Belgique Sur la route, la situation était moins difficile que prévue, malgré un gros point noir sur l'E411

La situation sur les routes était nettement moins difficile que prévue, jeudi matin, jour de grève dans les transports publics, a confirmé le centre Perex à l'agence Belga. A 9h10, seuls 80 kilomètres de bouchons étaient signalés sur les autoroutes, un chiffre bien inférieur à un jeudi normal. Touring prévoyait un pic de 350 kilomètres de files sur les autoroutes jeudi matin, soit deux fois plus qu'en temps normal, mais c'est plutôt l'inverse qui s'est produit, indique le centre Perex. Le pic n'aura finalement atteint que 148 kilomètres vers 7h50.

Le point noir du réseau se situait sur l'E411, où le temps de parcours entre Wavre et la capitale a été de 1h30 à la suite de la fermeture du carrefour Léonard. Il était vers 9h10 de quelque 57 minutes, selon Perex. Les syndicats ont par ailleurs installé des barrages filtrants à deux entrées de Bruxelles: sur l'E19 à Drogenbos (sud-ouest) et sur l'E411 à Delta (Auderghem, sud-est), ce qui occasionne de nombreux embarras. Les barrages seront levés à 10h30, selon la CGSP.

Barrages filtrants levés à 10h30 - Piquets de grève à la Tour des Finances

Les barrages filtrants installés jeudi matin par la CGSP à deux entrées de Bruxelles, sur l'E411 à Delta et sur l'E19 à Drogenbos, ont été levés à 10h30, a affirmé Jean-Pierre Knaepenbergh, secrétaire général de la CGSP bruxelloise. Une centaine de militants étaient présents à chacun de ces barrages, qui ont occasionné de sérieux embouteillages, en particulier sur l'E411 vers Bruxelles, où la circulation a été déviée à partir de Notre-Dame-Au-Bois. Par ailleurs, de nombreux militants du front commun syndical se sont rassemblés, sur le coup de 9h30, au pied de la Tour des Finances et de la Tour des Pensions à Bruxelles.

Bpost: 80 pc des tournées assurées

Malgré la grève qui a paralysé une bonne partie de la Belgique, 80 pc des tournées postales ont été assurées, a affirmé jeudi un porte-parole de bpost. Les syndicats, eux, avaient pour leur part indiqué que le mouvement était bien suivi, particulièrement en Wallonie où la mobilisation frôlait les 80 pc. Selon la direction de l'entreprise, il existe effectivement des différences régionales, 51 pc des tournées étant effectuées en région liégeoise et dans le Luxembourg alors qu'à Anvers et dans le Limbourg, ce pourcentage dépasse les 95 pc. Par ailleurs, le fait que les tournées sont assurées ne signifie pas que le courrier est distribué, ce dernier étant resté dans les centres de tri, bloqués depuis mercredi soir. D'après bpost, 94 pc des tournées de journaux ont été effectuées. Enfin, 86 pc des bureaux sont ouverts, ici aussi avec de grandes différences régionales, le taux d'ouverture atteignant 97 pc en Flandre occidentale contre 58 pc dans le Brabant.

Arrêt de travail total à la prison de Tournai où l'action pourrait se prolonger Depuis mercredi soir, la grève est totale à la prison de Tournai où seul le service minimum est assuré ce jeudi. Dénonçant une surpopulation, les gardiens pourraient prolonger leur mouvement de grogne. Menée en front commun syndical (CGSP, CSC et SLFP), la grève a débuté mercredi à 22h à la prison de Tournai. La surveillance des quelque 250 détenus est assurée par la police de la zone du Tournaisis. "Aucun agent ne s'est présenté mercredi soir, ni ce jeudi matin. La nuit a été calme. Un officier, 14 policiers et un maître-chien sont sur place pour assurer la surveillance. Il y a également des hommes de la protection civile chargés de cuisiner les repas. On assure un service minimum. Il n'y aura donc pas de préau, ni de visites, ni d'activités ce jeudi", a expliqué un officier de la police de Tournai. "La police assurera ce service jusque vendredi matin à 6h. On ignore ce qui se passera ensuite", a-t-il ajouté.

Il est en effet possible que le mouvement de grève se poursuive vendredi à la prison de Tournai, voire au-delà de cette date, les syndicats dénonçant toujours la surpopulation qui touche l'établissement.

Brussels Airlines a opéré normalement

Brussels Airlines a fonctionné normalement ce jeudi, malgré l'appel à la grève lancé par les syndicats. "Tous les équipages prennent actuellement leur service et nous n'avons aucune indication que cela évoluera différemment au cours de la journée", a indiqué un porte-parole de la compagnie aérienne jeudi matin. Brussels Airlines devait transporter ce jeudi quelque 17.000 passagers. "C'est un jour chargé en raison de l'approche des vacances de Noël. Beaucoup de fonctionnaires européens rentrent chez eux à cette occasion", a précisé le porte-parole. Deux vols de Brussels Airlines ont toutefois été annulés jeudi matin mais ces suppressions ne sont pas liées à la grève. "Il s'agit de problèmes techniques", a encore indiqué le porte-parole.

Les réseaux TEC, STIB, De Lijn quasiment à l'arrêt

Quasiment aucun bus du TEC n'a circulé sur les routes wallonnes, a indiqué le porte-parole de la société de transports en commun, Stéphane Thiery. "Comme on s'y attendait, la situation est bloquée et à l'exception de quelques lignes dans le Brabant wallon, la quasi-totalité du réseau est à l'arrêt", a-t-il précisé.

Situation identique à Bruxelles et en Flandre où les véhicules de la Stib et de De Lijn ne sont pas sortis des dépôts. Aucun train sur le réseau belge

Le trafic ferroviaire a été également totalement paralysé. A Bruxelles, les agents de la STIB présents dans les dépôts jeudi matin étaient trop peu nombreux pour permettre la sortie d'un tram, d'un bus ou d'un métro et le trafic était donc également totalement à l'arrêt, a souligné une porte-parole. La grève de 24 heures suivie par les cheminots a officiellement débuté mercredi soir à 22 heures et doit normalement durer jusqu'à jeudi 22 heures, même si certains prévoient une possible prolongation du mouvement jusqu'à samedi.

Les magistrats se mobilisent

Les trente magistrats hutois ont mené une action jeudi matin au palais de justice de Huy pour protester contre la réforme des pensions du ministre Vincent Van Quickenborne. Les magistrats se sont réunis dans le hall du palais, où le président du tribunal de première instance de Huy, Jean-François Marot, a lu le communiqué de presse rédigé par l'Union Professionnelle de la Magistrature, l'Union Royale des Juges de paix et de police, l'Association Syndicale des Magistrats, Magistratuur & Maatschappij et l'Union Nationale des Magistrats. Les magistrats hutois ont, comme la majorité de leurs homologues, arrêté le travail de 9h à 9h30. Des actions similaires ont notamment été menées dans les palais de justice de Nivelles, Charleroi, Namur et Bruxelles. Les magistrats protestent principalement contre l'allongement du temps de carrière en vue de la pension complète. Ils déplorent également le fait que la réforme n'a pas fait l'objet d'une concertation avec le Conseil de la magistrature.

La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, devait recevoir jeudi midi des représentants d'associations de magistrats, inquiets de la réforme des pensions préparée par le ministre Vincent Van Quickenborne, a-t-on appris auprès de son cabinet.

Nouvel entretien du ministre Van Quickenborne avec les syndicats jeudi après-midi

Un nouvel entretien du ministre des Pensions Vincent Van Quickenborne avec les responsables syndicaux a eu lieu jeudi à 14h00. M. Van Quickenborne avait déjà fait savoir, au cours d'une entrevue mercredi, qu'on ne pourrait plus toucher aux grandes lignes du plan de réforme des pensions, mais qu'il y aurait tout de même un espace pour la concertation sociale. Le ministre a également promis aux syndicats de ne plus communiquer via les médias. Selon le président de la CGSP, la grève dans le secteur public était bien suivie, pas seulement dans les transports en commun, mais également dans les services de voirie, l'administration, les hôpitaux et les ports. "Le mécontentement des gens est grand", commente-t-il.

Deux vols Jetair décollent de Lille au lieu de Charleroi

Deux avions du tour-opérateur Jetair à destination des îles Canaries (Espagne) ont décollé jeudi matin de l'aéroport de Lille-Lesquin et non de Charleroi (sud de la Belgique) comme prévu, en raison de la grève qui paralyse une partie du Royaume. Les deux avions, d'une capacité de 186 places chacun, ont embarqué leurs passagers aux alentours de 09H00. Ils devaient se rendre à Las Palmas et Tenerife, et avaient été disposés à l'aéroport dès mercredi soir afin de pouvoir partir de Lille sans encombre.

Jetair a également demandé si l'aéroport de Lille-Lesquin pouvait accueillir un troisième appareil dans la journée, mais sa venue n'est pas confirmée. La situation dans le ciel belge semble jusqu'à présent peu perturbée, seul l'aéroport de Liège étant à l'arrêt en raison de la grève des contrôleurs aériens agréés par Belgocontrol.

Le rassemblement de militants devient un barrage spontané à Namur

Jeudi dès 7 heures, environ 300 militants de la CSC et de la FGTB se sont rassemblés devant la Tour des Finances, rue des Bourgeois à Namur. Vers 8h30, les militants se sont orientés vers le boulevard Cauchy, bloquant des dizaines de voitures et distribuant des tracts aux conducteurs. "Les militants ont voulu partager leur révolte. Car c'est une réelle déclaration de guerre que le ministre des Pensions nous a faite", a indiqué Joseph Thonon, secrétaire régional intersectoriel CGSP Namur.

Service minimum du côté des pompiers

Les corps de pompiers du pays travaillent en service minimum ce jeudi, en raison de la grève décrétée dans le secteur public contre le projet de réforme des pensions, a-t-on appris de sources syndicales. Des actions sont par ailleurs organisées par certains corps, notamment à Bruxelles où les pompiers emprunteront symboliquement la petite ceinture entre la Porte de Namur et la place du Trône avant d'être reçus par le cabinet du ministre des Pensions. Dans d'autres villes, comme à Anvers et à Louvain, les hommes du feu se sont joints aux manifestations locales. Quant aux policiers, ils ne participent pas au mouvement de ce jeudi. Depuis la réforme des polices, un préavis doit en effet être introduit 12 jours avant l'action, ce qui n'était pas possible cette fois-ci. Néanmoins, les policiers le souhaitant peuvent s'appuyer sur le préavis lié à la situation dans les prisons et refuser de remplacer les gardiens grévistes. C'est le cas à Anvers où la police fédérale a dû être appelée à la rescousse. Enfin, selon Guido Rasschaert (CGSP), des agents de la protection civile ont été réquisitionnés pour servir les repas dans les établissements pénitentiaires.

Les pompiers actionnent leurs lances à proximité du cabinet de Van Quickenborne

Une délégation de militants syndicaux qui manifestaient jeudi dans les rues de Bruxelles pour protester contre la réforme des Pensions, est entrée vers 11h45 au cabinet du ministre des Pensions, Vincent Van Quickenborne (Open Vld). Les autres militants se sont rassemblés place du Trône où les pompiers ont actionné leurs lances à incendie à proximité du cabinet du ministre, rue Bréderode, et des bâtiments de GDF Suez. Les syndicats rappellent que les plans de pensions constituent une forme de "rupture de contrat". Selon le président du SETCa, Erwin De Deyn, le ministre ferait mieux d'attendre et non pas se hâter à présenter les plans devant le Parlement. "Ca ne contribuera pas à la concertation et ce n'est pas de cette façon que cela doit se passer", indique-t-il. Les syndicats demandent entre autres des mesures de transition. Très bonne mobilisation dans le fondamental

La grève décrétée ce jeudi dans la fonction publique afin de protester contre le projet de réforme des pensions a été "particulièrement bien suivie" dans le fondamental alors que la situation est "plus mitigée" dans les écoles secondaires, ont indiqué les syndicats de l'enseignement peu avant midi. "Nous constatons une très bonne mobilisation dans les écoles maternelles et primaires, y compris dans les zones plus rurales", a indiqué Eugène Ernst (CSC). "Par contre, c'est plus mitigé dans le secondaire, les examens étant terminés dans de nombreuses écoles", a-t-il ajouté sans disposer de données plus précises.

Son de cloche identique à la CGSP où l'on indique qu'à Bruxelles, la mobilisation a atteint les 90 pc, tous réseaux confondus. "Différentes actions ont été menées, notamment à Charleroi et à Huy où des tracts ont été distribués aux parents. Globalement, on peut dire que très peu d'enfants se sont présentés dans les écoles", a expliqué Pascal Chardome (CGSP). "Dans le fondamental, on peut réellement parler d'une mobilisation exceptionnelle", a-t-il ajouté.

Certaines entreprises privées débrayent aussi

La grève contre le projet de réforme des pensions qui paralyse la fonction publique ce jeudi fait tache d'huile dans le privé.

Ainsi, d'après la FGTB, les ouvriers de 5 entreprises de la région liégeoise ont débrayé. Sont concernées Techspace Aero, la FN Herstal, Esco Turbine Technologies, Pratt & Whitney et Mecamold (Herstal). En Flandre, l'usine de métiers à tisser Picanol, située à Ypres, est également à l'arrêt et des piquets de grève ont été mis en place, a affirmé Stefaan Williams (CSC). Le mouvement devrait durer jusqu'à vendredi matin. Outre Picanol, l'usine du constructeur de trains Bombardier à Bruges et du fabricant de machines agricoles CNH à Zedelgem étaient aussi en grève.

Dans 80% des entreprises flamandes toutefois, les perturbations étaient très limitées, selon une estimation de l'Union flamande des entreprises (Voka). Quelques entreprises sont confrontées à des problèmes de livraison ou de personnel qui n'est pas parvenu à se rendre sur le lieu de travail. Seules 6 pc des entreprises consultées par le Voka disent compter des travailleurs en grève.

Conseil des ministres ce midi

Un Conseil des ministres restreint a lieu ce jeudi à 12h30 sur le dossier controversé de la réforme des pensions, a-t-on appris à plusieurs sources. L'objectif est de répondre aux critiques du Conseil d'État qui s'est exprimé dans un avis rendu public mercredi.

Le Conseil d'État s'est montré critique, dans un avis rendu en urgence mercredi, sur plusieurs points de la réforme des pensions que les partis de la majorité gouvernementale ont défendue jeudi dernier en commission de la Chambre.

Le Conseil d'État épingle le manque de justifications des textes concernant certaines distinctions fondées sur l'âge, ainsi que l'uniformisation de traitement de situations différentes. En outre, les amendements habilitent le gouvernement à modifier par arrêté royal différentes dispositions législatives, un mécanisme par lequel l'exécutif espère rendre du poids à la concertation sociale. Certaines des habilitations prévues s'inscrivent dans l'hypothèse où le législateur a confié des "pouvoirs spéciaux" à l'exécutif, relève le Conseil d'État.

La réforme des pensions doit être votée au parlement d'ici la fin de la semaine. Elle sera examinée à la Chambre ce jeudi après-midi. Jeudi, l'ensemble de la fonction publique est en grève pour dénoncer certains aspects de la réforme. Un préavis de grève générale a été déposé pour le 30 janvier prochain.

La CNE mène une action solidaire au siège du Parti socialiste

Quelque 150 militants de la Centrale nationale des employés (CNE) ont mené une action symbolique jeudi au siège du PS à Bruxelles. Ils ont recouvert la façade de deux bâches bleues et aspergé les devants de l'édifice de mousse bleue. Cette action était menée en solidarité avec le personnel de la fonction publique qui était en grève jeudi pour protester contre le projet de réforme des pensions. "Il s'agissait d'un exercice de visibilité. Il faut rappeler au PS de ne pas laisser filer ses fondamentaux, sans quoi il va falloir se reconstituer une nouvelle gauche en Belgique", explique Tony Demonté, secrétaire général adjoint de la CNE.

Le gouvernement ne s'attaque pas aux causes de la crise, affirme la centrale des employés du syndicat chrétien. "Croire qu'en serrant un peu les dents pour supporter ces mesures sur la prépension et le crédit-temps, on pourra s'en sortir, c'est se tromper lourdement", commente le secrétaire général Felipe Van Keirsbilck.

Ce dernier a justifié ce mouvement de solidarité effectué avec l'ensemble de la fonction publique en affirmant que "soutenir le combat des fonctionnaires, c'est défendre une harmonisation des pensions vers le haut, pour tous".

Cette action n'était qu'une étape dans la mobilisation vers la grève générale du 30 janvier prochain et d'autres actions ne sont pas à exclure tout au long du premier mois de 2012, avertit la CNE. (Belga)