Belgique

La Sûreté de l'Etat devrait avoir plus d'informateurs dans les milieux d'islam radical en Belgique, a estimé mercredi le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) sur les ondes de Radio 1, dans la foulée des attentats survenus la semaine dernière en Catalogne. Il souhaite également rendre plus difficile la location de voitures et de camionnettes. L'enquête sur les attentats à Barcelone et Cambrils a révélé que l'imam Abdelbaki Es Satty, cerveau des attaques, aurait séjourné quelques temps en Belgique l'an dernier et y serait retourné à plusieurs reprises après son départ. La communauté musulmane de Vilvorde et Diegem a même demandé à la police d'enquêter sur lui lorsqu'il était sur le territoire belge. Le ministre plaide dès lors pour disposer de plus d'informateurs au sein des milieux extrémistes, principalement dans ceux où sévit un salafisme violent.

"Nous devons passer à la vitesse supérieure concernant notre position d'informations au sein des milieux d'islam radical. C'est l'un des enseignements", a précisé Jan Jambon. Le ministre a par ailleurs confirmé avec certitude qu'Es Satty avait été en Belgique, "avec des papiers de séjour et un permis de conduire espagnols". Sur base des informations dont elle disposait, la Belgique n'avait vraisemblablement aucune raison de lui refuser l'accès au territoire, et il n'a pas été confirmé qu'il était effectivement ici dans l'idée de propager la haine.

Jan Jambon insiste sur l'importance d'un "signal de détection précoce". "La position d'informations dans les milieux d'islam radicalisé est aujourd'hui une donnée cruciale." Le ministre n'a toutefois pas pu détailler si l'information transmise aux services de police concernant Es Satty avait bien été traitée, ni ce qu'il en avait été fait.

Jan Jambon veut également améliorer la réglementation en matière de location de voitures. En Catalogne, mais aussi lors d'autres attentats, ce sont des voitures ou camionnettes louées qui ont servi à faucher des piétons. Avant qu'une personne puisse louer un véhicule, il devrait d'abord être examiné si celle-ci apparait sur une liste noire, souhaite le ministre.

Le N-VA a encore souligné qu'un tel système - semblable au PNR pour le trafic international ferroviaire et aérien - n'offrait pas 100% de protection contre les attentats. Par exemple, ce n'est pas forcément la personne qui loue la voiture qui commet l'attentat. "Il s'agit de resserrer l'étau tant que possible autour des suspects terroristes. Nous voulons leur rendre la tâche plus difficile de fonctionner normalement dans la vie économique et l'ordre social."

Le député nationaliste flamand Koen Metsu travaille justement, depuis un certain temps, à une proposition de loi qui a pour objectif d'assurer que les données de celui qui loue la voiture arrivent directement dans une banque de données où elles peuvent être comparées à celles des "listes noires". "Mais ce n'est pas si évident d'organiser le nouveau système de demain. La loi sur la protection de la vie privée doit être respectée", a-t-il indiqué à l'agence Belga. Si le système n'a pas encore définitivement abouti, il serait question d'élargir la plate-forme en ligne du secteur de la location et du leasing de voitures (Fines Management Services, FMS).