Belgique

Pas de commentaire, dimanche, au parquet de Bruges au sujet du dossier du cardinal brugeois, Roger Vangheluwe, qui a démissionné jeudi dans les conditions que l’on sait. Ce que l’on sait aussi, c’est que ce même parquet va ouvrir une enquête concernant de possibles autres abus sexuels commis par l’évêque démissionnaire.

Dans le dossier qui nous occupe, les faits semblent à coup sûr prescrits mais des devoirs vont être menés afin de déterminer s’il n’y a pas eu d’autres faits commis plus récemment par le prélat et, qui eux, ne seraient pas couverts par la prescription. On sait que dans les dossiers de pédophilie, celle-ci ne commence à courir que lorsque la victime a atteint sa majorité (18 ans) et que le délai de prescription est de 10 ans.

"L’affaire Van Gheluwe" a par ailleurs réveillé des sentiments de colère et de tristesse au sein de la famille Verstraete, ainsi que le rapportait, samedi, le quotidien flamand "De Morgen".

Dans les années ‘80, l’un des fils de cette famille avait été l’objet de sévices sexuels de la part de son professeur de religion.

Celui-ci avait été poursuivi devant le tribunal correctionnel mais avait bénéficié de la suspension du prononcé.

Un peu plus tard, la famille avait appris que l’intéressé allait être consacré diacre et qu’il allait même recevoir des missions d’accompagnement de mineurs.

Les parents du jeune homme s’étaient émus de cette "consécration" avant même qu’elle ait lieu. Ils s’étaient adressés à Mgr Vangheluwe mais, disent-ils, celui-ci leur avait répondu qu’il était impossible d’annuler une cérémonie qui avait requis des efforts importants d’organisation.

Selon le frère de la victime, qui s’est suicidée en 1991, à l’âge de 21 ans, l’évêque brugeois avait minimisé les agissements du diacre, invitant les parents à "pardonner et à oublier".

Dans la famille, cette invitation revêt désormais une signification encore plus amère.