Belgique

Claude Eerdekens bouffe du petit homme vert à chaque déjeuner, c’est bien connu. Et les conseils communaux que l’impétueux député-bourgmestre préside à Andenne tournent au pugilat une fois sur deux, c’est entendu. Son engagement ou sa phobie anti-Ecolo a trouvé à s’exercer jeudi soir encore.

La tentation était grande. Le collège (majorité absolue PS) proposait au conseil un recours au Conseil d’Etat contre le feu vert du ministre Philippe Henry à des éoliennes sur les communes proches de Héron et Fernelmont. Le fait que le chef de groupe local Ecolo, Hugues Doumont, soit aussi conseiller au cabinet Henry est évidemment propice aux excitations. Eerdekens a ainsi envoyé à Doumont : "On ne va pas discuter pendant dix-sept heures sur un ministre qui n’a pas sa place au gouvernement wallon. Et vous devriez démissionner aussi".

Avant d’y aller d’un refrain devenu habituel : "Quel malheur d’avoir Ecolo à la Région wallonne ! On mettra 25 ans pour se remettre de la grosse bêtise de Di Rupo et Milquet".

Peut-être a-t-il dépassé cette fois ses propres bornes. Le groupe CDH a d’ailleurs devancé Ecolo dans sa sortie de séance en guise de protestation, emmené par un Philippe Mattart (qui est, lui, chef de cabinet chez André Antoine) lui servant : "Vous n’êtes pas digne de votre mandat". C’est ça, ironisait Eerdekens criant toujours plus fort que les autres : "Ecolo-CDH, même combat".

Puis il levait la séance comme les partants voulaient rentrer sur d’autres points à l’ordre du jour : "Quand on est sorti, on est sorti". Doumont et Mattart vont introduire une action auprès de la tutelle régionale. Surtout, même un socialiste a repris Eerdekens en plein emballement. Saluons le cran de ce Michel Dechamps, président du CPAS : "Tu m’excuseras, mais tu ne m’empêcheras pas de parler. Je ne suis pas d’accord avec ce ton injurieux".