Belgique

Alors qu’il avait dix ans à peine, le metteur en scène belge Luc Petit avait reconstitué la bataille de Waterloo sur une maquette, et peint à la main des centaines de petits soldats pour animer la morne plaine. Il y a quelques mois, c’est aussi à lui que la société Tempora a fait appel pour réaliser la scénographie moderne installée à l’intérieur de la ferme d’Hougoumont désormais rénovée.

Autant dire que l’homme connaît bien la bataille de Waterloo, et il était plutôt enthousiaste lorsque les organisateurs des commémorations lui ont demandé d’imaginer le spectacle d’ouverture. C’était avant de lui préciser qu’il devrait évoquer la bataille… sans la reconstituer puisque plus de 5.000 soldats en uniforme s’en chargeront ce vendredi et samedi soir.

Que faire alors ? Le metteur en scène a pris le parti d’évoquer la bataille de manière onirique, en partant des récits poétiques de Victor Hugo. Voilà comment est né Inferno, joué hier soir sur le champ de bataille par environ 300 reconstitueurs des deux camps, une cinquantaine de chevaux et 150 artistes. Dont Bernard Yerles, choisi pour incarner Victor Hugo.

Sacré défi à relever, sur une scène de 170 mètres de long ! Verdict ? Mission totalement accomplie pour l’inventif metteur en scène belge, qui a joué avec les lumières et les effets pyrotechniques pour enflammer les champs de blé, au milieu desquels il avait disposé des écrans et une tête de lion géante. Des chevaux lumineux galopant sous les feux d’artifice ont ébahi les spectateurs tandis que les troupes prenaient position, en musique, pour l’ultime combat de l’Empereur. La bataille de Luc Petit, jeu d’échec féerique au milieu de la nuit, a réussi l’exploit de transporter les spectateurs en dehors du temps.