 14 jours pourrait être étendu "si la situation de besoin devait se prolonger", indique Le Soir.

Dans la journée, les établissements pénitenciers ont dressé une liste des prisonniers répondant aux conditions de libérations sous congé pénitenciaire de longue durée, à savoir des condamnés à des peines de 10 ans maximum, ayant déjà bénéficié de tels congés, qui ne sont pas des délinquants sexuels, ni jugés pour terrorisme ou radicalisés, a détaillé à Belga Marc Dizier, président de l'Association francophone des directeurs de prison et responsable de la prison d'Andenne.

Dans cet établissement pénitencier, dix prisonniers bénéficieront de cette mesure et seront libérés dans le courant du week-end, confirme M. Dizier. "La proportion est environ la même dans les autres prisons, une dizaine de détenus pour une quinzaine d'établissements", a-t-il détaillé à Belga.


Les pompiers de Liège réquisitionnés à Lantin vont déposer une seconde plainte

Les pompiers de Liège sont réquisitionnés à la prison de Lantin depuis le 10 mai. A la suite d'une première plainte déposée au contrôle du bien-être, les hommes du feu liégeois ont rencontré vendredi le bourgmestre de Beyne-Heusay Serge Cappa, président de l'Intercommunale d'Incendie de Liège et Environs. "Celui-ci n'a pas pris de mesure et rejette la responsabilité sur Christine Servaes, bourgmestre de Juprelle", affirment les pompiers, qui ont annoncé le dépôt d'une seconde plainte pour mise en danger du personnel et non-respect de la loi du bien-être. Voilà bientôt deux semaines que les pompiers de Liège ont été assignés à la prison de Lantin. Deux hommes de la caserne y sont attendus chaque jour pour palier le manque de personnel de la prison, en raison du mouvement de grève des agents pénitentiaires.

Après avoir manifesté leur mécontentement et leur incompréhension face à cette initiative qu'ils qualifient d'"aussi inutile que dangereuse", les pompiers liégeois ont porté plainte auprès du contrôle du bien-être.

Selon Misikir Corhay de la délégation CGSP Pompiers, le Colonel de la Zone de secours a rédigé "un rapport accablant qui relève notamment des risques d'embuscades et de prises d'otage des pompiers en milieu carcéral." Selon lui, les prisons ne sont pas un endroit pour les pompiers. Malgré cette sonnette d'alarme, la situation demeure inchangée.

Vendredi, une réunion a eu lieu à la caserne des pompiers de Liège, en présence de Serge Cappa. A l'issue de celle-ci, les pompiers ont annoncé une seconde plainte pour mise en danger du personnel et non-respect de la loi du bien-être.