Koekelberg : un office perturbé

Christian Laporte Publié le - Mis à jour le

Belgique

L’

incident est rare à ce jour en Belgique mais il a ému des catholiques à en juger par les messages reçus à "La Libre". Le jeudi 24 juin, à l’occasion de la clôture de l’année sacerdotale, la basilique de Koekelberg avait accueilli la relique du cœur de saint Jean-Marie Vianney, le fameux Curé d’Ars.

Après une conférence du P. Karlo Tyberghien, le chapelain du sanctuaire d’Ars, était programmée une eucharistie solennelle qui devait être présidée par Mgr André-Joseph Léonard entouré pour la circonstance par 70 prêtres.

Les perquisitions menées ce jour-là à Malines ont fini par empêcher la présence de l’archevêque et celui-ci a donc dû être remplacé, au pied levé, par le nonce apostolique, Mgr Berloco. Après la messe, les prêtres ont vénéré la relique du cœur du saint avant de repartir en procession. La vénération s’était prolongée, dans la prière, jusqu’à minuit.

Une belle célébration donc mais on ignorait que son déroulement avait été perturbé au moment de la communion par un petit groupe de perturbateurs, cagoulés de noir.

Selon certains témoins, des préservatifs remplis de shampooing furent jetés à travers les bancs des fidèles, de la teinture rouge fut immergée dans un bénitier alors que des slogans hostiles à l’Eglise furent scandés.

Enfin un tract anonyme aux accents libertaires et anarchistes et au contenu virulemment anticlérical, visant surtout Mgr Léonard fut également jeté sur les participants. Un texte signé simplement "Au nom de moi-même".

Repoussés par les fidèles, les membres du commando ont quitté la basilique non sans lâcher deux alarmes suspendues à des ballons d’hélium qui se sont envolés vers les hauteurs du bâtiment.

Du côté de l’Eglise de Belgique, l’on précise qu’il n’y a pas eu de réaction après l’incident pour la bonne raison que sa hiérarchie se remettait encore de "l’opération Calice" menée à Malines quelques heures auparavant.

Comme Mgr Léonard semblait visé dans le tract, il n’y a sans doute pas de lien de cause à effet entre les deux événements. Et d’aucuns y verraient bien plus une blague d’étudiants-potaches fêtant la fin de l’année académique qu’une agression contre l’Eglise catholique. Il nous revient cependant que des chahuteurs s’étaient déjà présentés à la cathédrale de Bruxelles lors de la messe d’accueil de Mgr Léonard, fin janvier. La présence des forces de l’ordre avait cependant pu empêcher qu’ils mènent leur action.

De son côté, le P. Marc Leroy, responsable de l’unité pastorale qui comprend Koekelberg n’entend pas exagérer la portée de l’incident mais n’en insiste pas moins sur la liberté d’expression qui doit aussi pouvoir être celle de l’Eglise. "Il ne peut y avoir d’atteinte au droit des chrétiens à professer leur foi et la sécurité des responsables ecclésiaux doit, elle aussi, être assurée."

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