Belgique

En octobre dernier, la Fondation Auschwitz avait mis sur pied un colloque à la Bibliothèque royale à propos des "caves de la Gestapo" à Bruxelles, en fait les sinistres geôles où la police nazie enfermait les résistants lors de leurs interrogatoires musclés. Les débats tournèrent autour de la question de savoir comment on pourrait sauvegarder un ensemble de graffitis réalisés par des détenus dans les caves des immeubles réquisitionnés par la Gestapo aux numéros 347, 453 et 510 de l’avenue Louise. Le sénateur Francis Delpérée (CDH) qui suit de près le travail de mémoire de la Seconde Guerre a interrogé le ministre de la Défense à ce sujet. C’est que ces graffitis "sont les seules traces vivantes qui témoignent de manière très concrète des agissements de la Gestapo dans son siège bruxellois". Or, "aucune mesure de classement n’a été prise pour protéger ces éléments importants de la mémoire collective".

Francis Delpérée s’est dès lors adressé à Pieter De Crem (CD&V) car son département est "une plaque tournante et une cellule de coordination des efforts accomplis par d’autres autorités pour la mémoire, comme à Breendonk".

Le ministre a expliqué qu’un classement relèverait de la Région bruxelloise alors que l’aspect éducatif dépend des Communautés. Mais Pieter De Crem a promis de s’engager personnellement dans ce dossier en collaboration avec l’Institut des vétérans-INIG afin de prendre une initiative de coordination pour préserver ces traces historiques.

L’élu du CDH s’est bien évidemment réjoui de cet engagement mais a attiré l’attention du ministre sur le fait que les caves sont sises aujourd’hui dans des immeubles privés.

Il a dès lors suggéré de faire copier ces graffitis et de les reproduire en un autre lieu de mémoire. Il n’est pas encore trop tard, mais il est temps