Belgique

Évocation

Jacques Danois n'est plus. C'était un journaliste exceptionnel et un très grand monsieur. Le jubilé de l'Expo 58, où il avait travaillé pour la télé américaine, nous avait permis de le rencontrer une première mais, hélas, ultime fois, l'hiver dernier à Paris, à l'hôtel Lutetia, qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, abrita l'Abwehr allemande avant de devenir le lieu où se retrouvèrent les anciens déportés français de retour des camps de concentration. Nous avions évoqué ce passé douloureux mais Danois, qui vivait dans le Midi de la France, s'était surtout inquiété de l'évolution de la Belgique. Un pays qu'il adorait toujours mais dont il ne comprenait plus "la folle évolution communautaire" , car, disait-il, "la terre ne parle aucune langue, le vent ne siffle pas en flamand, le bruit du ruissellement des rivières est le même en français, en néerlandais ou en swahili" .

Cela l'avait amené à dire sa douleur face au droit du sol. Très attaché à son pays, où il vit le jour en septembre 1927, Jacques Maricq - c'était son vrai nom - fut après une formation artistique pris d'abord par la passion du journalisme qu'il exerça dans divers médias, travaillant surtout pour RTL, dont il devint un grand reporter et un correspondant de guerre. Il arpenta les champs de bataille d'Algérie, d'Afrique, du Proche-Orient et surtout du Vietnam, où il couvrit la guerre avec les Etats-Unis.

A Saigon, Jacques Danois fit connaissance avec l'Unicef. L'organisation des Nations unies pour l'enfance l'interpella au point de l'amener à s'investir dans cette organisation car il avait décidé de se mettre au service des enfants du tiers-monde "pour les préserver de l'ignorance et pour leur ouvrir les portes du savoir" . Il devint le responsable de l'information de l'Unicef à New York mais aussi en Asie et en Afrique.

Une autre manière d'exercer son métier car il écrivit de nombreux ouvrages et réalisa des films sur les problèmes de l'enfance. Retraité, Danois s'engagea dans l'Amade, l'Association mondiale des amis de l'enfance. Il en fut secrétaire général puis vice-président. En juillet, il s'était encore rendu à Monaco pour présider le festival de télévision. Adieu collègue, vous faisiez honneur à notre profession...