Belgique Le réseau libre, suivi par d’autres, va interroger profs, élèves, parents, sur ce qu’ils pensent de leur école.

C’est une démarche inédite et de très grande ampleur qu’a lancée ces derniers jours le Secrétariat général de l’enseignement catholique (le Segec). Le réseau libre a en effet envoyé à des centaines d’établissements des questionnaires pour savoir ce que pensent de leur école les profs, les directions, les élèves, les parents et les membres du pouvoir organisateur.

Une étape importante du Pacte d’excellence

Ce grand sondage s’inscrit dans le cadre du Pacte d’excellence. A la suite de la réforme, toutes les écoles devront se fixer des objectifs et un "plan de pilotage" qu’elles définiront après avoir réalisé un état des lieux de leurs forces et de leurs faiblesses. Ainsi, si un établissement réalise que beaucoup de ses élèves décrochent et quittent le navire, il devra se fixer une stratégie concrète et des objectifs précis pour mieux soutenir ces élèves.

Au-delà des données chiffrées (taux de redoublement, d’exclusion…) qui leur seront fournies, les écoles sont encouragées à collecter l’avis de leurs acteurs. Pour faciliter la récolte, le Segec a donc établi des questionnaires qui ont été envoyés au premier tiers des écoles primaires et secondaires qui doivent rédiger leur plan de pilotage d’ici la fin de l’année (un deuxième tiers sera concerné l’an prochain, et un troisième dans deux ans).

Les réponses, anonymes, seront agrégées, compilées par le Segec et renvoyées à chaque établissement. A charge pour ceux-ci de les analyser. "C’est l’école qui jugera comment prendre en compte les réponses", avertit Luc Michiels, conseiller pédagogique au Segec.

Des questionnaires traduits en plusieurs langues

Les questions abordent de très nombreuses thématiques : vision générale de l’école, accueil des parents, sécurité, qualité des apprentissages, encadrement éducatif, qualité du soutien scolaire, climat général…

Le Segec, souhaitant qu’un maximum des acteurs participe à cette enquête, a développé un large arsenal de communication : des exemplaires en papier seront envoyés aux parents qui le souhaitent, des salles informatiques leur seront ouvertes dans les écoles, des invitations seront transmises par SMS. A l’initiative de plusieurs directions en outre, les questionnaires ont été traduits en différentes langues (anglais, turc, arabe…) pour joindre les familles qui ne parlent pas le français.

Dès huit ans, tous les élèves seront de leur côté appelés à répondre à des questions via des dispositifs adaptés (des animations seront par exemple organisées pour les plus jeunes).

Si d’autres réseaux, dont le CECP, réseau des écoles des communes et des provinces, vont développer de pareils dispositifs, les syndicats s’en inquiètent. Dans une lettre envoyée notamment à la ministre de l’Education Marie-Martine Schyns (CDH), la CSC-Enseignement regrette des questionnaires qui n’ont pas fait l’objet de concertation et "dont certaines questions pour les élèves, où ils sont invités à qualifier le travail de leurs profs, sont inadaptées et inacceptables", ajoute Eugène Ernst, secrétaire général du syndicat. "Dans ces conditions, où se trouve l’autonomie des équipes, l’appropriation par les équipes de la réflexion ?"

Ce dispositif est un service, répondent les réseaux qui disent recevoir des retours positifs du terrain, et y voient un outil utile pour impliquer au maximum les acteurs d’une école dans un projet concerté et commun.