Belgique

Le ministre wallon des Affaires intérieures Philippe Courard (PS) a pris, samedi, la décision d'annuler l'une des délibérations du conseil de l'aide sociale de Namur à propos d'un chantier dans lequel le bureau Sotegec est intervenu.

En mai dernier, la presse avait épinglé le rôle joué par le bureau d'études Sotegec dans le développement urbanistique de la ville de Namur et ses liens avec le bourgmestre Bernard Anselme (PS), dont la compagne n'est autre que la directrice de ce bureau, Rita Louis-Maillard. Philippe Courard avait alors annoncé que son administration allait vérifier les marchés publics conclus par la Ville au cours de cette législature. L'examen est toujours en cours mais un rapport intermédiaire a été rendu.

Un dossier retenait plus particulièrement l'attention: celui de la construction d'un nouveau commissariat de police sur le site d'Hastedon, et ses nombreux avenants (au total, les travaux sont passés de 5,5 à 9 millions d'euros). Le rapport conclut au respect de la procédure. Sur le plan judiciaire, le ministre a toutefois rappelé qu'une enquête est toujours en cours.

L'administration a, en revanche, constaté une autre irrégularité. En 1997, le CPAS de Namur a confié à l'Atelier d'architecture et d'urbanisme (AAU) ainsi qu'à la Sotegec un dossier relatif à la construction de nouveaux lits à Temploux ainsi que sur le site d'Harscamp. Le 30 mars 2006, invoquant des travaux toujours en cours, le conseil de l'aide sociale a englobé dans un avenant au contrat la construction d'un pavillon polyvalent pour un montant de 240 000 euros.

Le ministre a décidé d'annuler la décision, car il ne s'agit ni de travaux complémentaires au premier contrat ni de travaux rendus nécessaires par des circonstances imprévues. La procédure devra donc être recommencée.

Malmedy: un dossier

A Malmedy, l'administration a examiné trois dossiers dans lesquels des soupçons de conflits d'intérêt pesaient sur le bourgmestre Robert Denis (MR). Elle a conclu à un problème dans l'un d'eux: l'achat d'un bâtiment pour la zone de police. Selon l'administration, le bourgmestre n'aurait pas dû prendre part à la délibération du conseil communal qui a décidé cet achat. Le bâtiment acquis par la commune appartenait à la société SCI dans laquelle le fils de Denis est associé à concurrence d'un tiers des parts.

En raison de l'ancienneté de la décision, il ne servait plus à rien de l'annuler. M. Courard a donc transmis le dossier à son collègue de l'Intérieur Patrick Dewael. Jusqu'au 1 éme r janvier 2007, la compétence disciplinaire sur les bourgmestres appartient encore au pouvoir fédéral.

© La Libre Belgique 2006