Belgique

Ce lundi 15 décembre, la Belgique est à l'arrêt le temps d'une grève nationale qui va paralyser le pays. Routes, transports en commun, commerces... LaLibre.be fait le point sur les perturbations dans votre région.


Aucun train ne circule sur le réseau de la SNCB, a indiqué, à 5h15, Thierry Ney, porte-parole de la SNCB. Le mouvement, d'une durée de 24 heures, avait débuté dimanche soir à 22h. L'entreprise ferroviaire redoute que la situation reste la même durant toute la journée de lundi.

Transports en commun. Aucun véhicule ne circule ce lundi matin sur le réseau de la Stib. "Cette situation ne changera probablement pas pendant la journée", prévoit la Stib.


Aucun bus et aucun tram ne roulait lundi vers 5h30 en Flandre , a indiqué la société flamande de transports publics De Lijn. A Anvers, les stations de prémétro étaient fermées et dans l'ensemble de la province, aucun bus et aucun tram n'était visible. Même situation dans le Limbourg et en Flandre orientale, à l'une ou l'autre exception près pour quelques bus. Aucun véhicule De Lijn dans le Brabant flamand et pour la Flandre occidentale, seuls quelques services spécifiques de la compagnie fonctionnaient partiellement. Le tram de la Côte ne roulait pas.

Transports aériens. La grève nationale a officiellement débuté dimanche à 22h00, même si des actions avaient déjà commencé plus tôt dans la journée. L'espace aérien belge a été fermé pour une durée de 24 heures. Tous les vols à Brussels Airport sont annulés depuis 21h40 et quelques autres avaient déjà été supprimés plus tôt dans la journée. Au total, environ 600 vols sont concernés.

Une trentaine de voyageurs sont présents à l'intérieur de l'aéroport de Charleroi (BSCA), a indiqué lundi matin Jean-Jacques Cloquet, le directeur de BSCA. Ces passagers devaient selon lui prendre un avion lundi mais n'avaient pas été informés ou n'avaient pas suffisamment tenu compte de la grève organisée dans tout le pays. Depuis 22h00 dimanche soir, la grève que mène le personnel de Belgocontrol, le gestionnaire de l'espace aérien belge, empêche en effet tout avion de décoller ou d'atterrir de Charleroi. Certains des passagers présents lundi dans le terminal ont pris une navette dimanche soir en direction de l'aéroport pensant pouvoir décoller le lendemain. D'autres sont arrivés lundi matin.

Un minimum du personnel de l'aéroport est présent au sein du terminal, a indiqué Jean-Jacques Cloquet. Selon ce dernier, des repas seront distribués aux passagers présents durant toute la journée. Le personnel veillera également à planifier avec eux d'autres vols. Mais la période des fêtes dans laquelle nous entrons est délicate, a d'ores et déjà indiqué Jean-Jacques Cloquet. Le taux d'occupation des vols est en effet très élevé à ce moment de l'année.

Le directeur de l'aéroport compte sur un retour à la normale dès mardi matin à l'aéroport de Charleroi. Lundi soir, au-delà de 22h00, le personnel de Belgocontrol devrait reprendre le travail. Ce qui permettra le retour des avions basés à Charleroi en temps normal.

Presqu'aucun véhicule ne circule depuis ce matin sur le réseau des Tec, a indiqué la société wallonne de transports en commun lundi, à l'occasion de la journée de grève nationale initiée par le front commun syndical. La circulation des Tec est pratiquement à l'arrête partout, "à l'exception de Namur-Luxembourg, où quelques services sont encore assurés", a fait savoir la porte-parole de la société de transports en commun, Alice Thonnart.


Pas de compensation pour les usagers de la Stib

Les personnes disposant d'un abonnement à la Stib ainsi que chez De Lijn ne percevront pas de compensation malgré la grève nationale de lundi. Les abonnés au Tec pourront quant à eux recevoir une indemnisation, a assuré la société wallonne de transports en commun. Un règlement existe également du côté de la SNCB. Les passagers des lignes de trains internationales et des compagnies aériennes ont, quant à eux, la possibilité se faire rembourser ou de déplacer leur vol. Les sociétés de transport en commun Stib, SNCB et De Lijn sont entièrement à l'arrêt en cette journée de grève nationale. Il en est de même du côté des Tec, à l'exception de quelques services de Namur-Luxembourg.

Les voyageurs ne recevront toutefois pas de compensation auprès de la Stib , ni de De Lijn . La grève n'a pas été lancée par la Stib et était prévue depuis longtemps, a justifié le porte-parole de la société bruxelloise de transports en commun, An Van Hamme. Du côté de De Lijn, on explique que la grève "se trouve au-delà de nos responsabilités."

Les abonnés au Tec recevront une compensation financière. Ils doivent, pour cela, préalablement remplir une attestation disponible sur le site du service wallon de transports en commun.

Les passagers de la SNCB se verront quant à eux indemnisés à certaines conditions, mais ils doivent en faire eux-mêmes la demande. Les voyageurs recevront une compensation si leur train a été retardé d'au moins une heure. Les personnes qui ont acheté un ticket après l'annonce du mouvement de grève ne seront pas indemnisées.

Les personnes voyageant avec Thalys ou Eurostar ont la possibilité de se faire rembourser ou de déplacer leur réservation, sans coût supplémentaire. Certains passagers d'Eurostar peuvent également prendre le départ à Lille.

Les passagers de Brussels Airlines dont le vol a été annulé ont également le choix entre des vols alternatifs ou un remboursement du billet d'avion. "Les voyageurs ont la possibilité de le faire gratuitement depuis le 20 novembre, et ce pour les deux grèves du 8 et du 15 décembre", selon la porte-parole de la compagnie, Kim Daenen.


Les activités des supermarchés perturbées

Les actions qui s'inscrivent dans le cadre de la grève nationale se sont faites ressentir sur les activités de grandes enseignes de supermarchés lundi. Plusieurs filiales se trouvent ainsi fermées ou inaccessibles à cause de la mise en place de piquets de grève. Les centres de distribution du groupe Colruyt à Ath et à Malines sont bloqués. L'enseigne précise qu'il est actuellement difficile de quantifier le nombre des magasins fermés à cause de la grève. "Certains supermarchés ont ouvert et ensuite fermé leurs portes 30 minutes plus tard", explique le porte-parole de Colruyt, Jan Derom.

Lidl indique, de son côté, que près de la moitié de ses 300 magasins n'ont pas ouvert leurs portes, principalement en Wallonie. Quatre magasins sur cinq sont toutefois ouverts en Flandre, selon le porte-parole de la chaîne, Pieterjan Rynwalt.

Au total, 620 des 748 magasins Carrefour de Belgique sont ouverts, selon son porte-parole, Baptiste van Outryve. Le pourcentage de magasins fermés est légèrement supérieur en Wallonie qu'en Flandre.

Chez Delhaize, 88 des 138 magasins en gestion propre sont inaccessibles, annonce le porte-parole de la chaîne Roel Dekelver. Les 550 établissements franchisés -Shop&Go, Proxy Delhaize et AD Delhaize- sont restés ouverts.


Plus de 7 bureaux de poste sur 10 ouverts

Plus de sept bureaux de poste sur dix (73%) sont ouverts en Belgique lundi malgré la grève nationale, a indiqué bpost. Plus de 90% des bureaux ont ouvert leurs portes à Anvers, dans le Limbourg ainsi qu'en Flandre orientale et occidentale contre moins de 60% dans les provinces du Hainaut, de Namur, Liège et Luxembourg. A Bruxelles et dans les deux Brabants, 69% des bureaux de poste sont également accessibles.

La distribution des lettres et des paquets est plus perturbée en Wallonie qu'en Flandre. Environ 35% des services ont été assurés dans le Hainaut et à Namur mais aucun à Liège et dans le Luxembourg. Le pourcentage des services assurés atteint cependant environ 60% à Bruxelles ainsi que dans les deux Brabants, et environ 70% dans les autres provinces flamandes. Aucun journal n'a par ailleurs été distribué dans les provinces du Hainaut, de Namur, de Liège et de Luxembourg. 


Circulation exceptionnellement fluide dans le pays, malgré les barrages

En comparaison avec un jour de travail normal, la circulation routière est exceptionnellement fluide tant à Bruxelles qu'en Wallonie et en Flandre ce lundi matin. "Il y a beaucoup moins de monde sur les routes, ce qu'on constate habituellement lors d'une grève annoncée", rapporte la porte-parole du centre Perex, le centre de trafic de la Région wallonne.

Elle relève en particulier le très faible nombre de camions. Le centre Perex conseille toutefois aux automobilistes de se renseigner sur les barrages mis en place par les syndicats via le site trafiroutes.wallonie.be.

"Le trafic est beaucoup plus fluide qu'habituellement. La situation est comparable à celle de lundi passé", indique également la porte-parole de Bruxelles Mobilité. L'institution, qui liste elle aussi les barrages sur son site internet (www.bruxellesmobilite.irisnet.be), recommande aux automobilistes d'éviter en particulier le quartier européen. Le rond-point Schuman et la rue Froissart sont en effet fermés à la circulation, tandis qu'un barrage filtre les voitures rue de la Loi.

En Flandre aussi, les autoroutes sont remarquablement peu chargées. On ne compte aucun temps de retard, d'après le Vlaams Verkeercentrum. Plusieurs routes importantes sont cependant fermées, notamment vers le port d'Anvers et Gand.


Plusieurs barrages filtrants ou bloquants dans les rues de Bruxelles

Plusieurs dispositifs mis en place par les syndicats à Bruxelles perturbent la circulation. Ilse Van De Keere, porte-parole de la police Bruxelles-Ixelles, signale à 8h un barrage bloquant rue de la petite-Ile à Anderlecht vers Audi, un barrage filtrant pour les bus rue de France à la gare du midi et la fermeture des différents accès au Shopping de Woluwe pour les véhicules. Un barrage filtrant a également été installé rue de la Loi, au carrefour avec Schuman, rapporte Bruxelles Mobilité. Les automobilistes sont invités à éviter le quartier européen et le tunnel Reyers-Centre.

Depuis dimanche soir à 22h00, des délégations syndicales de la CGSP et de la CSC organisent un barrage filtrant devant la gare de Bruxelles-Midi. Les voitures peuvent passer. Les bus internationaux affrétés pour remplacer les trains annulés sont par contre bloqués. Le piquet de grève est installé tout près de la gare du Midi, rue de France, devant le siège de la SNCB et d'Infrabel.

Habituellement, c'est de là que partent les bus-navettes à destination de l'aéroport de Charleroi, mais ce lundi, ceux-ci sont restés bloqués.

Ilse Van De Keere relève par ailleurs des piquets sans atteinte à la voie publique au Cora et au Decathlon sur la zone Bruxelles-midi.



Sur la zone Bruxelles-ouest, la porte-parole note des piquets de grève au Delhaize de la rue Osseghem, au dépôt de la Stib rue d'Enghien, au carrefour Basilix, à la rue Nicolas Doyen, devant le chocolatier Godiva près de Simonis et au Delhaize de la chaussée de Ninove. Le métro gare de l'Ouest est fermé.

A Bruxelles-Ixelles, un piquet est signalé à la banque nationale, à Bruxelles-propreté et devant Total rue de l'Industrie. Sur la zone Montgomery, des piquets sont présents à hauteur du Cora et du musée de tram, devant l'entrée du personnel de l'Université catholique de Louvain (UCL), à un Delhaize et au magasin Carrefour Tomberg.


Circulation perturbée par un piquet devant chez Ores à Arlon

Les travailleurs de chez Ores à Arlon ont installé un piquet de grève plutôt visible devant le bâtiment de l’avenue Patton. Les grévistes ont installé un élévateur sur une bande de circulation sur lequel ils ont mis un pendu faisant face aux automobilistes. Des véhicules de la société se trouvent également sur la chaussée.

Un imposant piquet installé à 6h du matin ce lundi et qui devrait rester en place jusqu’à 16h30. Les travailleurs, et particulièrement les techniciens sont touchés. « La situation déjà critique des travailleurs va devenir intenable. Un employé technicien chez Ores, après trois ans d’ancienneté, gagne un peu plus de 1300 € net par mois. Le nouvel administrateur général, qui est l’ancien porte-parole d’Electrabel, ne connait pas l’aspect technique du métier. Nos décideurs sont des gestionnaires avant tout. Nous demandons un avenir, pouvoir avoir des projets de vie et donc un salaire décent et une organisation du travail efficace » relève Jean-François Georges, délégué syndical CNE.

Un service minimum de sécurité est tout de même assuré, en cas d’alerte au gaz notamment.


Bastogne : l’accès au zoning 2 barré par des grévistes

A Bastogne, le principal piquet de grève était installé à l’entrée du zoning 2. "Au départ, nous pensions l’installer devant l’entreprise Saint-Gobain Autover mais elle a décidé de fermer aujourd’hui", expliquait un représentant du personnel. "Nous l’avons donc installé à l’entrée du zoning vers 5h15." Une vingtaine d’ouvriers ont fermé l’accès au deuxième zoning de Bastogne, le premier étant totalement accessible. Toujours à Bastogne, l’entreprise Euro-Locks, qui emploie plus de 200 personnes, avait également préféré fermer. Dans la grand-rue et au rond-point Liège-Bastogne-Liège, ce sont les enseignants qui ont installé des barrages filtrants. "Le problème numéro 1, c’est la pension à 67 ans", expliquait cet instituteur de 28 ans. "Nous n’avons pas envie de travailler jusqu’à l’âge de 67 ans. Quand on est enseignant, les conditions sont assez difficiles. On n’est pas certain de savoir enseigner avec motivation et conviction jusqu’à cet âge-là. Il y a aussi le problème des salaires qui vont être revus à la baisse. Nous avons donc envie de nous battre pour que nos conditions restent les mêmes."


Transports en commun à l'arrêt total et zonings bloqués à Charleroi

Le mouvement de grève semble parfaitement suivi dans la région de Charleroi, indique-t-on de source syndicale. Tous les trains sont à l'arrêt dans la région depuis dimanche à 22h00 et aucun voyageur ne se présente à la gare de Charleroi-Sud où quelques piquets sont là, mais "plutôt à titre décoratif", dit-on à la CGSP.

Des piquets de grève ont également pris place devant tous les dépôts des Tec carolos, et il ne circule ni bus ni métro dans la région. Le trafic automobile est exceptionnellement fluide.

Une poignée de piquets sont également disposés aux abords de l'aéroport mais les voyageurs, avertis de la grève d'Eurocontrol et de la suppression des vols, ne tentent pas de se présenter, contrairement à ce qui s'était produit lors de la grève en province de Hainaut.

Du côté des zonings industriels et des grandes entreprises, des piquets avec brasero sont également installés, notamment au carrefour de Caterpillar, à Gosselies. Outre les zones déjà touchées par la grève provinciale du 24 novembre, les organisations syndicales ont, cette fois, prévu de bloquer aussi les zones commerciales du Bultia, à Gerpinnes, et de "Belle fleur", à Couillet, où les commerces ouvrent habituellement vers 09h00. On ne signale aucun incident.

Un militant heurté par un automobiliste à Charleroi

Dans le secteur de la construction, les syndicalistes se sont déplacés de chantier en chantier dans la région de Charleroi. À Gerpinnes, quelques militants sont arrivés sur l’un d’eux, situé dans le grand virage de la rue des Flaches qui relie le rond-point du marcheur au centre de Gerpinnes, vers 7 heures. Après avoir discuté avec les syndicalistes, le chef de chantier a été contraint de tout arrêter. “Cela m’ennuie car nous avons des délais à respecter”, explique ce dernier.

Quelque temps après, les militants présents ont été rejoints par d’autres. C’est ainsi qu’une cinquantaine était postée sur la route. En attendant que les services de police ordonnent aux automobilistes de prendre un autre itinéraire, certains d’entre eux ont été bloqués par les militants. “L’un d'eux, visiblement impatient, a foncé sur nous, explique Fabrizio Carpino, secrétaire régional CSC.

Le rétroviseur du chauffeur a heurté le poignet de Johnny Vanderbeque. “Je vais me rendre à l’hôpital, explique-t-il. Ensuite, une plainte sera déposée auprès de la police.”

À Gerpinnes toujours, le front commun syndical a bloqué les entrées du Collège Saint-Augustin. Un piquet qui a surpris et ennuyé les instituteurs des écoles maternelle, primaire et secondaire.

À Gosselies, sur le site du BSCA, la situation est plutôt calme. Un piquet de grève symbolique a été installé au rond-point menant au parking de l’aéroport de Charleroi. “Compte tenu de la grève de Belgocontrol, le trafic aérien est fermé, explique Sébastien Dupanloup. Personne ne s’est rendue sur le site.”

À l’ancien terminal, les syndicats avaient prévu un barrage filtrant. “Belgocontrol nous a fourni une liste de 20 personnes qui travaillent pour la sécurité et la météo, souligne Michaël Herbots, secrétaire permanent FGTB. Nous laissons donc seulement passer ces employés-là.”

En face, la route qui mène au zoning de Jumet est bloquée. “Nous laissons seulement passer les services de secours”, précise Sébastien Dupanloup, secrétaire permanent à la FGTB.


Les zonings du Brabant wallon fortement impactés

Comme ils l'avaient annoncé, les syndicalistes neutralisent les zonings du Brabant wallon. Les parcs d'activités économiques de Nivelles Nord, de Nivelles Sud, de Wauthier-Braine, de Wavre et de Saintes (Tubize) sont bloqués. En ce qui concerne le zoning de Louvain-la-Neuve, les syndicats ont pris position au rond-point de Corroy-le-Grand, c'est-à-dire au carrefour de la Nationale 4 et de la N25, où ils ont établi un barrage bloquant qui empêche l'accès au zoning, d'après le permanent CSC, Christian Guldentops.Le dispositif "volant" de la FGTB, qui a prévu des cars dont les occupants renforceront certains barrages dans tout le Brabant wallon durant la journée, est en route pour prendre position dans ce rond-point stratégique. Il donne en effet accès au zoning de Louvain-la-Neuve mais aussi à l'autoroute E411.


En ce qui concerne le zoning de Jodoigne, dans l'est du Brabant wallon, un blocage des accès est également prévu mais il devrait se mettre en place un peu plus tard, d'après la CSC.

A Nivelle, comme la semaine dernière, le Shopping Center de Nivelles est fermé. Pas le choix: depuis le début de la matinée, un piquet de grève est installé à l’entrée du parking, rendant inaccessible l’ensemble de la galerie.

Piquet de grève et service minimum pour les hôpitaux du Brabant wallon

Contrairement à ce qui s'était passé lors de la grève tournante de la semaine dernière, les hôpitaux du Brabant wallon sont touchés ce lundi dans le cadre de la grève nationale. Des piquets de grève sont en place devant l'hôpital de Braine-l'Alleud (Chirec) et devant la clinique Saint-Pierre, à Ottignies, pour imposer le service minimum. Ce service minimum est également de mise dans les centres hospitaliers de Nivelles et de Tubize, sans qu'il y ait de piquet important puisqu'il résulte d'un accord entre les directions et les syndicats.

A Ottignies et Braine-l'Alleud, les discussions ont été plus difficiles et les piquets de grève ont pour mission de vérifier que les travailleurs qui se présentent sont repris sur une liste du personnel nécessaire au respect de ce service minimum. "On ne laisse entrer que les personnes qui sont reprises sur la liste. Les autres reçoivent une attestation et nous leur demandons de rentrer chez eux", précise la secrétaire permanente CNE, Anne-Thérèse Destrebecq.

Dès dimanche soir, la CNE et le SETCa avaient mené une action symbolique devant l'hôpital de Braine-l'Alleud. Il s'agissait de pointer l'attitude de la direction du Chirec, qui avait proposé au personnel désireux de travailler ce lundi de venir manger et dormir à l'hôpital dans la soirée de dimanche.

"On estime qu'au moins une dizaine de travailleurs sont venus dimanche soir, comme l'avait demandé la direction avec laquelle nous n'avons aucun contact", indique Anne-Thérèse Destrebecq.


Piquets de grève en province de Namur

Les premiers piquets de grève se mettaient en place lundi matin, un peu partout en province de Namur, d'après plusieurs représentants syndicaux. Thierry Jacques, secrétaire fédéral CSC Namur-Dinant, se trouvait lundi matin au zoning industriel de Rhisnes où tous les accès étaient bloqués. Il en était de même dans les zonings industriels de Créalys (Namur-ouest), Seilles (Andenne), Malonne, et Naninne. Les zonings commerciaux de Jemeppe-sur-Sambre, Andenne, Couvin, Mettet, Philippeville, et Florennes étaient ou allaient être fermés.

Concernant les écoles, la mobilisation a pris davantage d'ampleur que lors de la grève du 1er décembre en province de Namur. "Les pouvoirs organisateurs ont pris acte de la grève. Il n'y a ni cours ni examen dans la plupart des écoles. Il n'y a pas de raison de faire du présentéisme", indique Luc Giltay secrétaire régional adjoint FGTB Namur.

La police, les prisons de la province (Namur, Andenne et Dinant) et les hôpitaux publics et privés étaient en service minimum, soit en service du dimanche. Le mouvement était bien suivi dans les services publics comme les communes, les services de la province, et les entreprises comme Electrabel ou Orès, d'après Luc Giltay. Les différents responsables syndicaux feront le tour des piquets de grève afin de vérifier que tout se passe bien. "Là, je me prépare à aller devant une banque où il y avait eu un peu de grabuge la dernière fois. Nous avons une certaine responsabilité", expliquait-il encore.

Blocages aux ronds-points et trafic des bus partiel

À Namur toujours, les perturbations routières se concentrent au niveau des ronds-points se trouvant à proximité des zonings. La circulation des bus TEC Namur-Luxembourg est elle aléatoire car elle dépend des piquets de grève installés aux différents dépôts. "On n'a pas de retour concernant les piquets de grève", indique Nora Sli, porte-parole des TEC Namur-Luxembourg, qui ignore actuellement combien de chauffeurs de bus ont pris leur service ou ne le prendront pas. Sur les routes, plusieurs piquets de grève empêchent l'accès aux différents zonings industriels et commerciaux de la province.

Un barrage à hauteur du zoning de Rhisnes ainsi que des piquets de grève sur la nationale 4 au rond-point Quinaux à Naninne et sur la nationale 90 au rond-point des Ours à Andenne bloquent l'accès dans les deux sens de circulation.

Sur les autoroutes, on rapporte des perturbations sur la E411 à la frontière avec le Luxembourg et une opération escargot entre Habay et Sterpenich. "Un appel a été lancé aux chauffeurs de camions pour qu'ils se mettent en grève mais ils n'ont pas commencé à bloquer les routes comme cela a été dit dans certains médias. Les chauffeurs routiers de nombreuses entreprises n'ont pas pris leur service, se trouvent dans les piquets de grève, et ne vont donc pas sur les lieux de chargement ou de déchargement qui sont d'ailleurs bloqués", a commenté Nanuzska Cartiaux, permanente syndicale FGTB-UBT Transport-Logistique.


Des piquets bien organisés en région liégeoise

Comme annoncé, l'activité économique de la région liégeoise tourne au ralenti ce lundi. Les grands zonings sont bloqués par des piquets, les transports publics sont au point mort et les commerces s'apprêtent à subir le même sort. Les premiers piquets ont été installés à la gare de Liège-Guillemins dès dimanche soir. Mais c'est lundi dès 4h30 que la mobilisation syndicale s'est mise véritablement en route. Des blocages ont été installés aux entrées des principaux zonings liégeois : Grâce-Hollogne, les Hauts-Sarts à Herstal, Villers-le-Bouillet et le parc scientifique du Sart-Tilman.

L'aéroport de Liège est lui à l'arrêt. Aucun bus n'est sorti des dépôts du TEC Liège-Verviers, y compris ceux qui dépendent d'entreprises privées. Le personnel d'Infotec n'ayant pas pu accéder aux bureaux, les lignes téléphoniques sonnent dans le vide. Les différentes Maisons de la mobilité sont elles aussi inaccessibles.

Des piquets vont être mis en place aux abords des galeries commerçantes. La Médiacité, Belle-Ile, Cora et les galeries Saint-Lambert seront portes closes, tout comme le Makro d'Alleur, Ikea à Hognoul, quelques enseignes Colruyt ainsi que la plupart des Delhaize, Carrefour, Lidl et Aldi.

De nombreuses entreprises sont touchées par la grève, comme Coca-Cola, Prayon, AB InBev, Techspace Aero, TNT ou ArcelorMittal. Les centrales à béton ne tournent pas et les principales firmes de construction, comme Moury et Galler, suivent le mouvement.

Les gardiens de la prison de Lantin participent également. Les hôpitaux assurent un service minimum, tandis que de nombreuses écoles prennent part à la grève. Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, est d'ailleurs attendue à 8h00 sur le piquet organisé devant l'école Sainte-Véronique à Liège.

Le QG syndical est installé à la caserne Fonck, à Liège. Les grévistes non rattachés à un piquet particulier s'y donnent rendez-vous et s'en vont par groupe renforcer les rangs à bord de camionnettes selon les besoins.


Les zonings des Plenesses, de Petit-Rechain et d'Eupen bloqués depuis 4h

Les zonings des Plenesses, de Petit-Rechain et d'Eupen sont bloqués depuis 4h00 lundi matin, a annoncé le front commun FGTB-CSC qui annonce une mobilisation de plus de 2.000 militants et travailleurs. Certaines opérations coups de poing ont déjà été menées, à Eupen, entre autres, afin de fermer des entreprises qui n'avaient pas été touchées le 1er décembre dernier. Depuis 4h00, les piquets empêchent l'accès aux trois plus importants zonings du nord de l'arrondissement de Verviers et du territoire de la Communauté germanophone. Certaines communes, comme celle de Dison, ont d'ailleurs placé des barrières nadar préventives afin de prévenir les automobilistes que la route était barrée quelques mètres plus loin.

Les polices locales veillent et empêchent à certains endroits l'accès au zoning. La circulation est assez fluide sur les routes, a d'ailleurs témoigné Daniel Richard, Secrétaire régional interprofessionnel de la FGTB Verviers et Communauté germanophone.

Les blocages se déroulent de façon plus calme que la toute première fois, insiste d'ailleurs Denis Gobert, Président de la CSC Verviers et Région de langue allemande.


Tentative de briser le piquet de grève avec des intérimaires à Evere

Des intérimaires ont été envoyés pour tenter de briser le piquet de grève à l'ASBL Renaître à Evere qui emploie des travailleurs adaptés, a dénoncé lundi matin Nic Görtz, permanent fédéral CSC Bruxelles-Hal-Vilvorde. Nic Görtz souligne qu'il s'agit de pratiques devenues aujourd'hui illégales. "On voit que la concertation sociale est en train de passer aux oubliettes et qu'il y a des percées pour essayer de revenir à des méthodes plus anciennes."

Ces pratiques ont été envisagées fin août par le sous-traitant BM&S pour remplacer les grévistes à l'atelier SNCB de Schaerbeek. Lucas Baldan, le permanent CSC sur place, a déjà relevé que quatre intérimaires sont entrés sur le site. "Ils viennent de l'agence intérim Daoust. Les agences d'intérim ont normalement interdit de prendre des intérimaires pour aujourd'hui."

Chris Vanmol, secrétaire fédéral CSC pour Bruxelles-Hal-Vilvorde, s'est rendu sur place pour demander à ce que les intérimaires soient engagés avec des contrats contrat à durée indéterminée (CDI). "On va introduire une action juridique pour que ces intérimaires obtiennent un contrat à durée indéterminée, conformément à la loi. Ce qui est dégoûtant, c'est que l'on abuse de gens qui sont déjà fragilisés par un handicap et qui sont peu payés." Il prévoit de rencontrer le patron de l'ASBL Renaître et les organisations patronales des entreprises de travail adapté.

Piquets de grève et perturbations en Flandre

Dix-sept piquets de grève ont été installés autour de la ville de Gand lundi matin, à l'occasion de la grève nationale. Le port y est presque inaccessible. Une dizaine de dockers du port d'Anvers ont également débuté les actions avec un piquet de grève au dock Churchill. En province de Flandre occidentale, les grévistes seraient deux fois plus nombreux à participer au mouvement par rapport à la grève tournante, selon les syndicats locaux de l'ABVV (FGTB) et de l'ACV (CSC). La ville de Gand est paralysée par 17 piquets de grève. Le port est entièrement fermé à la circulation. Le passage du Kennedylaan est inaccessible depuis 7h45. Les accès aux sites d'ArcelorMittal et, plus tard dans la matinée, de Volvo Cars seront fermés. Le site Ghelmaco est également inaccessible, seuls les services d'urgence et les patients de l'hôpital universitaire gantois sont autorisés à passer, a indiqué la police locale qui n'a pas pu déterminer la durée des blocages.

Au port d'Anvers, les trois principaux syndicats portuaires ont installé deux piquets de grève. Un représentant local du syndicat socialiste BTB s'attend à voir plusieurs centaines de grévistes se rassembler jusque 6h00 du matin mardi. L'ACLVB (CGSLB) ne craint pas de débordements: "nous avons appelé les manifestants à garder le calme. Nous avons bien conscience que les émeutes de Bruxelles ont fait plus de mal que de bien." Le syndicat socialiste des travailleurs du pétrole et de la chimie à Anvers a également suivi le mouvement de contestation, en installant plusieurs barrages.

En Flandre occidentale, l'ACV (CSC) a annoncé que les grévistes seraient deux fois plus nombreux qu'il y a deux semaines, lors de la grève tournante. Les incidents sont rares dans la province, d'après l'ABVV (FGTB). "Les travailleurs ne sont pas nombreux à se rendre au travail. Les perturbations sont donc moins importantes", d'après le syndicat socialiste de Waregem. Plusieurs entreprises sont à l'arrêt dans la province. D'importantes perturbations sont ainsi attendues dans la production de Bekaert à Zwevegem, alors que la société Picanol d'Ypres est totalement à l'arrêt. Les activités du port de Zeebrugge sont perturbées depuis dimanche. Plusieurs entreprises locales ont également pris leurs dispositions afin de limiter un maximum les désagréments liés à la grève. Les 240 employés de Thermote & Vanhalst ont, par exemple, logé dans l'entreprise.

De nombreux zonings industriels de la province du Brabant flamand sont également bloqués par des piquets de grève. Les perturbations concernent notamment les sociétés Webbekom à Diest, Wijveld à Zaventem ou encore l'aéroport de fret Brucargo.