Belgique

A la veille de la rentrée scolaire, le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec) organise ce vendredi 24 août sa 8e université d’été sur le thème “Transmettre, apprendre : pourquoi, comment ?”. L’occasion pour son directeur général, Etienne Michel, de revenir sur deux dossiers phares de cette rentrée scolaire et politique : le décret inscriptions et le manque de places d’école à Bruxelles ainsi que l’ouverture des négociations sectorielles.

La tension sur les inscriptions est particulièrement forte dans le nord de Bruxelles, où le déficit en places d’école est important. Comment, à terme, créer de nouvelles places ?

Petite réflexion : s’il y a 1 000 naissances supplémentaires par an, donc 1 000 enfants de plus qui arrivent tous les ans en maternelle, et que les scolarités maternelle et obligatoire durent 15 ans, au bout de 15 ans, il faudra avoir créé 15 000 places pour absorber cette croissance démographique. Dans l’enseignement catholique, il y a une série de projets en cours qui correspondent à la création d’environ 2 300 places à Bruxelles. Ce seront surtout des extensions de bâtiments. Si l’on rapporte ces 2 300 places aux 15 000 nécessaires, on voit bien qu’on arrive à une difficulté, compte tenu du poids relatif que représente l’enseignement catholique dans le système (NdlR : l’enseignement catholique scolarise un élève sur deux en communauté française)

Pourquoi surtout l’extension de bâtiments existants ?

Pour des raisons financières, il est quasi impossible pour l’enseignement libre de créer des écoles de toutes pièces. De fait, l’intervention publique dans le financement des bâtiments scolaires du réseau libre est particulièrement limitée. Elle prend essentiellement la forme d’une intervention dans les charges d’intérêts, c’est-à-dire la prise en charge d’une partie des intérêts d’emprunts. Cela signifie, en corollaire, que tout le capital et une partie des intérêts doivent être financés par le pouvoir organisateur (PO) lui-même.

Autrement dit…

Nous avons calculé que la Communauté française consacre 347 € par élève et par an au financement des bâtiments scolaires du réseau de la Communauté française, contre 85 € par élève et par an pour le réseau libre. C’est donc un rapport de 1 à 4. Conclusion ? Si la Communauté française, en tant qu’autorité générale de l’enseignement, souhaitait que l’enseignement libre contribue davantage à la réponse au choc démographique, il s’agirait alors de revoir l’intervention publique dans le financement des bâtiments scolaires de l’enseignement libre.