Belgique

Comme annoncé à l'issue de la manifestation de la semaine dernière, les syndicats policiers appellent les agents à faire grève mardi. Des piquets seront installés mais "nous n'empêcherons pas nos collègues de travailler", assure lundi Vincent Gilles, le président du SLFP Police. 

La police intégrée est en effet légalement tenue de garantir un service minimum. C'est la première fois qu'elle est touchée par une grève nationale depuis la réforme qui a créé sa structure à deux niveaux, fédéral et local, en 2001. "Impossible de dire combien il y a aura de grévistes, mais il y a de l'engouement. Avec les réquisitions, si on atteint les 5.000 grévistes, j'estime que le succès aura été total", affirme Vincent Gilles. Parmi eux, certains rejoindront le meeting intersectoriel contre l'austérité organisé par les syndicats à Bruxelles, même si aucun mot d'ordre en ce sens n'a été donné.

Pour la population, l'impact du mouvement de grogne devrait rester très limité. "La législation définit les missions de la police fédérale qui font office de service minimum. En ce qui concerne la police locale, les autorités des différentes zones fixent les contours du service minimum en concertation avec les syndicats", explique Stéphane Deldicque, délégué permanent de la CSC Police. Pas question donc de déserter l'accueil dans les commissariats ni de supprimer les équipes d'intervention sur le terrain. Les 195 zones de police locale devront également continuer à gérer certaines tâches administratives.

Pour assurer ce service minimum, les autorités ont le droit de réquisitionner des membres du personnel. "Elles l'ont fait massivement, ce qui prouve qu'elles s'attendent à une large participation au mouvement de grève", observe Stéphane Deldicque. Son collègue du SLFP ajoute toutefois que plusieurs autorités locales, "qui se considèrent comme des îles au milieu d'un océan", ont requis des agents hors du cadre légal, ce qui leur vaudra un recours au Conseil d'Etat.

Jeudi dernier, près de 14.000 agents ont manifesté dans les rues de la capitale contre la suppression du droit des policiers qui faisaient partie de l'ex-gendarmerie d'accéder à la prépension entre 54 et 58 ans au lieu de 62 ans, conséquence d'un récent arrêt de la Cour constitutionnelle. "Depuis, c'est le silence radio chez les partenaires de la suédoise", déplore Vincent Gilles. "Nous nous préparons à un automne très chaud sur le plan social. Nous monterons en puissance progressivement."

Afin de "maintenir la pression", le front syndical composé du SLFP Police, de la CSC Police, du SNPS et de la CGSP a réactivé samedi le préavis de grève qu'il avait suspendu jusqu'au vendredi 20 septembre. Il n'exclut pas d'autres actions. "Mais nous devons tenir compte de l'agenda politique. Il nous faut des ministres de plein exercice", concède le syndicaliste de la CSC.