Belgique

Ce mardi matin, à Liège, un individu répondant au nom de Benjamin Herman a donné des coups de couteau dans le dos de deux policières et s'est emparé de leurs armes avant de les tuer. Il a ensuite abattu un civil à bord d'une voiture.

Il a ensuite pris la fuite pour se réfugier dans une école. C'est là que le peloton anti-banditisme (PAB) de la Cité ardente l'a neutralisé de plusieurs balles.

Marginal et violent selon des prisonniers, il aurait multiplié les séjours en prison pour des faits de vols, de dégradations aux biens publics et de petits trafics de drogue.

L'individu pourrait s'être radicalisé en prison, un phénomène inquiétant en Belgique. Nos confrères de Paris Match signalent d'ailleurs qu'un coran et un tapis de prière ont été retrouvés dans la cellule de l'auteur de la fusillade. Ce qui tente à confirmer l’hypothèse selon laquelle il se serait rapproché de l’Islam en prison et, peut-être comme on le craint, de détenus radicalisés.

Radicalisé et fiché S

L'homme était connu comme étant radicalisé et était fiché à la Sûreté de l'Etat depuis 2017, lors de son passage à la prison de Lantin.

" J'avais vu qu'il s'était radicalisé, d'ailleurs il me disait qu'il était vraiment musulman" , explique Bruno, un codétenu rencontré par la RTBF, qui a connu Benjamin Herman à la prison de Marche-en-Famenne. " Il pratiquait le jeûne le lundi et le jeudi. Il ne mangeait pas, je le voyais ", ajoute-t-il. Et pourtant, Bruno affirme que la radicalisation de Benjamin Herman n'était pas connu de tous: " Il ne le disait pas . Même aux surveillants qui s'entendaient bien avec lui. Il ne le disait pas à tout le monde ".

L'homme ne comprend pas les actes de son ex-compagnon de cellule: " Ce n'était pas un mauvais garçon. S'il pouvait aider quelqu'un, il l'aidait. Quand je vois ce qu'il a fait, je ne comprends pas . Il était déjà sorti en permission, il avait déjà eu des congés. Et chaque fois, ça se passait mal ".


"Ces sorties se sont toujours bien déroulées", affirme Koen Geens

L'auteur était détenu depuis 2003 et il devait achever sa peine en 2020 à la prison de Marche-en-Famenne. "Il a bénéficié d'autorisations de sortie et de congés pénitentiaires pour préparer sa réinsertion mais n'a jamais été libéré sous condition par le tribunal de l'application des peines", a insisté le ministre de la Justice, Koen Geens.

Originaire de Rochefort et âgé de 31 ans, le jeune homme se trouvait en congé pénitentiaire pour deux jours. Il devait réintégrer la prison ce mardi. Il aurait été emprisonné pour des faits de droit commun.

Selon le ministre Koen Geens, l'homme avait déjà bénéficié de 11 autorisations de sortie d'un jour et de 13 congés pénitentiaires de deux jours qui s'étaient bien déroulés. "Il était donc difficile de prévoir que cela se passerait mal à la 14e fois", a-t-il affirmé mardi à son arrivée au Conseil National de Sécurité.


Le nom de l'auteur était apparu de manière indirecte dans trois dossiers

Le nom de l'auteur de l'attaque était apparu précédemment dans deux rapports de la Sûreté de l'Etat et un de la police, mais de manière indirecte, a indiqué le Premier ministre Charles Michel mardi soir, à l'issue d'une réunion du Conseil National de Sécurité. Les dossiers dans lesquels le nom Benjamin Herman est apparu "visaient d'autres personnes et d'autres situations", a précisé M. Michel. "Sur base des éléments récoltés, les services ont considéré qu'il ne fallait pas donner de qualification à l'auteur", qui ne figurait par ailleurs pas dans la base de données de l'Ocam.

L'attaque n'a pour l'instant pas été revendiquée par l'Etat islamique, a ajouté le Premier ministre.