Belgique

Qu’on l’appelle code déontologique ou vade-mecum, il y a une certitude : dans un délai de temps plus ou moins rapproché, l’Eglise catholique de Belgique présentera un plan global qui démontrera, selon elle, aux sceptiques et à ses détracteurs qu’elle tiendra ses engagements après les recommandations de la commission spéciale parlementaire sur les abus sexuels pilotée par la députée PS Karine Lalieux.

En fait, Mgr Léonard dont on sait qu’il n’est jamais insensible à un micro tendu et qu’il succombe volontiers à la tentation de s’exprimer dans les médias, a parlé un peu vite à notre confrère Barend Leyts, de VTM, des mesures que l’Eglise de Belgique allait prendre pour faire en sorte qu’elle ne connaisse plus jamais les affres du drame de la pédophilie en ses rangs.

Trop vite ? Oui, car ce vade-mecum est toujours en discussion. Certes, il est en bonne voie de finalisation mais il nous revient que certains collègues dans l’épiscopat d’André-Joseph Léonard se sont étonnés de l’avoir entendu s’avancer de la sorte sur les ondes privées flamandes alors qu’eux-mêmes ne disposent pas encore de tous les éléments du dossier !

Mais que l’on n’y voie surtout nulle malice : globalement, l’atmosphère est et reste très bonne et, selon Olivier Lins, porte-parole du diocèse d’Anvers, s’il y a pour le moins une grande discrétion actuellement, c’est pour permettre à toutes les personnes concernées de travailler sans la pression des médias.

Bref, l’on disposera en temps utile du plan ecclésial. Cela dit, les propos de Mgr Léonard pourraient faire croire que l’Eglise a attendu la commission parlementaire pour se pencher, notamment, sur le screening des candidats au sacerdoce.

Il n’en est rien. Aux Etats-Unis, par exemple, les candidats séminaristes sont même invités à se faire connaître six mois avant d’entamer leur parcours d’études et de formation. Pendant ce semestre, ils sont testés aussi bien sur le plan psychologique que médical.

En fait, l’Eglise américaine s’inspire directement de recommandations venues de la maison-mère à Rome mais depuis le concile Vatican II, les Eglises locales disposent de plus d’autonomie dont visiblement celle de bien contrôler leurs candidats à la prêtrise. Evidemment, comme les vocations sont plus rares que jadis, d’aucuns pouvaient être tentés d’être plus "coulants".

Reste, pour en revenir à la Belgique que les formations des futurs prêtres tiennent déjà compte tant du screening que du suivi psychologique.

Ainsi, les candidats au sacerdoce wallons et bruxellois (Malines-Bruxelles, Liège, Tournai et Namur) qui sont réunis au séminaire de Namur depuis exactement un an sont déjà soumis à ces mesures qui existaient déjà du temps où Mgr Léonard était évêque à Namur.

Pour le président du Séminaire, le chanoine Rochette, cette formation humaine complémentaire se veut "vraie, juste et adéquate en tenant compte de la liberté et de l’affectivité des candidats au sacerdoce" . Et Joël Rochette d’ajouter qu’"une maturité humaine, psychologique et affective est in dispensable pour vivre un ministère fécond de sens alors que les repères sociétaux semblent totalement bouleversés en ces domaines. La maturité affective des futurs prêtres est requise par une société qui en manque souvent elle-même cruellement".

Des cours spécifiques sont donnés pour approfondir le choix du célibat sacerdotal par un corps professoral qui compte autant d’hommes autant de femmes, autant de laïcs que de prêtres. Avec en outre des cours de psychologie et un séminaire de morale familiale et sexuelle qui s’étend sur toute l’année à raison de trois heures par semaine. En même temps, les futurs prêtres travaillent aussi sur des documents déjà existants dont un de l’Eglise de France qui propose des repères pour les animateurs de jeunes.

Quid par ailleurs du projet de tribunal arbitral, la pierre angulaire de toutes les recommandations de la commission spéciale de la Chambre ?

Selon sa présidente Karine Lalieux, qui dirige aussi la commission du suivi, les experts de la Chambre et ceux de l’Eglise ont bien progressé et donc les travaux avancent comme il sied.