Belgique

Dans le cadre de l’opération "Ouvrir mon quotidien" dont l’objectif est de sensibiliser les jeunes élèves francophones à la lecture des journaux, Dedicated a réalisé un sondage auprès de 814 jeunes âgés de 11 à 18 ans.

Les résultats de l’étude révèlent les éléments clefs qui permettent de s’imaginer à quoi la vie d’un enfant et ses ressentis peuvent ressembler en 2017.

Un rejet de l’étranger

Le sondage analyse entre autres la vie quotidienne des jeunes et leurs préoccupations. Il s’avère que les éléments qui semblent les rassurer le plus sont ceux de proximité, comme la famille, l’entente entre les parents, les amis ou encore le lieu de vie. Les sujets d’inquiétude vont quant à eux se porter sur les aspects plus éloignés de leur vie et de leur cocon familial.

Ainsi, plus de huit élèves sur dix s’inquiètent du fait que la Belgique accueille sur son sol des réfugiés et des migrants.

La situation générale au niveau international les refroidit, elle aussi. A peine un enfant sur huit la trouve satisfaisante.

Mais ce sont nos femmes et nos hommes politiques qui se trouvent dans le bas du classement. Neuf sondés sur dix ne sont pas satisfaits de ceux qui nous gouvernent. Et cette confiance diminue d’année en année. Alors qu’ils étaient 14 % à manifester un intérêt pour les hommes et femmes politiques en Belgique, ils ne sont plus que 12 % à se déclarer satisfaits.

La qualité de leur enseignement et leur école ont été valorisée par les sondés. Une majorité d’entre eux l’estiment satisfaisante voire très satisfaisante.

Il faut dire que les enseignants inspirent la confiance chez ces jeunes élèves. Juste derrière les professions scientifiques (médecin, chercheur, pharmacien) et celles liées aux forces de l’ordre (policier), le métier d’enseignant est plutôt bien classé et inspire une confiance partielle ou totale chez près de la moitié des jeunes sondés.

Moins de temps pour les autres

La vie participative des enfants et des adolescents révèle un attrait de moins en moins présent pour les mouvements de jeunesse, politique ou de réflexion. Ils ne sont que 8 % à y être affiliés, mais cette proportion augmente avec l’âge. Alors que le nombre de très jeunes est presque nul, un adolescent sur huit est impliqué dans un mouvement.

La proportion de jeunes qui participent à des manifestations, que ce soit seuls ou accompagnés de leurs parents, est également en baisse par rapport à l’année dernière. Moins d’un enfant sur dix exprime ses opinions dans ce genre d’événements.

La plus forte baisse dans le sondage relatif à la vie participative concerne le temps consacré au moins occasionnellement aux autres. Un cinquième des enfants seulement le fait.

Un autre élément clef qui ressort chez les sondés est l’inquiétude qu’ils ressentent pour leur avenir. Plus l’enfant vieillit et plus il s’en inquiète.

Près d’un adolescent sur deux est également persuadé que son niveau de vie va se dégrader dès qu’il deviendra adulte. Ils se préoccupent principalement de la difficulté qu’ils pourront rencontrer avant de trouver un emploi, du manque d’argent mais aussi, comme le révélait le sondage en 2016, du terrorisme. La présence des militaires en rue, plus d’un an après les attentats de Bruxelles, doit certainement influencer leur position.

Sauvegarde de l’environnement

Les menaces sur l’environnement se trouvent également dans le haut du tableau des préoccupations des 11-18 ans. Il faut dire que ces dernières semaines ont été riches en catastrophes naturelles, après le passage de plusieurs ouragans sur les Etats-Unis.

Etonnamment, la qualité de leur alimentation est jugée importante pour ces jeunes, conscientisés de plus en plus tôt par leurs parents ou leurs professeurs sur les aliments qu’ils choisissent.

Enfin, ils sont conscients de la problématique de la surpopulation, qui inquiète 15 % d’entre eux.

© ipm

Trois quarts des jeunes sont tous les jours pendant 1 h 30 sur les réseaux sociaux

Les jeunes sondés ont toujours connu les téléphones portables. Désormais, ils sont confrontés aux smartphones, aux tablettes ainsi qu’aux ordinateurs portables, qui font partie intégrante de leur vie. Avec une facilité déconcertante, ils surfent, jouent et fréquentent les réseaux sociaux.

Selon les résultats du sondage, 93 % des jeunes fréquentent au moins occasionnellement ces réseaux sociaux. Facebook reste leur préféré, 76 % d’entre eux y ont créé un compte. Une majorité des 11-13 ans interrogés sont eux aussi usagers de Facebook. Pourtant, l’inscription sur ce réseau social est interdite aux personnes de moins de 13 ans.

YouTube, qui permet de visualiser des vidéos, se trouve en deuxième position des réseaux sociaux favoris. En troisième position, Snapchat gagne des points par rapport à l’année dernière. L’application mobile permet le partage de brèves vidéos éphémères.

Les enfants qui fréquentent les réseaux sociaux le font de plus en plus tôt. En effet, 85 % des 11 à 13 ans en sont adeptes, contre 81 % en 2016.

Les trois quarts des jeunes élèves avouent s’y connecter tous les jours. Cette proportion monte jusqu’à 86 % chez les adolescents de 17 et 18 ans. Le sondage révèle également que les filles sont un peu plus friandes des réseaux sociaux que les garçons.

Chaque jour, pendant une heure et demie

Lorsque les jeunes se connectent, ce n’est pas pour quelques minutes. Ils y passent en moyenne 1 h 30 ! C’est plus qu’en 2016, lorsqu’ils s’y connectaient un quart d’heure en moins. Plus inquiétant encore, un jeune sur huit avoue y consacrer plus de 3 h dans une journée. Plus de trois jeunes sur dix avouent que cela leur permet de passer le temps, pour ne pas s’ennuyer.

Les principales motivations qui poussent ces jeunes à fréquenter les réseaux sociaux sont multiples. La plupart des élèves expliquent qu’il s’agit pour eux de rester en contact avec leurs amis mais aussi d’en rencontrer de nouveaux à partir de chez eux, sans devoir se déplacer.

D’autres évoquent la possibilité de se tenir au courant de ce qui se passe, tant au niveau de l’actualité que des événements ou encore, de la vie de leurs copains. Les élèves voient dans l’usage des réseaux sociaux un côté pratique, notamment pour pouvoir échanger des notes de cours.

La culpabilité ronge les jeunes

Interrogés sur les inconvénients que représente l’usage des réseaux sociaux, beaucoup d’élèves avouent que c’est addictif, au point qu’ils ne peuvent plus s’en passer.

Les jeunes sont également conscients qu’il s’agit là d’une activité qui n’est pas physique pour un sou et que cela les pousse, indirectement, à rester enfermés chez eux, vissés à leur smartphone ou leur tablette. Un peu moins d’un tiers avouent que le fait qu’ils y soient accros énerve leur famille et que cela détériore leur intimité.

On observe aussi une forme de lassitude de la part de ces usagers pour qui les contenus postés sur les réseaux sociaux se ressemblent tous.

Conscients des limites posées par Facebook, Instagram ou encore Snapchat, près de la moitié des élèves ont le sentiment de passer trop de temps en ligne.