Belgique Union européenne Wallons et Bruxellois adopteront une résolution citoyenne sur l’UE

Quelle Europe pour demain ? Cela fait un moment, surtout depuis la victoire du Brexit au référendum britannique du 23 juin dernier, que cette question travaille les leaders des Etats membres de l’Union. Mais le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FW-B) a décidé de chercher des réponses du côté de ses citoyens, pris lui aussi par la fièvre européenne qui s’est emparée des Parlements nationaux belges - notamment depuis que les députés wallons ont pu mettre leur grain de sel dans l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta).

En réalité, cela fait plus d’un an et demi que l’idée de lancer un projet de participation citoyenne trotte dans la tête de Philippe Courard, président du Parlement de la FW-B. Et si plusieurs sujets - comme l’enseignement ou la francophonie - auraient pu être au centre d’une telle initiative, à l’heure où l’Union fête ses soixante ans et qu’elle souffre du désamour de ses citoyens, il est plus que jamais temps de parler d’Europe, estime M. Courard. D’autant que la Commission européenne vient de publier, en mars, un livre blanc dressant les cinq scénarios pour le futur de l’Europe. "Le sujet est si vaste et complexe qu’interroger le citoyen, sans lui donner des outils de compréhension et l’occasion d’échanger, est catastrophique. Mais, organiser en Belgique ce type de débat, c’est informer les citoyens, leur expliquer les façons dont l’Europe peut évoluer et voir ce qu’ils en pensent. Ils peuvent alors s’exprimer et, par la même occasion, comprendre à quel point le processus de décision peut s’avérer difficile", explique M. Courard.

Mettre 94 Belges francophones dans la peau de leurs 94 députés, tel est l’objectif de ce projet, développé en partenariat avec l’Université libre de Bruxelles (ULB), "La Libre Belgique" et la "DH/Les Sports". Entre le 9 mai et le 9 juin, Wallons et Bruxellois sont invités à s’inscrire sur le site du Parlement de la FW-B. Un tirage au sort permettra ensuite de constituer un panel représentatif.

Un "Parlement citoyen"

Les heureux élus seront invités à Bruxelles, d’abord samedi 1er juillet, pour en apprendre plus sur le projet, prendre connaissance du livre blanc de la Commission et discuter avec des spécialistes de la question européenne. Le 23 septembre, ils reviendront dans l’hémicycle pour débattre et adopter une résolution citoyenne sur l’avenir de l’Europe. Un texte qui n’est pas destiné à atterrir au fond d’un placard, mais qui sera présenté aux députés de la FW-B en séance plénière et transmis au Parlement européen. "J’espère que l’Europe en tiendra compte. Car si on ne reconstruit pas la relation entre le citoyen et l’Europe, si l’Europe fait juste semblant de consulter, elle disparaîtra" , met en garde M. Courard.

En effet, explique Jean-Benoît Pilet, chercheur au Centre d’étude de la vie politique de l’ULB, "la période du consensus permissif où les citoyens laissaient faire leurs élites sur le projet européen s’est brisée à partir des années 2000, avec les référendums sur la Constitution européenne, la montée de l’euroscepticisme et le Brexit". Résultat : les initiatives visant à rapprocher les Européens de l’Union se multiplient aux quatre coins du Vieux Continent. Autant d’expériences qui peuvent faire émerger de nouvelles formes systématiques de participation citoyenne, à l’heure où il est "nécessaire de repenser les démocraties représentatives conçues il y a plus de 100 ans".