Belgique

Même si l’appellation officielle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) veut qu’on la dénomme Journée mondiale sans tabac, plutôt que Journée de lutte contre le tabac, c’est davantage cette seconde formule qui, en réalité, reflète la situation actuelle. Car en l’état, d’une journée, et a fortiori d’un monde sans tabac, on est encore bien loin. Même si la tendance paraît plutôt aller dans ce sens, à lire les chiffres - parfois divergents - dont on est systématiquement abreuvé à l’approche de cette date. Dès lors, qu’en retenir ?

Avant tout, le chiffre "qui tue" si l’on peut dire : avec près de 6 millions de décès par an, le tabagisme représente la deuxième cause de mortalité dans le monde et la première cause de décès évitable dans l’Union européenne avec 695 000 morts prématurées chaque année. En Belgique, on estime que le tabac est responsable de 18 600 décès annuels. Toujours dans notre pays, selon les sources, en 2010, le pourcentage de fumeurs dans la population variait de 18 %, d’après un rapport du Crioc (Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs) à 25 %, si l’on s’en réfère aux chiffres de l’Institut scientifique de santé publique.

Reste que, l’an dernier, on aurait assisté à une augmentation de 3 % du nombre de fumeurs, selon le Crioc. Autre fait inquiétant : les fumeurs sont d’autant plus nombreux proportionnellement qu’ils sont jeunes. Ainsi, alors que 46 % des jeunes Belges de 15 ans ont déjà fumé, le groupe des adolescents et des jeunes adultes de moins de 30 ans fume 10 % de plus que la moyenne. Dans le monde, chaque jour, près de 99 000 jeunes commencent à fumer

Et pourtant, certains chiffres indiquent que la situation pourrait évoluer favorablement. Interrogés sur un renforcement des mesures de lutte contre le tabac, 60 % des Européens se disent favorables. Par exemple en rendant les paquets de cigarettes moins visibles dans les magasins et moins attrayants en limitant le recours aux couleurs des paquets et aux arômes des cigarettes. Quant au prix, élément en principe dissuasif, une augmentation des taxes n’est approuvée que par 53 % des Européens consultés dans le cadre de cette étude publiée mercredi. Intitulée "Attitudes des Européens face au tabac", elle révèle qu’un fumeur européen consomme en moyenne 14,2 cigarettes par jour et qu’il a commencé à fumer à 17,6 ans.

Selon cette même source, 61 % des fumeurs actuels ont déjà tenté d’arrêter de fumer, dont une personne sur cinq au cours de l’année précédant l’enquête. En Belgique, interrogés sur leurs intentions, 16 % des fumeurs se disent déterminés à arrêter dans les mois à venir, 35 % envisagent cette possibilité tandis que 49 % n’en ont pas la moindre intention. C’est entre 40 et 64 ans, que la motivation pour arrêter de fumer est la plus importante, d’après l’enquête du Crioc, alors que les jeunes fumeurs jusqu’à l’âge de 29 ans envisagent moins d’arrêter. Par rapport aux chiffres de 2010, la volonté d’arrêter de fumer est similaire, si ce n’est, malheureusement, parmi les adolescents et le groupe d’âge jusqu’à 29 ans : ceux-là songent aujourd’hui nettement moins à arrêter de fumer

Du côté du service Tabacstop, de plus en plus sollicité, les chiffres semblent, en revanche, plutôt encourageants puisque, en 2011, quelque 22 240 contacts avaient été pris avec le 0800.111.00, soit 75 % de plus qu’en 2010. Un succès que ce service gratuit d’information sur le tabac, la dépendance ou l’aide au sevrage explique par les campagnes télévisées répétées ainsi que les mentions obligatoires de Tabacstop sur les paquets de cigarettes. La Belgique fut en effet le premier pays de l’Union européenne à imposer cette mention sur les emballages.

Autre donnée plutôt positive, les chiffres récents du SPF Finances, selon lesquels les ventes de cigarettes (-12 %) et de tabac à rouler (-8 %) ont clairement diminué.

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