Belgique

La circulation était complètement paralysée lundi matin dans les provinces de Namur, Luxembourg et Liège à la suite de la deuxième grève tournante décrétée par le front commun syndical, a indiqué Thierry Ney, le porte-parole de la SNCB. Les Flandres orientale et occidentale sont également touchées par le mouvement, dont les conséquences pour les navetteurs se sont déjà faites ressentir dès dimanche soir 22 heures. Des piquets de grève ont été installés dans plusieurs gares de ces différentes provinces. C'est notamment le cas à Namur, Arlon, Bruges, Gand et Termonde. Le piquet de grève installé à Saint-Nicolas a par contre été levé.

Aucun train ne circule sur les principaux axes ferroviaires transitant par les provinces touchées. Les lignes au départ de Namur et de Liège sont particulièrement concernées.

D'après la SNCB, il n'y a actuellement aucun transport de voyageurs sur les lignes suivantes: Namur-Arlon, Namur-Liège, Namur-Dinant, Namur-Tamines, Liège-Liers, Liège-Landen, Liège-Visé, Liège-Louvain, Liège-Welkenraedt, Liège-Jemelle, Liège-Cologne ou encore Dinant-Bertrix. La circulation ferroviaire à la gare d'Ottignies est également fortement perturbée. Les lignes 161 entre Namur et Bruxelles, 139 en direction de Louvain et 140 entre Charleroi et Ottignies sont touchées.

Cette deuxième grève tournante a également des répercussions en Flandres occidentale et orientale où aucun train ne circule sur plusieurs lignes importantes. Les liaisons Ostende-Bruxelles-Midi, Gand-Saint-Pierre-Lille, Gand-Saint-Pierre-Bruxelles, Gand-Saint-Pierre-Anvers-Central, Gand-Grammont, Bruges-Courtrai, Courtrai-Denderleeuw, Termonde-Malines et Saint-Nicolas-Malines sont notamment touchées.

A Mons, Charleroi, Anvers et Hasselt, la circulation ferroviaire se fait en revanche sans problème, précise encore la SNCB. Quant aux Brabants flamand et wallon, la majorité des trains y circule mais avec quelques retards.


Namur

Les blocages se mettent en place dans les zonings en province de Namur

Les blocages se mettaient en place lundi entre 5h30 et 06h00 dans les zonings de Seilles (Andenne) et Rhisnes en province de Namur mais également au parc industriel Créalys aux Isnes (Gembloux), où un blocage partiel est prévu, à la suite de la deuxième grève tournante décrétée par le front commun syndical dans les provinces de Liège, Namur, Flandre orientale et Flandre occidentale. Des piquets de grève sont installés devant les entreprises qui ne sont pas fermées, a indiqué Luc Giltay, secrétaire régional adjoint de la FGTB Namur. Quelques embarras de circulation sont à craindre à l'heure de pointe matinale dans le centre-ville de Namur, à proximité d'entreprises comme Electrabel ou de la prison de Namur, près du boulevard de Merckem, derrière la gare de Namur, selon M. Giltay.

Plusieurs colonnes mobiles se déplaceront d'un chantier de construction à l'autre. Ainsi, des véhicules se suivront lentement les quatres feux allumés et iront de chantier en chantier, où des problèmes liés à la sous-traitance ou au dumping social sont souvent rencontrés. "Les militants passeront notamment par Naninne puis la Nationale 4 et Namur", explique Luc Giltay.

Le secrétaire régional adjoint de la FGTB Namur se réjouit de la mobilisation générale. Il rappelle trois rendez-vous importants: un point-presse à 9h00 au zoning de Rhisnes en présence des secrétaires généraux FGTB et CSC, Marc Goblet et Marie-Hélène Ska, un rassemblement de militants à 11h00 devant le palais provincial place Saint-Aubain à Namur, et une rencontre entre une délégation syndicale et l'UCM à 15h00.

Piquets de grève installés devant plusieurs écoles du namurois

Des piquets de grève sont installés depuis 07h00 lundi devant plusieurs écoles du centre-ville de Namur ainsi qu'à Jemeppe-sur-Sambre et à Gembloux, a indiqué Stéphanie Bertrand, secrétaire permanente CGSP pour l'enseignement officiel. Les militants vont installer des piquets de grève devant l'école Saint-Louis, Sainte-Marie, l'Institut Roger Lazaron et au campus de l'Institut technique Henri Maus. Ailleurs dans le namurois, des piquets sont installés à l'Athénée Royal de Jemeppe-sur-Sambre et à celui de Gembloux, d'après la permanente syndicale.

"A Félicien Rops à Namur, il y a une bonne mobilisation mais nous irons y faire un tour également", a-t-elle indiqué. Les piquets de grève ne bloquent jamais totalement l'accès dans les écoles car le personnel non gréviste est réquisitionné pour accueillir les élèves. "L'accès pour les élèves restera toujours bien accessible", précise Stéphanie Bertrand.

D'après Luc Giltay, secrétaire régional adjoint de la FGTB Namur, aucun incident n'est à déplorer lundi à 07h00. Présent à différents endroits au fil des minutes, il confirme notamment que des piquets de grève sont installés aux zonings de Rhisnes et de Seilles et aux entreprises situées à Namur, comme Electrabel, mais également devant le Service public de Wallonie et la prison de Namur. "Aucun bus ne circule en région namuroise", ajoute-t-il.

Quelque 280 kilomètres de files en Belgique au pic de l'heure de pointe

La grève dans les provinces de Liège, Namur, Flandre orientale et Flandre occidentale a lourdement touché le trafic autoroutier du pays. Au pic de l'heure de pointe, à 8h30, on enregistrait 280 km de files, dont 250 km rien qu'en Flandre, indiquait le centre flamand de la circulation lundi.

Les ralentissements se sont principalement produits en direction de Bruxelles. De Namur et Nivelles, le temps de trajet était rallongé de 30 minutes, de Gand, l'attente pouvait atteindre 1 heure.


Liège

Le réseau du TEC Liège-Verviers presqu'entièrement à l'arrêt

La circulation des bus était très fortement perturbée lundi matin sur le réseau du TEC Liège-Verviers à la suite de la deuxième grève tournante décrétée par le front commun syndical dans les provinces de Liège, Namur, Flandre orientale et Flandre occidentale. Presqu'aucun bus ne circule, a indiqué, vers 05h40, la porte-parole du TEC Liège-Verviers Carine Zanella. Les seules lignes où le transport est assuré sont celles qui ont été confiées par le TEC à des sociétés privées.

Problèmes de circulation sur l'autoroute E40 aux Hauts-Sarts

De gros problèmes de circulation sont rencontrés lundi matin à la suite d'un blocage syndical sur l'autoroute E40 à la sortie des Hauts-Sarts (Herstal), mais la situation est sur le point d'être résolue. D'autres embarras sont à craindre à d'autres endroits. Le zoning des Hauts-Sarts à Herstal a été bloqué lundi dès 5 heures du matin, comme les syndicats l'avaient annoncé. Mais les grévistes ont aussi posé des pneus sur l'autoroute à hauteur de cette sortie, ce qui cause de longues files en direction de Bruxelles sur la E40, apprend-on auprès de la police.

Les pompiers sont toutefois sur place et la situation devrait prochainement s'arranger. Pour l'instant, il s'agit du seul point noir au niveau du trafic dans la province de Liège.

Toujours selon la police, d'autres problèmes sont à craindre en matinée au niveau des sorties d'autoroute proches des zonings. Les automobilistes doivent se montrer vigilants sur la E40 à hauteur des sorties 37b (Thimister) et 38 (Eupen), sur la E42 à Villers-le-Bouillet, sur la E25 sortie 7 (Ile Monsin) et sur la A27 à Prüm et Petit-Rechain.

Les piquets ne seront pas levés avant la fin d'après-midi à Liège

Le centre de Liège a des allures de ville morte, lundi. En plus de paralyser de nombreuses entreprises, la grève tournante affecte bon nombre de commerces, d'écoles et d'administrations publiques. Les piquets ne seront pas levés avant la fin d'après-midi. Médiacité, Belle-Ile, Cora, Galeries Saint-Lambert: toutes les galeries commerçantes sont complètement fermées en région liégeoise lundi, ainsi que plusieurs grandes enseignes de distribution. Dans le centre, des piquets de grève sont aussi en place devant le palais de justice, les bâtiments de la province ou encore l'université place du 20 août, où les cours ont été annulés.

Des barrages filtrants sont installés aux sorties des autoroutes ou aux carrefours forts fréquentés. Tous les zonings de la province sont à l'arrêt, de même que de nombreuses grandes entreprises, les sociétés de transport, les services publics et les écoles.

"Depuis que je suis secrétaire régional, j'ai rarement vu ça", se réjouit Jean-François Ramquet, pour la FGTB Liège-Huy-Waremme. "Aujourd'hui, nous prouvons que nous sommes capables d'annuler l'activité économique."

Selon le PTB, il y aurait en province de Liège 200 piquets de grève. Mais pour les syndicats, ce nombre est bien en-deçà de la réalité et ne comprend pas les plus petits piquets. Tant la FGTB que la CSC affirment que plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées. Peu d'incidents sont à déplorer.

Les piquets de grève ne seront pas levés avant la fin d'après-midi.

Par ailleurs, la manifestation citoyenne contre l'austérité a réuni une cinquantaine de personnes. Cette mobilisation, qui s'était organisée via les réseaux sociaux en dehors des syndicats, avait démarré de la gare des Guillemins pour rejoindre la place Saint-Lambert. Les manifestants protestaient contre les mesures du gouvernement fédéral.

"Réussite totale dans l'arrondissement de Verviers"

Le front commun syndical verviétois FGTB-CSC a annoncé lundi matin au zoning des Plenesses (Thimister-Clermont) que l'action, qui a mobilisé entre 1.500 et 2.000 militants et qui s'est concentrée essentiellement sur les zonings des Plenesses, de Petit-Rechain et d'Eupen "était une réussite totale". L'action se poursuivra l'après-midi pour empêcher les équipes 14h-22h d'accéder aux entreprises.

Les travailleurs qui se sont présentés aux entrées des zonings ont été refoulés, avec beaucoup de compréhension de la part des non-grévistes, a précisé Denis Gobert, président de la CSC Verviers et région de langue allemande. La sortie de l'autoroute à Eupen a d'ailleurs été fermée par la police elle-même, de même que celles de Battice et du zoning des Plenesses, ont précisé les syndicats qui se félicitent de la mobilisation et de la réussite de l'action.

Le piquet de grève situé chez 3M (ex-Fiberglass) à Battice a bloqué la nationale reliant le plateau de Herve à Visé. L'action spontanée a nécessité la mise en place de déviations locales via Herve.

L'administration communale de Dison est à l'arrêt, celle de Verviers partiellement. Le Forem mais également Besix, qui contrôle les parkings à Verviers, ont également été fermés.

Les écoles communales verviétoises sont aussi à l'arrêt. L'IPH à Herve n'a par contre pas été touché par la grève "car on a frôlé l'incident. Or, notre but était surtout de miser sur la fermeture des zonings", a expliqué Daniel Richard, Secrétaire Régional Interprofessionnel de la FGTB Verviers & Communauté germanophone.

Le personnel de Delhaize s'est joint au mouvement de grève en empêchant l'accès aux enseignes verviétoises.

Quant aux transports en commun, ils sont paralysés.

La CGSP organisera le 8 décembre une distribution de tracts au sein des entreprises publiques. Une marche au flambeau sera organisée à 17h00 entre la place Verte et l'hôtel de Ville où une délégation espère être reçue par Marc Elsen, bourgmestre de Verviers.

Flandre

Déjà plus de 100 kilomètres de files sur les autoroutes flamandes

L'heure de pointe matinale a débuté plus tôt que d'habitude en cette journée de grève. Il y a déjà plus de 100 kilomètres de files sur les autoroutes du nord du pays, indiquait le centre flamand de la circulation peu avant 7h00. Aucun train ne roule dans les provinces de Flandre orientale et Flandre occidentale, avec pour conséquence un trafic plus dense sur la E40 de Gand à Bruxelles. Le centre flamand de la circulation signale déjà 45 minutes de retard.

La zone portuaire de Gand est également inaccessible.

Flandre orientale: près de 8.000 militants aux 500 piquets de grève

La province de Flandre orientale vit au ralenti en ce jour de grève. "Nous estimons qu'il y a des actions militantes dans près de 500 entreprises", indique Louis Pillaert de l'ABVV, pendant flamand de la FGTB, au nom du front commun syndical. De 7.000 à 8.000 grévistes tiendraient les piquets de grève. Le port de Gand est notamment complètement inaccessible. Le mouvement de grève est également suivi dans les hôpitaux, mais la police confirme que les accords pour que les patients et les services d'urgence puissent passer les piquets sont bien respectés.

La circulation des bus De Lijn est aussi touchée et près de la moitié des lignes sont supprimées.

Aucun train ne roule dans la province et la zone portuaire de Gand est bloquée par une quinzaine de piquets de grève. L'activité devrait y être à l'arrêt jusqu'à 23h00, selon les syndicats. Selon le CEO, Daan Schalck, l'action pourrait faire perdre 20 millions d'euros au port.

La production de Volvo cars à Gand est également bloquée. Chez Arcelor Mittal, un accord entre la direction et les syndicats devrait permettre à l'usine de produire la moitié de son activité quotidienne.


Thalys: deux trains supprimés, une dizaine d'autres limités

Plusieurs trains à grande vitesse Thalys sont touchés par la grève. Les trains 9406 et 9483 reliant Liège et Paris Nord de 5h39 et 19h34 sont supprimés. Une dizaine d'autres trains sont limités à Bruxelles, indique la société lundi. Il s'agit des trains 9401, 9473 et 9437 reliant habituellement Paris à Essen à 6h01 (heure de départ à Paris), 12h01 et 17h58, des trains 9413 et 9461 entre Paris et Cologne de 8h01 et 16h01.

Les trains 9412, 9448 et 9484 reliant Essen et Paris à 5h39, 11h24 et 17h03 ne débuteront aujourd'hui leur trajet qu'à partir de Bruxelles. Il en sera de même pour les trains 9424 et 9472 (Cologne-Paris) de 8h44 et 16h42. Le train 9308 Ostende-Paris de 06h09 également.

La société invite ses passagers à consulter la section info-trafic de son site, régulièrement remise à jour, rappelle sa porte-parole lundi matin.


Pour Agoria, "les grévistes empêchent la création des jobs industriels de demain"

L'industrie technologique souffre lundi d'une perte d'une grande partie de sa production dans les provinces de Liège, Namur, Flandre orientale et occidentale, a fait savoir la fédération sectorielle Agoria par voie de communiqué. En région liégeoise, les zones industrielles les plus importantes sont totalement bloquées et la majorité des entreprises technologiques situées dans ces zones sont donc en arrêt forcé. A Namur également, certaines entreprises de production sont en grève.

En Flandre, la région du port de Gand est totalement inaccessible et de nombreuses entreprises sont également bloquées par des piquets de grève.

Pour Agoria, les actions contre le gouvernement bloquent une nouvelle fois l'industrie technologique. La fédération s'inquiète des conséquences à long terme que ces grèves pourraient avoir sur la position internationale des entreprises orientées vers l'export. "Ce sont ces entreprises qui vont une nouvelle fois payer le prix de ces actions", affirme Marc Lambotte, CEO d'Agoria. "Plusieurs jours de perte de production, cela ne se récupère pas. Les grévistes d'aujourd'hui empêchent la création des jobs industriels de demain. Si ces entreprises doivent à nouveau fermer le 15 décembre, à terme, c'est l'exportation de nos jobs industriels que nous risquons d'organiser."

La fédération rappelle qu'à ses yeux, travailleurs et employeurs "ont besoin les uns des autres pour aborder ensemble le problème de la compétitivité, convaincre de nouveaux clients et créer de nouveaux emplois".