Belgique

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon a évoqué dimanche sur une chaîne néerlandaise la possibilité que les autorités aient sous-estimé le soutien dont semblent bénéficier les terroristes au sein de la communauté musulmane à Bruxelles et aux alentours, dans le cadre de la recherche de Salah Abdeslam, l'un des principaux suspects des attentats de Paris.

"Je pense qu'il doit y avoir, dans la communauté musulmane dans et autour de Bruxelles, un certain soutien; pouvoir rester caché si longtemps, ce n'est pas possible si l'on est tout à fait isolé", a déclaré M. Jambon (N-VA) dans l'émission Buitenhof de la télévision publique néerlandaise (NPO1).

"Le soutien reçu de l'intérieur de la communauté est peut-être bien un peu plus important que ce que nous avions estimé jusqu'à présent", a indiqué M. Jambon à propos du suspect, en cavale depuis plus de deux mois.


Maingain s'inquiète des capacités de la Belgique, pays hôte des institutions européennes

Le président de DéFi, Olivier Maingain, s'est dit favorable dimanche à un inventaire par l'Union européenne des capacités des Etats-membres à faire face aux dangers liés au terrorisme international. Il s'inquiète de celles de la Belgique, pays hôte des institutions de l'UE, dont le gouvernement a réduit les moyens consacrés au renforcement par la police fédérale de la sécurité dans la capitale. Concluant le premier congrès doctrinal de DéFi consacré notamment aux fonctions régaliennes de l'état, M. Maingain a aussi déploré la réduction des moyens consacrés à la Sûreté de l'Etat. Il a plaidé pour le maintien d'un rôle central dévolu à une justice indépendante dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

"Soucieux du respect des libertés fondamentales et de la démocratie, DéFI ne soutiendra pas une révision de la Constitution qui prolongerait le délai de garde à vue au-delà de 24 heures sans décision d'un juge d'instruction. Il est d'ailleurs remarquable d'entendre le Procureur fédéral chargé de la lutte contre le terrorisme déclarer au parlement qu'il préférerait un renfort en magistrats pour assumer les missions de son office, plutôt qu'une extension du délai de garde à vue", a-t-il dit à ce sujet.

Pour le président de DéFI, c'est avant tout la capacité opérationnelle des services de police et de la justice qui mettra à néant les visées terroristes.

Or, le budget de la Sûreté de l'état - à laquelle il manque 120 agents, selon ses responsables - a diminué de 15% en deux ans; la police fédérale, en manque de moyens, a dû demander certains équipements à son homologue française pour intervenir à Verviers le 15 janvier 2015, et aux zones de police bruxelloises dans des opérations de maintien de l'ordre.

S'attachant à démonter ce qu'il considère comme les effets d'annonce du gouvernement fédéral "MR-NVA" en matière de lutte contre le terrorisme, M. Maingain a encore dénoncé le démantèlement progressif de la réserve de police fédérale chargé du maintien de l'ordre dans la capitale de l'Europe, et qui ne compte plus que 166 membres pour 1.200 il y a dix ans.

"Alors, je dis aux ministres N-VA, rejoints par quelques ministres MR devenus anti-bruxellois par réflexe primaire contre les majorités locales ou régionales qui leur échappent: faire la leçon aux bourgmestres bruxellois et plus encore aux services de police à Bruxelles, c'est faire preuve d'un tel mépris pour le dévouement sans relâche des femmes et des hommes qui sont au service de la population, que cela en devient écœurant", a-t-il commenté.