Belgique

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Joëlle Milquet et Annemie Turtelboom, ont rappelé lundi que l'action d'envergure menée lundi contre des milieux islamistes et qui a conduit à l'arrestation de 5 personnes fait partie d'une "stratégie collective".

"Depuis le début, Joëlle Milquet et Annemie Turtelboom font de la lutte contre le radicalisme violent et le terrorisme leur priorité. Au-delà de toutes les mesures déjà prises, l'opération d'envergure menée ce matin fait partie de la stratégie collective mise en oeuvre en la matière, en collaboration étroite avec tous les services qui suivent la situation de près, gèrent les dossiers dans la discrétion et collaborent étroitement. Les ministres tiennent vivement à les remercier et entendent poursuivre, plus que jamais, toutes leurs actions, avec fermeté", ont-elles déclaré dans un communiqué commun.

La section anti-terrorisme de la police judiciaire fédérale a arrêté cinq personnes et mené sept perquisitions lundi matin dans plusieurs communes de l'arrondissement de Bruxelles ainsi qu'à Londerzeel (Brabant flamand), a indiqué le parquet fédéral dans un communiqué. L'enquête concerne la problématique des jeunes Belges qui partent en Syrie pour y mener le jihad armé.

La police judiciaire fédérale de Bruxelles avait ouvert une enquête au mois d'avril dernier, à la suite de la disparition de deux mineurs d'âge inscrits dans la même école à Schaerbeek. Les deux garçons fréquentaient également l'association "le Resto du Tawhid", fondée par Jean-Louis Denis et destinée à distribuer de la nourriture aux plus démunis.

Le mineur d'âge arrêté lundi libéré sous conditions

Le jeune homme mineur qui fait partie des cinq personnes arrêtées lundi matin par la section anti-terrorisme de la police judiciaire fédérale dans le cadre de l'enquête sur le recrutement de jeunes Belges pour aller combattre en Syrie a été libéré sous conditions par le juge de la jeunesse de Bruxelles. La parquet de Bruxelles avait demandé qu'il soit placé dans une institution fermée. Il sera placé dès qu'une place se libère. Deux des quatre autres personnes arrêtées lundi ont été placées sous mandat d'arrêt. La police judiciaire fédérale avait ouvert une enquête au sujet de Jean-Louis Denis, dit "Le Soumis", au mois d'avril dernier, à la suite de la disparition de deux mineurs d'âge inscrits dans la même école à Schaerbeek. Les deux garçons fréquentaient l'association "le Resto du Tawhid", fondée par Jean-Louis Denis et destinée à distribuer de la nourriture aux plus démunis. L'enquête a révélé que l'homme, un ancien membre de Sharia4Belgium, jouait un rôle prépondérant dans le recrutement de jeunes, y compris mineurs, qu'il encourageait à partir en Syrie afin d'y mener le jihad armé. Des proches de Jean-Louis Denis seraient également impliqués dans l'aspect logistique des départs vers la Syrie.

La section anti-terrorisme de la police judiciaire fédérale a arrêté cinq personnes et mené sept perquisitions lundi matin dans plusieurs communes de l'arrondissement de Bruxelles ainsi qu'à Londerzeel (Brabant flamand). Des documents, des GSM et du matériel informatique ont été saisis lors des perquisitions.

Un jeune de Vilvorde tué en Syrie

Cette annonce intervient alors qu'un jeune homme de 19 ans, originaire de Vilvorde, est mort en Syrie dimanche, a confirmé le bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, qui a eu des contacts avec les parents. Il avait été enrôlé dans le courant de l'été. Le jeune homme n'aurait pas combattu aux côtés des rebelles mais aurait été intégré dans un groupe ayant des liens avec Al-Qaida. Le Belge est décédé lors d'un combat et a probablement été tué par les rebelles qui luttent contre le régime de Bachar el-Assad. "Il est de plus en plus certains que les Flamands qui partent combattre en Syrie ne combattent pas aux côtés des rebelles, mais avec des organisations liées à Al-Qaida", explique Hans Bonte. "Les rebelles se tournent de plus en plus contre ces milices, formées principalement avec des jeunes d'Europe occidentale."

La victime, décédée dimanche, était partie en août en Syrie. "Ce jeune a grandi dans une famille musulmane moderne et ouverte d'esprit", indique Hans Bonte. "C'était un bon élève et ses parents ne se sont pas rendus compte qu'il se radicalisait."

La famille a eu un contact avec son fils il y a quelques semaines. Elle a été informée dimanche, par des camarades du jeune homme, qu'il était décédé des suites de ses blessures au combat.