Belgique

A l’heure où le dossier du survol de Bruxelles met le pays au bord de la crise politique, "La Libre" a mis la main sur les conclusions partielles d’un rapport attendu depuis longtemps. Il s’agit d’un audit demandé par le ministre de la Mobilité François Bellot (MR) à la suite de l’incident sérieux survenu le 5 octobre à l’aéroport de Bruxelles-National. Pour rappel, ce soir-là, un avion au décollage a manqué de percuter un avion à l’atterrissage. Belgocontrol, le gestionnaire du ciel belge, avait été accusé de ne pas avoir donné les bonnes instructions de pistes aux pilotes.

En cause ? Des normes de vent qui n’auraient pas été respectées. Le rapport, qui a analysé le travail de Belgocontrol du 2 au 10 octobre derniers, parle "d’incohérences" de la part des contrôleurs aériens dans l’application de ces normes de vent.

Des normes de vent floues

Le gestionnaire du ciel se défend. Selon Belgocontrol, la direction générale du transport aérien (DGTA) lui a donné des instructions "différentes et contradictoires" pour le choix de l’utilisation des pistes au courant de l’année 2013. L’une date du 17 juillet 2013 et définit des limites de vent moyen pour décider de l’utilisation des pistes : les rafales ou pointes de vent ne devant être considérées qu’au-delà d’un certain seuil. La deuxième date du 16 décembre 2013 et s’applique uniquement pour les rafales et les pointes de vent. C’est cette dernière instruction que les contrôleurs disent appliquer.

" Les contrôleurs aériens doivent pouvoir se baser sur des instructions claires et non ambiguës pour décider de l’utilisation des pistes , explique le gestionnaire aérien à "La Libre". Une interprétation à la carte des différentes instructions et de ‘l’intention première’ du Conseil des ministres, comme le proposent la DGTA et le ministre, crée une situation opérationnelle confuse qui fera perdurer les discussions sur l’utilisation des pistes."

Belgocontrol a donc écrit au ministre de la Mobilité en lui demandant soit de confirmer l’instruction de la DGTA du 16 décembre 2013, soit de lui faire parvenir une nouvelle instruction sur les normes de vent.


Le ministre François Bellot réagit

Suite à la publication de cet article, le Ministre de la Mobilité et du Transport, François Bellot, a réagi via un communiqué. Il rappelle qu’il a "demandé un audit après avoir reçu de nombreuses plaintes de riverains situés sous l’approche de la piste 01 pour la période du 2 au 10 octobre 2016." Et tient également à préciser que "l’audit n’a pas été commandé suite à l’incident du 5 octobre pour lequel la cellule « Air Accident Investigation Unit (Belgium) – AAIU » mène l’enquête". "Plusieurs courriers entre la DGTA et Belgocontrol attestent que des discussions sont toujours en cours et que l’audit n’est dès lors pas encore terminé", ajoute-t-il. "Une fois que le rapport final de l’audit me sera communiqué, je pourrai déterminer les clarifications à apporter aux normes de vent, les mettre en œuvre et m’assurer de leur respect", confirme François Bellot.