Belgique En 2018, deux promotions débuteront en même temps leur spécialisation.

Le déficit se résorbe, mais il reste important. On ne parle pas ici des finances publiques belges, mais du manque de postes de stages pour les candidats médecins qui entameront leur spécialisation (de généraliste ou de spécialiste) en octobre 2018. Pour rappel, l’an prochain, deux cohortes sortiront en même temps. En effet, en 2012, la durée des études de base en médecine a été réduite de sept à six ans. En 2018, les étudiants qui ont débuté leur cursus (en 7 ans) en 2011 et ceux qui ont entamé leurs études (en 6 ans) en 2012, sortiront en même temps.

Un premier rapport, de 2014, estimait à 1 500 le nombre de places de stages manquantes pour les médecins en octobre 2018, rappelle le Dr Jacques Boniver, président du conseil supérieur des médecins spécialistes et des médecins généralistes. Fin 2016, le déficit était tombé à 1060 places. Et à l’heure actuelle, "globalement, il manque toujours environ 730 places de stages. Pour les généralistes, il existe un excédent de 120 places, alors qu’il en manque 850 dans les hôpitaux pour les spécialistes."

Ces chiffres demandent cependant des nuances, poursuit le Dr Boniver. "D’abord, ils n’incluent pas les places de stage dans les spécialités hors Inami (gestion de données médicales; médecine légale; médecine du travail). Le déficit pourrait tomber à 800. Ensuite, ces estimations sont basées sur une proportion historique de 30 % de généralistes. Or, aujourd’hui, on est à 40 %. Et on est quasi sûrs que ce sera au moins autant en 2018." Le déficit de places pour les spécialistes diminuera donc d’autant. Par ailleurs, "on va continuer à créer de nouveaux postes de stages. Et si la tendance actuelle se poursuit, nous espérons que ce déficit tombera à 250 en octobre 2018."

Entre incertitudes et optimisme

Mais il existe une condition à ce scénario, ajoute le Dr Boniver. "Que tous les postes créés soient occupés." Pourquoi ne le seraient-ils pas ? "Parce que certains maîtres de stages ne sont finalement pas intéressés. Ou parce qu’ils en acceptent moins que prévu (un candidat spécialiste, il faut le payer)." Il faudra donc que la ministre de la Santé publique relâche les cordons de la bourse. Ce qu’elle semble désormais prête à faire.

Il resterait cependant toujours 250 places. Où aller les chercher ? "Plusieurs pistes sont sur la table : réaliser des stages à temps partiel, prendre une année sabbatique; faire un stage dans la recherche; ou à l’étranger. Les doyens des facultés ne sont pas trop pessimistes. Ils font beaucoup de démarches pour trouver des stages à l’étranger. Il n’est pas tout à fait utopique de penser qu’on va combler ce déficit de 250 places mais peut-être sera-t-on trop court de 150 ou 200 ? Il y a encore beaucoup d’incertitudes. Mais il faut rester optimiste, car tout le monde, dans les facs de médecine, est motivé pour débusquer de nouveaux postes. Il y a des possibilités. Il faut inciter les services hospitaliers à postuler pour des places supplémentaires. Tout en veillant à maintenir la qualité de la formation."