Belgique Le socialiste dénonce une "intoxication" d’un certain islam rigoriste.

Le ministre-Président bruxellois persiste. Il entend faire refluer l’influence d’un certain islam intolérant. Après les attentats de Paris, en novembre, Rudi Vervoort avait émis des propos très critiques sur l’influence de l’Arabie Saoudite auprès des musulmans bruxellois. Cette position tranchée lui avait valu des reproches, tant au sein du Parti socialiste que dans les milieux issus de l’immigration marocaine ou turque. Deux mois plus tard, Vervoort maintient. "Il n’y a qu’un seul message qui a droit de cité à Bruxelles. Nos populations sont intoxiquées", a-t-il déploré lors de ses vœux à la presse, ce mardi après-midi. Le ministre-Président a vivement regretté l’organisation, dans la capitale, d’une Foire musulmane "financée par l’Arabie Saoudite". Il s’est aussi interrogé : "Y a-t-il une frontière entre le wahhabisme de piété et un islamisme de combat ? Dans les deux cas, c’est un discours qui déshumanise l’autre."

Ces déclarations interviennent cinq jours après que le comédien Ismaël Saïdi a annoncé son retrait d’une campagne de lutte contre le radicalisme à laquelle il devait participer, avec l’appui de la Région bruxelloise. Deux députés Défi (ex-FDF), Emmanuel De Bock et Bernard Clerfayt, avaient émis des doutes sur le financement de l’opération. Le metteur en scène de la pièce "Djihad" aurait par ailleurs reçu des menaces en raison de son approche historique de l’islam, s’écartant des lectures littéralistes du Coran.

En dépit du retrait d’Ismaël Saïdi, Rudi Vervoort a annoncé mardi que la Région poursuivra bien son projet de lutte contre le radicalisme. Celui-ci passera notamment par la diffusion de capsules vidéo, "pour combattre et défier les djihadistes sur leur terrain, les réseaux sociaux".

Chaussée de Haecht

Le ministre-Président est revenu sur la gestion passée de Philippe Moureaux, bourgmestre emblématique de Molenbeek de 1992 à 2012. "On lui a fait un procès quasi inquisitoire", a-t-il estimé, tout en admettant des torts collectifs. "Y a-t-il un mea culpa à faire ? Oui", a-t-il reconnu sans détour. D’après Vervoort, les décideurs politiques se sont accommodés de la montée en puissance d’un islam rigoriste. "Pas de drogues, pas de troubles… Ces gens promettaient la paix sociale. Résultat : il y a eu un recul de l’Etat. Et aujourd’hui, on voit une régression dans nos quartiers. Allez trouver un restaurant où on sert encore de l’alcool chaussée de Haecht, à Schaerbeek…"

"Il y a un peu une chape de plomb qui pèse sur la communauté musulmane", dénonce Rudi Vervoort. Il entend dès lors contribuer à "libérer les musulmans de Belgique des ingérences étrangères", à commencer par l’Arabie Saoudite.