Belgique

La cour d'assises de la province de Luxembourg a entendu jeudi matin la psychiatre et le psychologue mandatés par le juge d'instruction pour réaliser l'examen psychiatrique et psychologique de Jérémy Pierson, accusé notamment de l'enlèvement, la séquestration, le viol et l'assassinat de la jeune Béatrice Berlaimont. La psychiatre a évoqué d'emblée des entretiens "très difficiles" avec un homme peu loquace. "C'est une personne qui ne dégage aucun affect et n'exprime aucune émotion dans le verbal et le non-verbal. Il est très froid. Il est poli mais il ne dégage rien d'un point de vue émotionnel: pas de culpabilité, pas de honte, pas de remords".

Etant donné l'absence d'émotions et les nombreux antécédents judiciaires de l'accusé, la psychiatre estime avoir affaire à "une personnalité de type psychopathique, c'est à dire qui traverse la vie sans prendre en considération la loi et sur laquelle la loi n'a pas d'impact".

La psychiatre estime par contre que Jérémy Pierson ne présente pas de trouble mental susceptible d'entraîner une absence de responsabilité. "Il a des capacités intellectuelles tirant vers la limite inférieure mais il est conscient de ses actes et de ce qu'il fait".

Le psychologue, qui a soumis Jérémy Pierson à une série de tests, a confirmé qu'il s'en dégageait "une personnalité avec des traits psychopathiques". Selon le psychologue, la personnalité de l'accusé s'est développée au départ d'une "blessure narcissique" et fonctionne de manière impulsive et "sur la défensive", particulièrement à l'égard de "l'identité féminine".

Le psychologue s'est également étonné de l'absence d'émotions de l'accusé, notamment par rapport à son incarcération. "On pouvait s'attendre à quelqu'un d'abattu. Or, on a quelqu'un de très peu loquace et qui manifeste très peu d'émotions".

Interrogée sur l'utilité éventuelle d'une thérapie, la psychiatre a exprimé de nettes réserves. "La personne n'exprime pas de remords, n'exprime rien, ne montre pas de culpabilité... Dans un cas comme ça, c'est illusoire".