"Hooligans" à la Bourse: Mayeur "scandalisé", De Wever refuse de condamner

Belga Publié le - Mis à jour le

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Belgique

Le bourgmestre de la ville de Bruxelles, Yvan Mayeur, était invité sur le plateau du JT de RTL ce dimanche soir. Il est revenu sur les débordements qui ont eu lieu à la Bourse dans l'après-midi. 

Yvan Mayeur a également répondu au déclarations du ministre de l'Intérieur Jan Jambon.

"Les renforts policiers à la Bourse n'étaient pas la pour protéger la population des hooligans, mais pour se prémunir d'une autre menace. Une menace qui avait justifié l'annulation de la marche. Le ministre de l'Intérieur le sait et je suis outré d'apprendre qu'il a eu l'aplomb de prétendre qu'on était prêt à faire face à ces hooligans" a déclaré le bourgmestre de Bruxelles.

Quelque 400 manifestants, des hooligans venus notamment d'Anvers via la gare de Vilvorde selon le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur, se sont rendus à la place de la Bourse à Bruxelles, lieu improvisé de recueillement de la population, depuis les attentats de Bruxelles, où ils ont scandé des slogans haineux.

Après avoir pris position dans le périmètre de la Bourse, les forces de l'ordre arrivées sur place ont commencé à les refouler en direction de la place De Brouckère et du boulevard Jacqmain où les manifestants se sont livrés à des actes de vandalisme.

"Je suis scandalisé par ce qui se passe, de constater que de telles crapules viennent provoquer les habitants sur les lieux de leur hommage. Nous avons été prévenus hier de leur venue possible, et je constate que rien n'a été fait pour les empêcher de se rendre à Bruxelles", a commenté Yvan Mayeur alors que les manifestants étaient progressivement dirigés sous cordon policier vers la gare du Nord d'où ils sont arrivés.

"Je veux en tout cas une réaction du gouvernement fédéral par rapport à cela", a-t-il ajouté.


Des faits condamnés par Charles Michel

"Je demande le respect à un moment de deuil pour tout le pays. Il est tout à fait inapproprié que des manifestants rompent (la période de) recueillement à la Bourse à Bruxelles. Les gens se réunissent pour trouver un réconfort. Je condamne fermement ces débordements", a déclaré dimanche le Premier ministre Charles Michel, à l'agence Belga.

"Nous faisons ce qui est nécessaire avec la police pour renvoyer ces manifestants chez eux. Dans le même temps, nous demandons également à chacun de garder son sang froid et de rester calme afin que la police puisse poursuivre son travail", a ajouté le Premier ministre.


Une faute de ne pas avoir arrêté les hooligans à Vilvorde selon Vincent De Wolf (MR)

Le député-bourgmestre MR d'Etterbeek Vincent De Wolf a jugé dimanche totalement incompréhensible que tout n'ait pas été fait pour arrêter les hooligans extrémistes de droite venus semer le trouble sur le lieu de recueillement des Belges après les attentats de mardi dernier, avant leur arrivée à Bruxelles, et en particulier à Vilvorde. "Quand on voit que ces gens se rassemblent à deux endroits à Vilvorde, affichant des comportements séditieux, tenant des propos racistes, en violation de la loi sur le racisme et la xénophobie, qu'attend-t-on pour les arrêter au moins administrativement", a commenté M. De Wolf, interrogé par l'agence Belga.

Selon le chef de file libéral, le bourgmestre qui est aussi un représentant du pouvoir fédéral, a le devoir de veiller au maintien de l'ordre public et à la sécurité de la population.

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, et le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur, avaient clairement signifié mardi que toute manifestation serait interdite. En l'occurrence, c'est une "faute évidente" dans le chef du bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, de ne pas avoir fait en sorte que l'on ait pu éviter cet exemple de rassemblement désastreux pour l'image de Bruxelles et de la Belgique, a encore dit Vincent de Wolf.


CD&V, Open Vld, Groen et sp.a condamnent, la N-VA prend de la distance

Les présidents du CD&V, de l'Open Vld, de Groen et du sp.a ont condamné "unanimement", dans un communiqué commun, les débordements survenus dimanche après-midi à Bruxelles et à l'occasion desquels "500 extrémistes et hooligans ont pris possession des lieux à la place de la Bourse pour entre autres scander des slogans d'extrême-droite et troubler sérieusement l'ordre public".

De son côté, le président de la N-VA, Bart De Wever, a préféré garder ses distances, pour selon lui, ne pas donner trop d'importance aux hooligans et parce qu'il n'y a pas eu de condamnation commune après les attentats.

"La place de la Bourse, à Bruxelles, s'est transformée cette semaine en symbole de tristesse, d'espoir et de résilience. Elle est devenue un forum où des milliers de citoyens ont adressé un signal clair au monde: le terrorisme ne peut mettre à mal notre vivre ensemble. Nous prenons aussi en les termes les plus clairs possibles nos distances avec une petite minorité porteuse de haine qui tente de miner par cette action la solidarité et la sérénité. Qui sème la division, et prêche la haine, fait le jeu des ennemis de la démocratie", ont souligné Meyrem Almaci (Groen), John Crombez (sp.a), Gwendolyn Rutten (Open Vld) et Wouter Beke (CD&V).

"Plus on accorde de l'attention aux hooligans, plus grands ils se croient", a commenté pour sa part le porte-parole du président de M. De Wever, expliquant par ailleurs les raisons du refus de celui-ci de co-signer le communiqué par l'absence de déclaration commune après les attentats.