Belgique

Mercredi devant les assises de Tongres, les experts psychiatres ont décrit l'accusé Renaud Hardy comme un tueur en série et un sadique sexuel qui savait très bien ce qu'il faisait. "Il est à classer parmi les personnes les plus dangereuses de notre société. S'il n'avait pas été arrêté, il aurait fait encore plus de victimes. A ce stade, nous ne pouvons pas nous prononcer sur une éventuelle réintégration dans la société. Au vu de son profil, ce serait un pronostic défavorable", a affirmé le psychiatre judiciaire Dirk Steemans. L'accusé développe une haine contre les femmes depuis l'enfance. On constate chez lui un trouble de la personnalité avec des tendances narcissiques et antisociales. On remarque également un trouble paraphile, notamment du sadisme, du voyeurisme et le goût des relations sexuelles avec étranglement.

Le psychiatre s'est lancé dans une description des assassinats de Maria Walschaerts et de Linda Doms. "Ces femmes ont été battues et étranglées, violées et humiliées. Il avait le contrôle et le pouvoir. Il a filmé les deux assassinats. Le fait de filmer démontre le mobile sexuel, il voyait cela comme un trophée. Il voulait revivre les événements en visionnant à nouveau le film", a encore confié M. Steemans.


Hardy: "Moi, un tueur en série, un sadique sexuel ? Je ne peux pas le croire"

Au terme de l'exposé du collège de psychiatres, mercredi après-midi aux assises de Tongres, l'accusé Renaud Hardy - qui a passé la matinée à s'agiter sur sa chaise, à lever la main et à se lever pour faire l'une ou l'autre remarque - a trouvé l'occasion de prendre la parole et d'exprimer le fonds de sa pensée. "Moi, un tueur en série, un sadique sexuel ? Je ne peux pas le croire", a-t-il déclaré. Selon lui, plusieurs choses ont été enjolivées afin de grossir le trait. Lui estime avoir été mis au défi par son ami François V. et sa prétendue esclave sexuelle D. C., qui l'ont ensuite laissé tomber. Sniffer de la cocaïne lui donnait une certaine force... Le président Thys a fini par lui couper la parole.

Les témoins de moralité de la victime assassinée Maria Walschaerts s'exprimeront en fin d'après-midi.


Selon le psychiatre Dillen, la liberté de volonté de l'accusé est entravée par Parkinson

A la demande de la défense, le psychiatre légiste Chris Dillen a évalué le rapport rédigé par le collège d'experts à propos de la personnalité de Renaud Hardy. Selon le Dr Dillen, la maladie de Parkinson entrave la liberté de volonté de l'accusé. D'après le psychiatre judiciaire Dirk Steemans, cette liberté de volonté n'est, au contraire, pas entamée. Ces explications ont été apportées à la demande du président de la cour Dirk Thys qui veut savoir si l'accusé a le contrôle de ses actes ou s'il est capable d'agir autrement. Dirk Steemans a appuyé sa thèse d'un exemple. "Lorsque l'accusé s'est rendu chez Linda Doms, il a dit qu'il aurait aussi bien pu se raviser".

Le Dr Dillen estime que les juges et le jury devraient se poser deux questions afin d'évaluer la responsabilité de l'accusé. "Est-il responsable pour sa malade de Parkinson ? Et aurait-il commis les faits s'il n'avait pas été atteint de ce mal ? Je ne répondrai pas à ces questions, je laisse ce soin aux juges", a conclu le Dr Dillen, en précisant néanmoins qu'Hardy présente bien une psychopathie de base. Il estime que l'accusé souffre d'un trouble de la personnalité à laquelle s'est greffé la maladie de Parkinson. Chris Dillen a également insisté sur le fait qu'Hardy reste une personnes très dangereuse.