Belgique

A force de tirer sur l'élastique, il se casse... Jean-Marie Dedecker, le bouillant sénateur ostendais devrait méditer cette métaphore sportive. Jusqu'ici, la direction du VLD avait toujours hésité à se séparer d'un incontestable faiseur de voix mais ses dernières sorties, au lendemain des élections communales ont dépassé les limites aux yeux de Bart Somers. A tel point qu'une procédure d'exclusion était lancée à son encontre, mercredi soir, lors d'une réunion exceptionnelle du bureau du parti.

Les derniers reproches faits à l'ex-entraîneur de judo ? Avant les élections communales, Dedecker n'a cessé de souffler le chaud et le froid. D'abord quant à sa participation au scrutin. Jusqu'à la dernière minute, il a laissé planer le doute mais depuis dimanche soir, c'est son manque total d'esprit d'équipe qui a amené la section locale du VLD puis le national à réclamer son éviction. Avec près de 3 000 voix de préférence, soit près de la moitié des suffrages du VLD, Jean-Marie Dedecker a cru pouvoir contester les prises de positions de l'autre parlementaire libéral d'Ostende, Bart Tommelein, ancien porte-parole de Patrick Dewael et donc beaucoup plus proche que lui des "huiles" de la rue Melsens. Mais Dedecker dans la foulée s'en est aussi pris à Johan Vande Lanotte, tête de file des socialistes osten-dais. Bref, il a de la sorte compliqué aussi la concrétisation d'une majorité communale entre les deux formations. En fait, voilà deux gouttelettes qui ont définitivement fait déborder un vase déjà bien rempli.

Pourtant, en juin 1999, l'ancien entraîneur de l'équipe nationale de judo avait été accueilli comme un sauveur pour pousser la liste du Sénat. Avec 52 492 voix, il entrait à la Haute assemblée où il choqua d'emblée les bien-pensants avec sa profession de foi républicaine et indépendantiste. Mais le VLD lui pardonna ses écarts et en 2003, il obtenait 65 105 voix avant d'être élu un an plus tard au Vlaams parlement. De quoi l'inciter à défier Bart Somers en personne aux élections présidentielles. Un calcul nullement audacieux : Dedecker décrochait 38,5 pc des voix alors que le nouveau président calait à 50,5 pc.

Depuis lors, il fut souvent utilisé comme "électron libre" à qui l'on permettait de jouer les francs-tireurs, testant même certaines petites idées face aux autres partis de la majorité. Reste que sa volonté de mettre fin au cordon sanitaire fut accueillie très froidement par les barons du parti, Karel De Gucht en tête. La dispute fut largement étalée lors d'un congrès du VLD. Jean-Marie Dedecker n'en fut pas à un coup médiatique près : il introduisit un journaliste de VTM dans la cellule de Dutroux et tout récemment encore, il s'en prenait aux cyclistes belges, accusés de recourir à des matières interdites.

Et demain ? Il ne devrait pas rejoindre le Vlaams Belang mais plutôt le Vlott de son "ami" Hugo Coveliers. Ce dernier était déjà en cartel aux communales avec les néofascistes flamands...

© La Libre Belgique 2006