Belgique

Que faire pour éviter que le dossier BHV ne pourrisse encore l’actualité politique belge pendant des semaines, des mois, voire des années ?

Le comité de concertation, qui réunit les chefs des gouvernements (le fédéral et les régionaux), doit instituer, ce vendredi, un comité d’experts chargé de cette délicate problématique.

On ne vous fera pas l’injure de rappeler les détails du problème de l’arrondissement de Bruxelles Hal-Vilvorde, (BHV) arrondissement "insupportablement" bilingue que les partis flamands veulent tous scinder. Plusieurs négociations se sont déjà heurtées à ce problème.

Pourquoi instituer un groupe spécialement dédicacé à cette question ? Parce que les partis flamands ne supportent pas l’idée que la problématique bruxelloise soit inscrite à l’ordre du jour du dialogue institutionnel, qui lui doit conduire à une profonde refonte de nos institutions (à savoir de nouveaux transferts de l’Etat fédéral vers les Régions et les Communauté).

Pourquoi la problématique bruxelloise est-elle bannie des discussions institutionnelles ? Parce que pour les Flamands, l’arrondissement doit être scindé "zonder prijs", soit sans compensation pour les francophones alors que les francophones veulent mettre sur la table et l’élargissement de la Région bruxellois et la nomination des trois bourgmestres de la périphérie, toujours privés d’écharpe (Wezembeek, Crainhem et Linkebeek).

Donc, pour éviter que le dialogue institutionnel ne soit "pollué" par les questions bruxelloises, on va confier à un groupe d’experts le soin de préparer des "solutions" concernant BHV. Huit parlementaires seront désignés : 4 francophones, 4 Flamands. Au Sud, ce seront Olivier Maingain (FDF), Philippe Moureaux (PS), Francis Delpérée (CDH) et Christos Doulkeridis (Ecolo) qui siégeront (donc majorité et opposition). Au Nord du pays, le VLD et le CD&V y enverront chacun deux parlementaires. Il n’y aurait donc pas place pour l’opposition démocratique, le SP.A. Et donc, le groupe d’experts et ses éventuelles solutions ne seront pas soutenus par une majorité en Flandre, ce qui posera indéniablement problème le jour où il faudra voter les textes issus de ces négociations. Curieuse stratégie, puisque le SP.A participe bien au dialogue institutionnel. De là à penser que la Flandre soutiendra la réforme de l’Etat mais pas les avancées, négociées et équilibrées, dans le dossier bruxellois, il n’y a qu’un pas.A Bruxelles, on attend

Mais nous n’en sommes pas encore là. Et jeudi, le dossier BHV a provoqué une nouvelle poussée de fièvre à la Chambre.

Les parlementaires de la N-VA ont tenté de modifier l’ordre du jour et de remettre la proposition de scission de BHV à l’ordre du jour. Selon la N-VA, l’ancien conflit d’intérêt (d’après la majorité il venait à échéance ce 16 janvier) était dépassé depuis longtemps et le nouveau conflit, voté en urgence mercredi par le Parlement wallon, n’était pas encore arrivé entre les mains du président de la Chambre, Patrick Dewael. Ce qui a provoqué un gros émoi et une suspension de séance. La demande de la N-VA a été soutenue par le Belang et la liste Dedecker, mais rejetée par le VLD et le CD&V, le SPA s’abstenant.

José Happart, président du Parlement wallon, peu favorable à ce conflit d’intérêt, nous a confirmé avoir signé le document. Il l’enverra à Patrick Dewael par courrier normal