Jacques Simonet est mort

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Jacques Simonet est décédé jeudi matin des suites d'une embolie pulmonaire massive, a indiqué jeudi en fin de journée le Collège échevinal d'Anderlecht, s'appuyant sur des précisions apportées par l'hôpital Joseph Bracops où le bourgmestre d'Anderlecht avait été admis pour subir des examens.

Selon l'hôpital, cité par le Collège échevinal, Jacques Simonet a présenté "un arrêt cardio-respiratoire" jeudi matin, et, "malgré un traitement intensif et les mesures de réanimation, son état hémodynamique n'a pu être rétabli".

Le Collège a par ailleurs précisé que la population pourrait adresser ses témoignages de sympathie à l'intention du défunt dans le registre de condoléances ouvert vendredi matin à la Maison communale. Un hommage pourra lui être rendu samedi, le 16 juin, à partir de 9h30 dans la salle des Pas Perdus de la Maison communale. Le départ vers le cimetière aura lieu à 11 heures.

Agé de 43 ans, il était également chef du groupe MR au parlement bruxellois depuis les dernières élections régionales de 2004.

Quelques mois auparavant, il avait été amené à remplacer au pied levé Daniel Ducarme, contraint à démissionner à la suite de démêlés avec le fisc.

Il s'était lancé sans ménager ses efforts dans la campagne électorale pour tenter de réduire l'écart qui séparait, dans les sondages, le MR du PS emmené par Charles Picqué. Le PS l'avait emporté de justesse.

Durant la campagne pour les régionales, il avait été hospitalisé, victime d'un malaise. Mais depuis, il n'avait jamais renoncé à son engagement. Durant la campagne pour les élections communales d'octobre dernier, il avait une nouvelle fois été victime d'un malaise et hospitalisé pour une embolie pulmonaire. Il remporta ensuite les élections dans sa commune dont il fut réélu bourgmestre.

Mais sa carrière politique qu'il avait entamée très jeune dans le sillage de son père, le ministre d'Etat Henri Simonet, laisse aussi sur son passage un sillon au parlement et au gouvernement fédéral où il fut secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.

Dimanche dernier, il poussait la liste des suppléants sur la liste du MR dans l'arrondissement de BHV pour le scrutin fédéral de dimanche dernier. Il avait décroché près de 20.000 voix. Licencié en droit, Jacques Simonet était marié et père de deux enfants âgés de 9 et 15 ans. Les premières réactions recueillies dans le monde politique bruxellois témoignent d'un grand choc à la suite de la perte, même pour ses principaux adversaires, d'un ami reconnu pour sa combativité, sa loyauté, mais aussi son sens inégalé de l'humour et du second degré.

Les séances des Commissions des Affaires intérieures et de l'Aménagement du Territoire ont été levées, jeudi, en début d'après-midi. La Commission des Affaires intérieures avait notamment à son ordre du jour une interpellation de Jacques Simonet au ministre-président Charles Picqué au sujet des contrats de sécurité et de prévention ainsi que l'une ou l'autre proposition d'ordonnance qu'il défendait depuis les rangs de l'opposition. La séance plénière du parlement régional prévue vendredi est maintenue à l'agenda, mais elle commencera à 9h30 par un hommage de l'assemblée bruxelloise au chef du groupe MR.


Réactions

Comme le bureau de la fédération bruxelloise du PS qu'il préside, le socialiste Philippe Moureaux a lui aussi salué "l'adversaire de qualité et d'intelligence" que fut Jacques Simonet, décédé inopinément jeudi matin.

Celui que le bourgmestre d'Anderlecht considérait souvent comme son "meileur ennemi politique" a tenu à souligner surtout "le lien affectif qui le liait à quelqu'un qu'il a connu sur les genoux de son papa".

Pour Philippe Moureaux, "la vie est d'autant plus injuste que cet homme brillant pouvait espérer un bel avenir après le succès de son parti aux dernières élections".

Pour le ministre cdH Benoît Cerexhe, Jacques Simonet n'était pas seulement un parlementaire d'une grande intelligence et un chef de l'opposition redouté et respecté.

Il était un homme politique, "au sens le plus noble du terme, au service de ses concitoyens, de l'Etat, de la Région bruxelloise et de sa commune d'Anderlecht".

Mais c'était aussi un ami depuis leur première rencontre durant leurs études d'avocats alors qu'ils avaient pourtant été désignés comme adversaires lors de leur examen de plaidoirie de fin de stage, a insisté le ministre cdH.

Le ministre des Finances, Guy Vanhengel (Open-VLD), a dit perdre un "ami politique", bien trop jeune, mais aussi un homme qui a pesé sur la vie politique tant au sein de son parti, le MR, que dans la commune d'Anderlecht, et à la Région bruxelloise.

La ministre de l'Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo), a rappelé de son côté que sa naissance politique avait coïncidé avec celles de Jacques Simonet et de la Région bruxelloise en 1989.

"Nous ne nous sommes jamais quittés depuis lors. Nous nous sommes souvent opposés, mais j'ai toujours apprécié l'homme, attachant, sensible et correct". La ministre écologiste a également souligné le courage de celui qui a toujours privilégié les intérêts de son propre parti aux siens lorsque sa formation était en difficulté, comme en 2004, après la démission de Daniel Ducarme de la présidence du gouvernement bruxellois.

De son côté, le président du parlement francophone bruxellois, Christos Doulkeridis, a lui aussi salué la "ferveur" avec laquelle Jacques Simonet, comme l'ex-secrétaire d'Etat libéral Eric André, décédé il y a près de deux ans, défendait Bruxelles, ses communes et ses citoyens.

Il a également souligné que la mort d'un homme politique aussi jeune donnait à réfléchir "à la pression qui peut parfois être subie au-delà de toute mesure".

De son côté, Didier Gosuin, qui dirigeait jusqu'à présent le groupe MR du parlement régional aux côtés de Jacques Simonet depuis 2004, considère que son "compagnon de route" était un "élément central dans la Région bruxelloise, doté d'un talent ayant déjà produit des résultats politiques considérables".

Au-delà du drame personnel pour l'homme, sa famille et ses enfants, il s'en souvient comme aussi comme quelqu'un qui avait la capacité de "décrisper les situations tendues par son humour".

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