Belgique

Abus de biens sociaux, faux et usage de faux par un fonctionnaire public, infractions aux lois sur la comptabilité et notamment tenue d'une comptabilité irrégulière avec intention frauduleuse: ce sont les trois chefs d'inculpation décernés hier en fin d'après-midi par la juge d'instruction Backelandt, au terme de plusieurs heures d'interrogatoire. Mis sous mandat d'arrêt, il a été écroué la prison de Jamioulx. Il reste présumé innocent.

Fausse comptabilité

Ce que paraissent recouvrir ces trois chefs d'inculpation, ce sont les excès soulignés dès la mise sur la place publique du rapport de second suivi d'audit: des achats de vin, des frais de restaurant exorbitants, autant de dépenses dont on voyait mal le lien avec la gestion «normale» d'une société de logements sociaux. Sans doute les premiers examens de la comptabilité de «La Carolorégienne» auront-ils convaincu les enquêteurs de l'Office central de répression de la corruption qu'il avait fallu «maquiller» les chiffres pour que ces errements et ces erreurs n'apparaissent pas au grand jour, à supposer que des administrateurs normalement avisés aient pu s'en rendre compte. La comptabilité irrégulière découle tout naturellement serait-on tenté d'écrire, des deux premières infractions...

Fidèle de Van Cau

Le coup de théâtre politique et judiciaire d'hier touche un des échevins les plus médiatiques: Charleroi-la-Sportive, c'était lui, par l'agrandissement du stade communal, notamment. C'était celui qui fonçait, parfois tête baissée et sans trop s'encombrer des dégâts collatéraux que sa fougue pouvait susciter. Mais Claude Despiegeleer, c'était aussi et surtout un fidèle d'entre les fidèles de Van Cau: à ses côtés quand il était bourgmestre, il avait ensuite tenu un rôle d'auditeur attentif, sinon de contrôleur de Jacques Van Gompel pour compte de Jean-Claude Van Cauwenberghe quand celui-ci était parti pour Namur. Proche parmi les proches, Claude Despiegeleer l'aura aussi été jusque dans ses derniers moments de liberté. A peine l'ex-échevin était-il sous mandat d'arrêt que Jean-Claude Van Cauwenberghe quittait ses fonctions de ministre-président.

© La Libre Belgique 2005