Belgique

Vivre ensemble, qui mène des actions de sensibilisation aux causes de la pauvreté, met les volontaires au centre de sa campagne d’Avent. Les 93 associations de lutte contre la pauvreté en Wallonie et à Bruxelles, qui seront soutenues en décembre 2017, fonctionnent d’ailleurs en grande partie grâce à la bonne volonté de bénévoles. D’où le thème choisi pour 2017 : "Etre pauvre n’est pas un choix… Etre solidaire, oui !"

A cette occasion, Vivre ensemble publie une étude sur le volontariat qui tord le cou à quelques clichés. Un : l’égoïsme et le profit ne sont pas seuls à diriger la société. Si la Belgique compte 1,7 million de personnes qui vivent dans des conditions de pauvreté ou d’extrême précarité, on y trouve aussi 1,8 million de personnes engagées dans du bénévolat. Ce chiffre montre que le volontariat est un signe fort dans notre société, même s’il n’est que peu reconnu.

De nombreuses personnes donnent de leur temps pour des clubs de sport, des hôpitaux, des écoles, des associations culturelles, des mouvements de jeunesse ou d’éducation permanente, des initiatives citoyennes… On peut citer le mouvement de solidarité sans précédent qui s’est mis en place pour héberger les migrants du parc Maximilien.

De bénéficiaire à bénévole

Deux : il ne faut pas résumer le volontariat à une aide des "riches" vis-à-vis des "pauvres", insiste Vivre ensemble. On rencontre parmi les volontaires de plus en plus de personnes qui ont connu, ou vivent encore, des situations de pauvreté, d’isolement, de maladie, d’exil… et qui viennent à leur tour en aide à l’association qui leur est venue en aide.

Cela balaie l’image, paternaliste, du bénévole et celle misérabiliste, du bénéficiaire. Même si l’engagement n’est pas toujours facile. "Parfois, on voudrait aider mais on n’a plus l’énergie", déplore Guy, bénévole à Amon Nos Hôtes, une cafétéria sociale à Liège, dans un témoignage recueilli par Vivre ensemble. "J’ai eu besoin d’une semaine de congés. Mais on a du mal à lâcher, parce qu’on a ça dans le sang, l’envie d’aider, parce qu’on est passé par là." Suzanne a aussi ses "jours sans", débordée par ses propres problèmes. "Mais je viens quand même, parce que je sais que ça me fait du bien et qu’après, je me sentirai mieux."

Vivre ensemble partage la position de la Plateforme francophone du volontariat qui estime que l’obligation faite aux demandeurs d’emploi d’informer l’Onem de leur intention de s’engager comme volontaires est discriminatoire : cette autorisation peut être refusée du fait que ce volontariat empêcherait le chômeur de chercher du boulot…


---> Les détails de la campagne et un documentaire sont à retrouver sur www.vivre-ensemble.be