Belgique Le collectif citoyen, rebaptisé, a mené une nouvelle action de sensibilisation mercredi à l’aube.

Nouvelle opération du collectif #NotInMyName (Pas en notre nom), mué en #InMyName, ce mercredi à l’aube. Les activistes ont distribué 25 000 accroche-portes dans les transports en commun et l’espace public à Bruxelles, Gand, Liège, Anvers, Namur, Courtrai, Louvain-la-Neuve, Leuven, Mons, Charleroi, Ottignies. Avec le message : "Migrer n’est pas un crime. Partout en Europe, des citoyen.ne.s se lèvent en solidarité avec les migrant(e) s. Aux Etats de prendre le relais."

Cette action pour une autre politique migratoire est menée depuis un mois, jour pour jour, après une opération-choc au cours de laquelle des citoyens avaient détourné des milliers d’espaces publicitaires pour y placer des affiches s’indignant de la manière dont les migrants sont traités.

De la dénonciation à l’affirmation

Le collectif a aujourd’hui décidé de passer de la dénonciation à l’affirmation. "Après avoir dénoncé les politiques migratoires actuelles (#NotInMyName), nous disons ce que nous voulons plus fort que jamais (#InMyName) : la justice migratoire, des voies sûres et légales de migration, la régularisation, l’arrêt des violences", précise Violette, porte-parole de l’action. Les politiques de l’Union européenne, qui entraînent des milliers de morts en Méditerranée et des personnes réduites à l’esclavage en Libye, ne sont pas une fatalité; des alternatives humaines et réalistes existent, ajoute le collectif.

Hasard du calendrier, cette seconde opération intervient alors que, lundi soir, le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) postait un message pour se féliciter de la politique menée à l’égard des Soudanais présents sur le territoire belge.

"Les enfants du voisinage"…

Depuis le 1er août, 110 d’entre eux ont été enfermés dans un centre pour illégaux et 87 ont été renvoyés (10 au Soudan, 76 dans le premier pays européen où ils ont mis le pied, 1 accord de reprise bilatéral), détaille Theo Francken. Une cinquantaine de Soudanais se trouvent encore en centre. "Grâce à notre intervention efficace, il n’y a pas de deuxième Calais et la situation au parc est sous contrôle", affirme-t-il. Ajoutant : "Les enfants du voisinage peuvent de nouveau y jouer tranquillement."

Ce message a soulevé l’indignation au sein de la Plateforme citoyenne qui organise depuis septembre l’hébergement quotidien de 300 personnes. Si le parc Maximilien est vide, chaque soir, c’est grâce à la solidarité d’une poignée de bénévoles et de milliers de familles qui se relaient nuit après nuit pour loger les migrants.

Le 6 novembre, l’opération #NotInMyName avait suscité un réel engouement et conduit de nombreux citoyens à rejoindre la Plateforme hébergement, groupe (fermé) sur Facebook qui comptait alors 13 500 membres. Un mois plus tard, ils sont 23 500. Soit 10 000 en plus.