Belgique

17h42: La circulation automobile est fluide sur les routes lundi en fin de journée, tant au nord qu'au sud du pays, a-t-on appris auprès de Touring Mobilis. "Aucun problème n'est signalé à l'heure actuelle", a-t-on indiqué. "Il y a très peu d'embouteillages car beaucoup de gens ont pris une demi-journée de congé", a indiqué une responsable de Touring Mobilis, contactée par l'agence BELGA. Lundi matin, on avait enregistré 298 km de files au total sur les routes belges. En fin de journée, vers 17h30, on n'en comptait plus que 69 km, selon Touring Mobilis.

17h39: Le secteur métal flamand a suivi appel à ne pas faire grève

L'appel de la FGTB-Métal aux travailleurs du secteur métallurgique à ne pas faire grève ce lundi a été très bien suivi en Flandre, a indiqué le syndicat socialiste. La journée d'actions se limitait dans le nord du pays à la sensibilisation et à l'information. "L'inquiétude des employés du secteur bancaire, qui est le plus directement touché par la crise, vaut aussi pour les ouvriers du métal qui sont confrontés depuis des mois à des restructurations et à des fermetures", a indiqué Herwig Jorissen, président de la FGTB-Métal.

17h19 Des frictions et manque de soutien à Mons-Borinage La FGTB Mons-Borinage s'estime satisfaite du suivi des consignes de grève parmi ses membres, mais regrette le manque de soutien de la CSC, ainsi que des frictions avec le gestionnaire du centre commercial des Grands Prés, à Mons. "Nous étions seuls sur le terrain. La grève n'a presque pas été suivie dans l'enseignement libre ni dans les entreprises où la CSC est majoritaire. On voit que le syndicat n'avait pas donné de consignes", regrette le secrétaire régional Patrick Salvi.

Ce dernier garde aussi en travers de la gorge l'intervention des gardes du centre commercial des Grands Prés, où la direction a demandé l'intervention d'un huissier pour faire constater le piquet de grève et ordonner un libre accès à la clientèle. "Une telle réaction est déplorable. C'est le seul centre commercial avec lequel nous avons eu des problèmes", poursuit M. Salvi.

En matière d'action ponctuelle, la FGTB Mons-Borinage avait organisé lundi matin une opération Escargot sur l'autoroute E19-42 à hauteur de Hensies, en direction de la France et retour. L'opération s'est accompagnée d'une distribution de tracts.

Les action gardiens de la prison de Bruges "irresponsable" Le procureur du roi du parquet de Bruges Jean-Marie Berkvens estime que les actions des gardiens de la prison de Bruges sont irresponsables. Le procureur a réagi au fait que les gardiens ont empêché les détenus, lundi matin, de se rendre à leur procès. Seul l'accusé de la cour d'assises et des détenus malades ont pu quitter la prison. Selon lui, les gardiens ont le droit de faire grève mais ne doivent pas empêcher la police de transporter les détenus. Les agents n'ont pas pu entrer dans la prison. Au moins six procès ont été reportés lundi.

Le mouvement bien suivi en région du Centre La FGTB du Centre dit se réjouir du succès rencontré par la journée de grève de ce lundi, suivie par l'ensemble des militants et des affiliés de plusieurs grands secteurs, a indiqué lundi le syndicat. Selon la régionale, toutes les grandes enseignes de distribution ont été contraintes de fermer leur porte, soit par manque de personnel (Cora, Carrefour etc..) soit à cause de piquets de grèves (Colruyt). Toutes les grandes entreprises étaient également à l'arrêt. "A Duferco, par exemple, il n'a même pas été nécessaire d'installer un piquet", se félicite le secrétaire régional Ahmed Ryadi. L'accès aux principaux zonings de la région (Manage, Seneffe, Feluy, Strépy, Garocentre) a pu être bloqué sans que personne ne tente de forcer le passage, poursuit le syndicaliste. Les hôpitaux de la région auraient respecté comme convenu le service minimum élargi. À noter que des barrages filtrants avaient été installés aux ronds-points du pont-canal du Sart et à l'entrée de Manage.

Les perturbations sur le rail plus importantes qu'en matinée Le trafic ferroviaire est encore plus perturbé qu'en matinée lundi après-midi en raison de la journée de grève. Des trains circulent dans certaines provinces mais à Bruxelles, contrairement à lundi matin, le rail est entièrement déserté. C'est ce qu'a indiqué un porte-parole d'Infrabel, gestionnaire du réseau ferré belge. "Le changement d'équipes est en cours depuis 14h et l'action syndicale est encore mieux suivie qu'en matinée", a fait savoir Infrabel.

Des trains se trouvaient encore en matinée en gare de Bruxelles-Nord, mais il n'y en a plus. En Wallonie, il n'y a aucun train lundi après-midi, comme ce fut le cas en matinée.

En Flandre, des trains circulent entre Bruges et la Côte et entre Bruges et Gand. De nombreux convois ont été supprimés et le trafic est perturbé. Des trains sont aussi sur les voies entre Anvers et Malines et Lierre, avec des liaisons vers Aerschot, Louvain et Hasselt. Aucun train ne circule en Campine et dans le sud de la Flandre occidentale.

Infrabel s'attend à une situation inchangée pour le reste de la journée. "Après 22h, le trafic ferroviaire ne pourra, en outre, pas reprendre normalement. L'objectif est un retour à la normale pour l'heure de pointe mardi matin", a encore ajouté Infrabel.

Le mouvement bien suivi en province de Luxembourg 250 délégués de la FGTB ont distribué lundi matin entre 7 et 10 heures des tracts expliquant les raisons de la grève aux carrefours, devant les administrations, les écoles, les commerces et la gare à Libramont. "La mobilisation ne s'est pas trop mal passée en province de Luxembourg. Aucun train n'a roulé, les TEC ont suivi le mouvement à 100pc. Le call center et les services administratifs de Belgacom basés à Libramont sont fermés. Le secteur métal s'est bien mobilisé. Les entreprises étaient en grève ou organisaient des piquets. Le mouvement a également été ressenti dans certains établissements scolaires. Même constat pour le secteur de la distribution", précise Joël Thiry, secrétaire régional FGTB Luxembourg.

Du côté de la CSC, on se dit également satisfait de la mobilisation. Même si l'approche était différente. Le syndicat chrétien a préféré vivre cette journée comme une préparation à des actions futures. En organisant des assemblées générales au sein des entreprises qui n'appliquaient pas la grève totale. En installant également des barrages informatifs à l'entrées de usines et grandes surfaces.

Agoria: "un manque de sens des responsabilités" "En Wallonie, une part considérable des entreprises de l'industrie technologique sont à l'arrêt. Même ceux qui le souhaitent ne peuvent bien souvent pas travailler. La perte de production est de 50 à 100 %. Au total, le manque à gagner s'élève à environ 40 millions d'euros", a estimé, lundi Agoria, la fédération des entreprises technologiques qui a tiré le bilan de la journée d'actions syndicales. Agoria note que les activités des entreprises technologiques en Flandre ne sont, en revanche, pas perturbées. "Pourquoi s'en prendre à nouveau aux entreprises, qui sont déjà confrontées à des surcoûts considérables du fait des indexations ou de la hausse des prix de l'énergie et des matériaux? Les syndicats ont apparemment perdu le contact avec la réalité économique", souligne Agoria.

En Wallonie, toutes les grandes entreprises du secteur sont touchées alors qu'en Flandre, il n'y a que très peu d'impact. A Bruxelles, Audi est à l'arrêt et beaucoup de sous-traitants sont touchés.

Les grèves sont, selon Agoria, irresponsables et ne bénéficient à personne.

La FGTB attend un signe des employeurs Le syndicat socialiste attend un signe de "confiance" de la part de employeurs afin que la sérénité revienne au coeur du débat, a déclaré Rudy De Leeuw, président de la FGTB. L'action de lundi est un "avertissement clair", selon M. De Leeuw. "C'était une action nécessaire. Nos revendications existent maintenant depuis 15 mois".

Les employeurs, eux, attendent des syndicats de pouvoir discuter des aspirations non seulement des employés mais aussi des employeurs, principalement la compétitivité, le tout "sans tabou". C'est ce qu'a indiqué lundi Pieter Timmermans, directeur général de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB).

Leramassage des poubelles perturbé à Bruxelles D'autres communes de la région bruxelloise ont connu des problèmes similaires. Bruxelles Propreté a demandé aux habitants de reprendre les sacs qui n'ont pas été enlevés. Ils seront repris lors d'une prochaine tournée. Plusieurs communes bruxelloises sont touchées par des perturbations (sacs blancs): Uccle, St-Gilles, Forest, Anderlecht, Molenbeek, Koekelberg, Ganshoren, Jette, Laeken et une petite partie de Schaerbeek et Saint-Josse. Pour les ramassages sélectifs, les communes d'Uccle, Ganshoren, Jette, Laeken et une petite partie de Schaerbeek et St-Josse sont confrontées à des problèmes. Ces sacs seront ramassés lors de la tournée du 13 octobre.

Le mouvement bien suivi chez Belgacom Les membres du personnel - ouvriers et employés- de Belgacom ont bien suivi l'appel à la grève de ce lundi, a-t-on appris auprès du syndicaliste Ben Coremans (CSC Transcom). Selon le syndicat chrétien, la grève était bien suivie à Anvers et en Wallonie, et des actions ont aussi été menées à Gand, Bruges, Roulers, Malines et Bruxelles. Une série de boutiques Belgacom sont restées fermées. De nombreux employés se sont croisés les bras, d'autres ne sont pas arrivés sur leur lieu de travail en raison de la grève des transports publics. Le front commun syndical avait appelé à la grève chez Belgacom car les négociations autour de la convention collective du travail sont actuellement dans l'impasse. Les organisations d'employés appellent aussi à une hausse du pouvoir d'achat.

Les actions syndicales nombreuses, incidents légers à Namur. Namur a bien suivi la journée d'action des syndicats en front commun, "sans gros heurts", selon le secrétaire régional pour la FGTB-Namur, Guy Fays.

La circulation a été ralentie en début de matinée (de 7h à 8h30), sur la chaussée de Charleroi, à Malonne et à Floreffe. Les syndicats y distribuaient des tracts aux conducteurs, sans pour autant bloquer complètement le passage.

Les bureaux namurois d'Elecrabel (derrière la gare) ont quant à eux été paralysés dès 7h. Des piquets étaient également présents devant le ministère de l'Équipement et des Transports, boulevard du Nord, et devant les bâtiments de la Région wallonne, place de la Wallonie, à Jambes.

Les transports en commun (TEC) ont suivi l'action à 100%. La gare SNCB de Namur était déjà bloquée dimanche à 22h. À la Poste, 70% environ du personnel du bureau central de Namur a fait grève. Il n'y a donc pas eu de distribution de courrier. Les voies navigables, via les écluses, ont été fermées.

L'enseignement officiel a globalement répondu à l'appel des syndicats, mais on ne peut pas en dire autant de l'enseignement libre. Certaines entreprises privées ont été bloquées, en particulier dans le secteur de la métallurgie ou dans les carrières. Kraft et Materne étaient également mises à l'arrêt. Les grandes enseignes commerciales (Carrefour, Delhaize etc..) ont été fermées par des piquets de grèves. " Trois petits incidents sont à déplorer", a précisé Guy Fays. "Ils sont le fait d'anti-grévistes". Un camionneur aurait voulu forcer un barrage à Keumiée (entreprise de métallurgie Carwall), stoppé par les forces de l'ordre.

Toujours à Keumiée, un travailleur se serait battu avec un policier, le blessant légèrement au visage. Enfin, vers 11h, une auto aurait "délibérément foncé" sur un enseignant gréviste. Ce dernier, blessé au bras, a été emmené à l'hôpital.


A Gand, seul un trolleybus roule sur le réseau. Un service minimum est assuré entre les villes de Gand, Eeklo et Deinze. Peu de bus roulent sur le réseau de Flandre orientale. Des écoles sont aussi fermées dans la région gantoise. A peine 2 crèches sur 22 sont ouvertes. Quatre écoles du fondamental sont fermées et la plupart des écoles secondaires sont ouvertes. Peu d'entreprises sont touchées par la grève.
Chez ArcelorMittal, la production se déroule normalement et les entreprises du port fonctionnent normalement. Seule l'usine Volvo est fermée car la direction a octroyé un jour de chômage économique. Des militants syndicaux se sont postés devant des entreprises textiles de la région mais la production n'est guère perturbée.

La FGTB Malines-Campine a manifesté lundi dans les rues de Malines. Selon les organisateurs, 2.000 manifestants ont réclamé plus de pouvoir d'achat.
Les manifestants ont quitté la gare de Malines vers 11h30 en direction de la Grand-Place. "Il y a près d'un an, les syndicats ont tiré la sonnette d'alarme sur le pouvoir d'achat des familles. Une réponse rapide doit maintenant être donnée", a lancé le président de la FGTB, Rudy De Leeuw. "La crise financière doit être résolue mais nos revendications doivent aussi être satisfaites. Le pouvoir d'achat n'est pas l'ennemi de l'emploi. Pas de chantage", a-t-il adressé aux employeurs.
Les syndicats ont demandé à la présidente du sp.a Caroline Gennez, au président de l'Open Vld Bart Somers et à la ministre CD&V Inge Vervotte de les recevoir pour un entretien. Seule Mme Gennez a voulu ou a pu recevoir une délégation à Malines.

Deux cents membres de la CSC et de la FGTB ont mené une action syndicale lundi matin devant le siège d'Agoria à Bruxelles, la fédération des employeurs du secteur technologique.
Les manifestants ont voulu donner un signal aux membres de la commission paritaire nationale 218 (CP 218, dont fait partie le secteur technologique) pour plus de pouvoir d'achat. Cette commission paritaire regroupe un quart des employeurs du pays et est l'un des plus importants. "Le secteur technologique est le second secteur le plus important de la commission et si l'on prend le secteur des télécoms, il s'agit du plus important. Le rôle d'Agoria est incontournable", a expliqué Claude Lambrechts de la CSC.
"On pense que les personnes qui travaillent dans l'informatique gagnent très bien leur vie. Mais il s'agit d'une petite minorité des travailleurs qui sont très flexibles et peuvent engranger les heures supplémentaires. Beaucoup d'entreprises de la commission paritaire 218 offrent des salaires à peine supérieurs au minimum. Je pense particulièrement aux call-centers", a ajouté le syndicaliste.

L'appel à la grève ou à des arrêts de travail dans l'enseignement était "très bien suivi" lundi matin, essentiellement dans le fondamental de l'enseignement officiel, a-t-on appris auprès de la CGSP-Enseignement. La CSC-Enseignement faisait elle aussi état d'arrêts de travail "bien suivis".
Dans l'enseignement officiel, le plus touché par le mouvement, le taux de participation devrait s'élever à environ 75 pc pour le niveau fondamental, où des établissements étaient fermés, a indiqué Pascal Chardome, président de la CGSP-Enseignement Wallonie-Bruxelles.
Dans le secondaire, les cours n'étaient pas organisés dans de nombreuses écoles, même si les enseignants étaient présents, selon le syndicat socialiste. La CGSP fait état de la moitié des établissements scolaires touchés. Enfin, dans le supérieur, c'est surtout la paralysie des transports en commun qui affectait les établissements. La CGSP avait appelé ses affiliés à la grève, tandis que la CSC avait incité ses membres à effectuer, à tout le moins, un arrêt de travail. A cet égard, le syndicat chrétien faisait état vers midi d'un bon suivi. Des chiffres de participation précis devaient encore être récoltés.
L'administration de l'enseignement de la Communauté française et le Secrétariat général de l'enseignement catholique (SeGEC), eux, n'ont pu fournir d'indications sur le suivi du mouvement. Les écoles qui ont choisi de ne pas faire grève sont en tout cas affectées par la paralysie des transports publics. A cet égard, il n'est pas inutile de préciser que les élèves et les enseignants non grévistes ne pouvant se rendre dans leur établissement scolaire en raison de l'immobilisation des trains et bus n'ont pas à justifier leur absence: la grève des transports publics est en effet considérée comme un cas de force majeure.

Quelque 500 manifestants, selon les chiffres de la police, se sont rassemblés lundi matin vers 11H00 à l'appel de la FGTB devant la Banque nationale à Bruxelles afin de réclamer des mesures visant à soutenir le pouvoir d'achat.
Un groupe de 200 travailleurs du secteur non-marchand ont par ailleurs manifesté lundi à partir de 9h00 devant le siège du MR. Une délégation a été reçue sur place par la ministre libérale Sabine Laruelle. La délégation a demandé symboliquement à la ministre de signer 6 chèques en faveur du pouvoir d'achat, d'une valeur de 5,7 milliards d'euros, soit d'un montant identique à celui dégagé en trois jours par le gouvernement belge pour sauver la banque Fortis.
"Il n'y a pas une crise en Belgique mais bien deux. La crise financière demande des interventions urgentes. Mais la crise du pouvoir d'achat est très concrète aussi. Bon nombre de nos affiliés sont contraints d'accepter un travail à temps partiel et gagnent moins de 1000 euros net par mois. Comment vivre et se soigner avec aussi peu d'argent", s'est notamment interrogé Philippe Van Muylder, secrétaire général de la FGTB-Bruxelles.

La Poste est particulièrement touchée, ce lundi, par les actions décidées en front commun syndical afin de soutenir le pouvoir d'achat, a indiqué André Blaise (CSC). Ainsi, Bruxelles et le Brabant comptent quelque 70 pc de grévistes dans le réseau Mail (courrier). C'est également le cas à Liège tandis que dans le Hainaut, 60 pc des employés se croisent les bras.
Quant au réseau Retail (guichets), il compte entre 35 et 40 pc de grévistes dans l'ensemble du pays, a poursuivi le représentant du syndicat chrétien. "Certaines villes sont carrément à l'arrêt", a-t-il ajouté en citant Liège, Verviers, Tournai, Mouscron ou encore Nivelles.
"Nous sommes surpris de l'ampleur du mouvement car nous n'avions pas lancé de mot d'ordre de grève. Cette participation témoigne également du ras-le-bol généralisé du personnel qui ne sait pas à quelle sauce il va être mangé", a conclu André Blaise. Le front commun syndical de La Poste avait indiqué soutenir pleinement l'appel à l'action lancé par les syndicats sans toutefois lancer un mot d'ordre de grève générale.

Quelque 120 militants de la section bruxelloise du syndicat libéral CGSLB se sont réunis lundi vers 09h00 sur les marches de la Bourse à Bruxelles pour une action ludique qui a commencé au siège bruxellois du syndicat Boulevard Baudouin. Les militants distribuent symboliquement des cacahuètes aux passants.
Sur les tracts qu'ils distribuent, on peut lire "Pouvoir d'achat. Qu'est-ce qui reste? Des 'peanuts'". "Le message est clair", explique Philippe Vandenabeele, secrétaire régional CGSLB. "Nous réclamons une amélioration du pouvoir d'achat pour tous les travailleurs. Il n'y a plus de réserves, il est temps de penser à monsieur et madame Tout-le-monde au lieu de penser aux banques."
"Notre combat principal est la mise en oeuvre d'un 'index vital'(permettant de mieux suivre l'évolution du coût de la vie en fonction des besoins de première nécessité, ndlr)", poursuit Philippe Vandenabeele. "Nous demandons une solution structurelle, surtout pour les revenus les plus bas. L'index vital doit certainement être appliqué à la première tranche de revenus." Le syndicat libéral exige aussi une généralisation des chèques-repas via une convention collective de travail interprofessionnelle et demande des mesures permettant d'augmenter réellement les salaires dans tous les secteurs et pour tous les travailleurs.

Environ 80 délégués des différentes centrales syndicales du secteur financier ont mené une action symbolique lundi matin, devant les sièges de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) et de la Banque Nationale, à Bruxelles. Une délégation a été reçue vers 9H15 à la FEB.
Des représentants syndicaux du SETCa et de la CSC ont symboliquement bloqué les accès à la FEB et à la Banque Nationale. Les centrales n'avaient pas appelé à la grève en raison de la crise que traverse actuellement le secteur financier. "Dans le cadre du budget, nous voulons envoyer un signal au gouvernement pour qu'il travaille à des mesures comme la diminution de la tva et d'autres avantages fiscaux pour les revenus faibles et moyens", explique Erwin De Deyn, président du SETCa. "Nous voulons également demander à la FEB de mettre fin à ses tentatives de remettre l'index en cause", a-t-il ajouté.

De nombreuses entreprises sont l'objet d'arrêts de travail, d'actions de sensibilisation ou de grève, lundi en Flandre, à l'occasion de la journée d'action nationale organisée par les syndicats, selon les syndicats et des coups de sonde auprès des entreprises. A Louvain, Tyco, Eandis et D'Ieteren Kortenberg sont touchés par une grève plus ou moins suivie. Dans d'autres entreprises, l'action se limite à de la sensibilisation. Ainsi, les manifestants distribuent des tracts à Brucargo (Brussels Airport), chez Colruyt et Kraft (à Hal) ou dans les entreprises d'alimentation Danone (Rotselaar), Citrique (Tirlemont) et Maïski (Aarschot).
Le personnel de la biscuiterie LU a également privilégié l'action ludique: les manifestants ont organisé une action "vieux pain". Chez Sun-Parcs, à Mol, le personnel mène des actions avec des cercueils, accompagnés du slogan "mort de faim et de privations", en référence à la baisse du pouvoir d'achat. Dans le Limbourg aussi, les entreprises sont touchées par les actions. Tessenderlo Chemi, Marlux, Tripan (Dilsen-Stokkem), K-Beton (Helchteren) et Ecol (Houthalen) notamment voient leur production perturbée par les actions. Dans le secteur automobile, par contre, on ne recense aucune grève.

Diverses actions ont été menées lundi matin, dans la région d'Ath. Les accès au zoning de Ghislenghien étaient bloqués, empêchant quasiment toute activité à l'intérieur du zoning. Une quarantaine de manifestants se sont rendus dans la matinée, en cortège à la gare d'Ath, puis à l'administration communale et enfin à la banque Fortis. Les manifestants se sont ensuite rendus à Tournai. Aucun incident n'a été enregistré par la police.
Des barrages filtrants ont été disposés aux différentes entrées du zoning industriel de Ghislenghien (Ath). Selon la police d'Ath, l'activité des sociétés est quasi paralysée. Dans la région de Lessines, la situation est très calme. Ce matin, une délégation de manifestants s'est rendue à l'entreprise Baxter où l'activité se poursuit quasi normalement.

L'aéroport de Bierset était à l'arrêt lundi en raison de la grève nationale et aucun vol ne décollait ni n'arrivait à Liège. Les vols passagers sont déviés vers l'aéroport de Maastricht. Les vols cargos sont pour leur part partis plus tôt, avant le début du mouvement, et rentreront à Liège après minuit. La circulation aérienne est en revanche normale aux aéroports de Charleroi et de Bruxelles.

Les programmes de la RTBf-radio seront perturbés lundi en raison de la grève nationale décrétée par les syndicats. Ils seront remplacés par des programmes musicaux en continu et spécifiques à chaque chaîne. Seuls les "rendez-vous d'informations", la météo, les radio-guidages et les "messages d'intérêt généraux" seront assurés, a indiqué le porte-parole de la RTBf à l'agence Belga.
Chaque journal parlé et télévisé sera précédé d'un message de soutien du syndicat de la RTBf, la CGSP, en faveur du mouvement d'actions national pour la valorisation du pouvoir d'achat. Les rendez-vous d'informations seront toutefois maintenus dans "leur durée et leur format", tant en radio qu'en télévision, a précisé Bruno Deblander.
La Une maintient son film à 20h15 "V comme Vendetta" du réalisateur James McTeigue. Sur La Deux, le magazine Studio 1 sera remplacé à 20h05 par "Combien tu m'aimes? ", un film de Bertrand Blier. Les programmes de la radio publique flamande VRT ont quant à eux été brièvement interrompus durant une minute, juste avant le journal parlé de 07h00. Un message des syndicats de la VRT, indiquant qu'ils soutenaient la grève nationale, a également été diffusé.

Des grandes surface et des zonings étaient bloqués lundi matin dans le Tournaisis, à l'initiative des syndicats, alors qu'une manifestation a débuté lundi vers 8h30 à Tournai. Les manifestants sont partis du rond-point de l'Europe et se dirigent vers le centre-ville.
La police de Tournai craint des perturbations en matière de mobilité et conseille d'éviter de s'engager dans les rues du centre-ville. A Orcq (Tournai), le zoning industriel de la rue Terre à Brique est bloqué par divers piquets. Le zoning commercial de Froyennes (Tournai) est en partie accessible mais des piquets bloquent les accès des principales grandes surfaces. A hauteur du boulevard du Roi Albert, un piquet de grève perturbe également la circulation au rond-point proche de la prison de Tournai. A la rue des Mouettes, le dépôt des véhicules de la ville de Tournai est bloqué par un piquet. La police n'a relevé aucun incident.

Il était difficile lundi vers 09h00 d'avoir une idée précise du suivi de la grève au sein de La Poste. Selon Jozef De Doncker (CGSP), la plupart des centres de tri fonctionnent même si une partie du personnel est en grève. La production est néanmoins perturbée. Dans les agences, la situation est contrastée et varie d'une commune à l'autre. La direction de La Poste devrait fournir de plus amples informations plus tard dans la journée.

Les syndicats du personnel communal d'Anvers bloquent actuellement le service Propreté de la ville. Aucun camion poubelle ni balayeuse ne circulent, indique Gerard Vander Elst, du syndicat socialiste ACOD (CGSP). La collecte des déchets à Anvers est pratiquement bloquée. Les équipes de nettoyage et de lutte contre les dépôts clandestins sont en service minimum et se concentreront sur les points critiques.
Les autres services communaux sont eux aussi sérieusement perturbés par la journée d'action, qui est combinée avec une grève contre les changements de statut des fonctionnaires anversois. Les hôpitaux et maisons de repos du CPAS tournent lundi en effectif réduit et les accueils communaux d'enfants sont tous fermés, à une dizaine d'exceptions près.

Si elle n'a prévu ni manifestation ni rassemblement en région liégeoise aujourd'hui, la FGTB Liège-Huy-Waremme s'est arrangée pour que le blocage soit le plus complet possible en région liégeoise: des piquets sont allés tôt ce matin bloquer les entrées des grands zonings économiques (Grâce-Hollogne, Hauts-Sarts) mais aussi de l'aéroport de Bierset, d'où aucun avion ne décollait ce lundi matin.
Des piquets ont également bloqué l'accès des travailleurs aux grands chantiers de construction de la ville (Gare TGV des Guillemins, Médiacité, Palais de Justice, usine de traitement d'Intradel à Herstal) et à l'entrée des principaux centre commerciaux (Belle-île, Galeries Saint-Lmabert).

Comme annoncé, le personnel d'Audi Brussels s'est croisé les bras lundi dans le cadre de la journée d'actions organisée par les syndicats. Un piquet de grève a été placé à l'entrée de l'entreprise "mais le personnel ne vient pas de toute façon", précisent les syndicats. Audi Brussels est le seul constructeur automobile à participer au mouvement de grève. Chez Ford Genk, General Motors à Anvers et Volvo à Gand une journée de chômage économique était prévue ce lundi.

La circulation était très chargée lundi matin, en particulier en Flandre, et l'on comptait déjà 281 km de bouchons sur les routes vers 07h45, a-t-on appris auprès de Mobile Me. A cette heure, les bouchons atteignent en temps normal 200 kilomètres.

Les piquets de grève bloquent l'accès aux zonings industriels de Fleurus(Charleroi), Heppignies et Courcelles à l'occasion de la grève nationale pour le pouvoir d'achat lancée lundi par les syndicats en front commun. Mais aucune manifestation n'est prévue à Charleroi a indiqué lundi David Serravezza, responsable de la communication de la CSC Charleroi. "Les délégations d'ouvriers ne laissent passer aucun camion vers les entreprises situées dans les zonings", a-t-il indiqué.
"Seules les firmes pharmaceutiques de livraison urgente de médicaments ont droit à une dérogation", a-t-il ajouté. "Tous les secteurs sont à l'arrêt mais aucun rassemblement n'est organisé pour ne pas perturber les gens qui circulent. Le mouvement est suivi comme prévu et on ne doit pas attendre de retour à la normal avant cet après-midi", conclut-il.

La plupart des gares sont ouvertes mais peu de voyageurs se présentent. Pour aider les voyageurs, des arrêts supplémentaires ont été ajoutés. Un changement d'équipe a lieu à 14h00, mais la situation devrait vraisemblablement rester la même tout au long de la journée.
Le trafic international est lui aussi très perturbé puisqu'aucun train Thalys ne circulera dans la journée. Ce sera aussi le cas pour les Eurostar. Seul le train faisant la liaison Londres-Bruxelles en soirée (départ 19h30 locales) pourrait être maintenu, à condition qu'Eurostar ait à nouveau accès à la ligne à grande vitesse belge dès 22h00.