L'afflux d'étudiants français continue en Belgique

afp Publié le - Mis à jour le

Belgique

Les autorités belges envisagent de nouvelles mesures pour limiter le nombre d'étudiants français dans les filières paramédicales, comme l'orthophonie où ils représentent jusqu'à 90% des inscrits. L'afflux des Français est particulièrement fort cette année dans les cinq "hautes écoles" d'enseignement paramédical disposant d'une filière logopédie/orthophonie, où l'entrée n'est pas soumise à un concours, contrairement à la France.

Le plus concerné est Marie Haps, à Bruxelles, où 225 des 250 nouveaux inscrits sont Français, a indiqué à l'AFP Cathy Van Lil, responsable de la communication de cet établissement. "Les Français, qui ont davantage l'habitude de se battre pour leurs études supérieures, se sont présentés les premiers, dès l'ouverture des inscriptions à la fin juin", a-t-elle expliqué, en précisant que plus de 800 candidatures avaient été déposées en deux jours seulement.

La rentrée sera "franco-française" à Marie Haps, a titré mardi le quotidien La Libre Belgique, l'un des nombreux médias à s'inquiéter de cet afflux. "Nous n'avons rien contre les étudiants français, qui sont en général très bien préparés, mais il y a de ce fait très peu de places qui restent pour les Belges", souligne Cathy Van Lil. Le coût de ces études, évalué à 6.000 euros par an par élève, est supporté par les contribuables belges alors que la plupart des étudiants français retournent dans leur pays une fois leurs études terminées.

Face à ce phénomène, les autorités ont introduit ces dernières années des quotas pour limiter à 30% le nombre d'élèves "non-résidents" dans la médecine, le paramédical et la dentisterie, en mettant en avant le risque d'une pénurie de spécialistes dans le pays. La Cour européenne de justice a cependant levé en 2011 ces quotas dans six filières, dont l'orthophonie ou les sage-femmes, en estimant que ce risque n'était pas suffisamment justifié.

Le ministre de l'Enseignement supérieur de la communauté francophone de Belgique, Jean-Claude Marcourt, a récemment annoncé que les restrictions seraient de nouveau imposées à partir de la rentrée 2013. Un "système de tirage au sort" sera généralisé pour les étudiants "non-résidents" s'inscrivant en première année. En seront exemptés les étudiants non belges qui résident depuis plus de trois ans en Belgique.

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