Belgique "Nos programmes correspondent à 90 pc et je cherche toujours les 10 autres pourcent", a dit jeudi Jean-Marie Dedecker lors d'une conférence de presse commune avec le président de la N-VA, Bart De Wever, au cours de laquelle il a commenté le fait qu'il a rallié cette formation née de l'implosion de la Volksunie. Selon Bart De Wever aucune promesse n'a été faite au nouvel adhérent. Les premiers pas en vue du passage de M. Dedecker à la N-VA ont été posés pendant les vacances de Toussaint. Il est alors apparu que le sénateur ex-VLD et la N-VA étaient très proches. Les choses ont ensuite été testées dans les instance du parti, a commenté M. De Wever. Selon lui, l'adhésion de M. Dedecker est largement soutenue au sein de son parti.

Jean-Marie Dedecker a pour sa part dit qu'il avait l'impression d'arriver chez lui. Pour lui, la N-VA est un parti honnête, avec un profil clair et qui fait ce qu'il dit. Sa décision est aussi motivée parce qu'il est d'avis que "le centre droit en Flandre est déjà suffisamment divisé".

Quant à la réaction du CD&V, M. De Wever a reconnu qu'en raison des circonstances, le partenaire de cartel a été prévenu très tard. "Nous allons entamer la discussion et je suis persuadé que dans les prochains jours, les choses s'arangeront", a-t-il ajouté. Il a insisté sur le renforcement que représentait la venue de Jean-Marie Dedecker pour la N-VA et donc pour l'ensemble du cartel.

Le ministre Geert Bourgeois a pour sa part insisté sur le fait que Jean-Marie Dedecker a opté pour la N-VA en fonction de son programme. Il a souligné que le VLD l'avait éjecté parce qu'il le considérait comme un trublion. M. Bourgeois ne croit pas que M. Dedecker jouera ce rôle au sein de la N-VA. "Il ne sera pas le pou dans notre fourure", a-t-il dit. Enfin, M. Bourgeois a aussi souligné que la N-VA ne devait pas demander l'autorisation à son partenaire de cartel, le CD&V, d'accueillir un nouveau membre.

"En recupérant le populiste Jean-Marie De Decker, la N-VA confirme de façon incontestable son virage à droite", a souligné pour sa part Geert Lambert, président de Spirit, l'autre formation née de l'implosion de la Volksunie. M. Lambert a rappelé les propositions "ultra-droitières" que formulait M. De Decker dans son livre "Recht voor de raap", notamment celle d'une collaboration avec le Vlaams Belang.

Le président de Spirit espère que cette préférence à droite du cartel CD&V/N-VA fera réfléchir les courants progressistes au sein du CD&V, en particulier l'ACW (équivalent du MOC). "L'alliance des forces de droite doit pousser les progressistes à joindre leurs forces pour éviter à notre société de se déssècher et de se scléroser", a-t-il dit.