Belgique

Sky is the limit. Alors que la révélation par "La Libre" début juillet des montants astronomiques réclamés par Luc Van den Bossche (689 000 euros par an) pour demeurer président du Conseil d’administration de Brussels Airport ont conduit le socialiste flamand à déclarer qu’il jetterait l’éponge d’ici la fin de l’année et ne terminerait pas son mandat, la lumière commence à se faire sur le parcours rocambolesque qui a conduit jusqu’à de tels montants.

C’est en avril 2003 que Luc Van den Bossche - alors ministre au sein du gouvernement Verhofstadt - est recruté comme directeur de l’aéroport de Bruxelles (Biac). Une première convention est signée le 27 avril entre Van Den Bossche et Jean-Claude Marcourt. A cette époque, le socialiste est chef de cabinet de la ministre Laurette Onkelinx. Mais M. Marcourt est également un des représentants de l’Etat au sein du conseil d’administration de l’aéroport. Et dans le CA, il préside le comité de rémunération - un organe stratégique d’où il tient les cordons de la bourse. C’est donc Jean-Claude Marcourt qui avalise l’enveloppe qui sera accordée à Luc Van den Bossche (SP.A) : 237 000 euros annuels bruts plus 140 000 euros annuels de bonus. En outre, est-il stipulé dans ce premier contrat, les frais (chauffeurs, etc.) sont à charge de la société (Biac). Cette convention est passée par Luc Van den Bossche en tant que personne physique, Jean-Claude Marcourt, mais aussi Etienne Davignon. A cette époque, le vicomte est en effet le chef de file des actionnaires privés de Biac.

Le 29 décembre 2004, une nouvelle convention portant les mêmes montants est signée alors que Luc Van den Bossche devient président du Conseil d’administration en 2005. Cette fois, c’est un autre haut responsable du PS qui paraphe le document avec le socialiste flamand : Olivier Vanderijst. Ce dernier est le chef de cabinet de Laurette Onkelinx : il a remplacé Jean-Claude Marcourt parti vers le gouvernement wallon au CA de l’aéroport et gère lui aussi le comité de rémunération. Aujourd’hui, Olivier Vanderijst préside le comité de direction de la SRIW (Société régionale d’investissement de Wallonie) - un organe wallon sous tutelle du ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt. C’est donc M. Vanderijst qui signe cette nouvelle convention d’un peu moins de 400 000 euros par an - une somme équivalente à celle que perçoit en 2010 Jean-Luc Dehaene comme président du Conseil d’administration de Dexia. En mai 2007, Luc Van den Bossche resigne une convention qui court jusqu’en mai 2011.

On sait ce qu’il est advenu ensuite. Luc Van den Bossche demande dans une nouvelle proposition de convention à pouvoir être payé en société - afin d’éviter l’IPP. Cette proposition de convention proposée aux administrateurs porte sur un montant de 689 000 euros annuels bruts soit 549 000 euros et une partie variable de 140 000 euros par an mais englobe les frais (chauffeurs, etc.). L’indignation face à de tels montants dans une société où l’Etat est actionnaire (à hauteur de 25 %) est générale. "Ces niveaux de rémunération sont scandaleux !" , s’est par exemple scandalisé le député socialiste Olivier Henry il y a 10 jours.

Luc Van den Bossche n’a, à ce stade, toujours pas remis sa démission au CA de l’aéroport - ni à l’actionnaire privé ni à l’Etat belge (actionnaire de Brussels Airport). Mais on sait désormais que c’est pour se diriger vers le gestionnaire flamand Optima qu’il quittera son fauteuil à l’aéroport.