Belgique

Le débat sur l’arrivée de nouveaux opérateurs prestant des services d’assistances au sol (handling) notamment le traitement des bagages et les opérations en piste à Brussels Airport fait rage. Il apparaît aujourd’hui qu’après la grève de l’été 2008, le secrétaire d’Etat à la Mobilité, Etienne Schouppe (CD&V) a commandé une étude sur la question à l’Université d’Anvers pour analyser l’éventuelle arrivée d’une troisième, voire d’une quatrième entreprise de handling à Zaventem. L’étude devrait déterminer s’il y a de la place pour ce faire, l’impact sur les prix proposés par les deux opérateurs actuels et le climat social. Du coup, l’intention est prêtée à Etienne Schouppe de préparer le terrain à davantage de concurrence. "Il n’a pas encore pris position sur le sujet. Il vient de réceptionner l’étude et est en train de l’analyser. Il fera connaître sa position dans deux ou trois semaines", nous a confié son porte-parole, Jan Pauwels.

Mais il semble que le rapport de l’équipe de l’Université d’Anvers ne convainc pas tellement le secrétaire d’Etat. Il aurait même indiqué que l’étude est un peu légère. Selon nos informations, elle conclurait qu’un 3e "handleur" à Zaventem peut valablement trouver son compte. Les syndicats ont déjà fait part de leur opposition au projet en annonçant des actions dures à Brussels Airport si le projet est réalisé. De plus, pour soutenir la guerre des prix qu’entraînerait la concurrence, les deux opérateurs (Aviapartner, Flightcare) n’auront pas d’autres choix que de, soit rogner sur les salaires, soit réduire la voilure au niveau du personnel. Ils seront d’autant plus forcés à prendre ces options que les rémunérations des travailleurs représentent 70 à 80 % de leurs charges (le reste est composé de coûts fixes difficilement compressibles) et que Brussels Airport afficherait un coût (taxe, handling) proche de celui de l’aéroport d’Amsterdam (3 handleurs). Et rien ne dit qu’un 3e handleur serait synonyme d’arrivée de nouvelles compagnies aériennes sur le tarmac bruxellois.

Vu l’analyse et les pressions, Etienne Schouppe serait prêt à faire marche arrière, mais à conditions que les deux "handleurs" actuels garantissent le niveau d’emploi, et les syndicats, la paix sociale. Flightcare emploie environ 1 600 personnes et Aviapartner environ 6 500. Ce dernier qui a son quartier général à Zaventem est donc le plus important acteur du pays. Mais certains se demandent si Etienne Schouppe n’a pas justement agité la menace d’un autre opérateur pour forcer syndicats et "handleurs" à prendre ses engagements à Brussels Airport.