Intervenu juste après l'attentat à Maelbeek, il explique : "On est resté figé pendant quelques secondes"

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Belgique Yannick Crombez, agent opérationnel à la protection civile de Ghlin, a dû, avec ses collègues, se rendre à la station de métro Maelbeek à peine deux heures après l'attentat. Cela fait 9 ans qu'il exerce ce métier et, pourtant, il n'avait jamais vu de scène aussi horrible. "C'est indescriptible. Sur les lieux, la vision était apocalyptique. La première chose qu'on a vue, ce sont les corps des victimes", explique l'agent contacté par LaLibre.be.

Alex Neupré, adjudant à la protection civile, expliquait à nos confrères de RTL que certains de ses hommes avaient vomi dans leur casque. "A cause de l'odeur qui prenait aux tripes", explique Yannick Crombez. "On a déjà été confronté à des décès, à des accidents de la route assez moches à voir, mais rien de tel. On est resté figé pendant quelques secondes", avoue-t-il. Mais, rapidement, le professionnalisme reprend le dessus. "Notre but était de désincarcérer le wagon pour permettre à la DVI (NdlR : Disaster Victim Identification team) d'identifier les victimes. On a donc coupé des bouts de tôle pour leur faciliter le passage". Après que la DVI ait pris des photos et collecté les indices, les corps ont été évacués.

L'équipe de la protection civile de Ghlin est restée sur place pendant 24 heures avant de pouvoir rentrer chez elle. "Personnellement, j'ai toujours des images qui me reviennent, des flashs. On en parle entre nous", raconte Yannick Crombez. Toute l'équipe a d'ailleurs pu rencontrer des psychologues ce mercredi matin pour parler de leurs traumatismes. "C'était dur à vivre, mais je me mets à la place des proches des victimes, c'est bien pire pour eux", relativise l'agent opérationnel. "Je ne peux pas m'empêcher de me dire que ça aurait pu être mes proches dans cette rame. Depuis, je vois la vie autrement".