Belgique

A la suite du meurtre d'un policier en exercice dans la nuit de samedi à dimanche à Spa, abattu par un passager d'une voiture qu'il souhaitait contrôler, le SNPS a réagi dimanche et lundi avec émotion, constatant aussi que "quelque chose doit changer" dans l'approche des violences envers les policiers.

Le Syndicat national du personnel de police et de sécurité débutait dimanche une brève communication sur son site internet par ce triste constat: "Jamais jusqu'ici notre société n'a dû faire face à autant de violence a l'encontre des policiers". Plus loin, on pouvait lire: "Solidaires, nous le serons pour faire comprendre à nos faiseurs de lois que cette problématique doit être LA priorité face à ces trop nombreuses agressions et que les femmes et les hommes qui exercent le métier de policier méritent bien plus que du respect".

"Quelque chose doit changer", développe lundi Carlo Medo, président du syndicat. "Il faut qu'il soit établi que l'on ne peut pas toucher à un policier, et cette loi doit être appliquée", résume-t-il, rejoignant dans cet appel d'autres voix syndicales, comme celles du SLFP Police qui demande des sanctions plus sévères pour les auteurs de violences. "De la part du politique, il y a souvent des promesses, de davantage sanctionner les auteurs pour mieux protéger les policiers, mais dans la pratique nous n'en voyons pas grand-chose", renchérit Carlo Meldo.

Du côté du SNPS, on souligne que les évènements de Spa sont un drame, mais que des violences plus "banales" sont vécues par les agents de manière quotidienne. "Toute l'année on est un peu brimé, puis quand il se passe un évènement tragique on pense à nous", confirme Frédéric Fortunato, délégué permanent SNPS Bruxelles. "Il y a beaucoup de policiers blessés, beaucoup de policiers psychologiquement atteints et usés, le tout avec une politique de restriction permanente. Cela pose problème", constate-t-il. Les policiers "ont énormément de problèmes à faire leur travail: c'est un métier de plus en plus dangereux alors qu'ils ont de moins en moins de moyens".

Les évènements du week-end "mettent en évidence quelque chose, mais l'évènement est bien trop tragique" que pour en faire une "récupération" sous forme d'appel au politique, estime dans un premier temps Frédéric Fortunato. "On se concentre sur comment aider les familles, les collègues... Puis nous appellerons le gouvernement à venir autour de la table, avec plus de respect pour les policiers et une manière tout à fait différente de voir la négociation".