Belgique

La Police judiciaire fédérale (PJF) de Bruxelles a démantelé ce qui semble être une bande de trafiquants d’êtres humains de nationalité soudanaise. La bande recrutait ses victimes dans le parc Maximilien et tentait de les passer clandestinement de la Belgique vers le Royaume-Uni.

Ce dimanche matin, une cinquantaine d’enquêteurs a fait irruption à quelques adresses où les trafiquants présumés résidaient. Lors de cette intervention, neuf suspects ont été privés de leur liberté et une dixième personne a été arrêtée pour des faits de rébellion. À deux adresses, les enquêteurs ont trouvé respectivement 2 et 6 personnes en séjour illégal. Il s’agit probablement de victimes en attente d’un transport imminent, annonce le parquet de Bruxelles. Les personnes concernées ont été remises à l’Office des étrangers.

Opération Méduse

L’enquête a débuté le 23 juillet lorsque la police a arrêté quelques personnes en séjour illégal lors d’une opération policière ciblée dans le parc Maximilien et la gare de Bruxelles-Nord. Les vastes opérations dans le cadre de "l’opération Méduse" ont apporté des éléments complémentaires qui ont permis à l’enquête d’avancer.

Il ressort que le modus operandi est probablement le suivant : les victimes prendraient le train à la gare de Bruxelles-Nord jusqu’à Rochefort-Jemelle. De là, elles continueraient leur chemin à pied via des anciennes voies de chemin jusqu’au parking de Wanlin le long de la E411. Ce trajet est long d’environ 15 km.

D'après le parquet, pour l’organisation et l’exécution de leurs activités, les trafiquants auraient pu faire appel à des citoyens, qui auraient apporté en connaissance de cause l’aide nécessaire pour l’exécution des activités de trafic. Cette aide comportait principalement le logement et le transport entre autres des prétendus trafiquants d’êtres humains.

La bande cachait les victimes d’origine soudanaise ou érythréenne, souvent dans des conditions pénibles et dangereuses, dans des camions (parfois frigorifiques).

Les trafiquants auraient gagné entre 500 et 2500 euros par personne et passeraient une vingtaine de personnes par jour.

Sept hommes sous mandat d'arrêt

Des 10 personnes qui ont été privées de leur liberté, 9 ont été déférées devant le juge d’instruction. Sept ont ensuite été placées sous mandat d’arrêt. Il s’agit de 7 hommes inculpés comme auteur ou co-auteur de faits de trafic d’êtres humains dans le cadre d’une organisation criminelle.

Les 2 autres personnes ont été libérées par le juge d’instruction après audition. Elles n’ont pas été inculpées.

La 10e personne est une femme qui a été arrêtée pour des faits de rébellion a été remise en liberté après son audition.

La PJF n’exclut pas que d’autres arrestations vont suivre dans le cadre de l’enquête.