Belgique

Deuxième inculpation, hier en fin d'après-midi à Charleroi, dans le dossier de «La Carolorégienne», celle de l'ex-échevin, André Liesse, pour faux et usage de faux par un fonctionnaire public, abus de biens sociaux et infractions aux lois sur la comptabilité: les mêmes chefs d'inculpation que ceux décernés à charge de l'ex-échevin, Claude Despiegeleer, il y a huit jours, mais il a été laissé en liberté, moyennant des mesures alternatives. Il lui est interdit de prendre contact avec d'autres personnes impliquées dans ce dossier, de parler à la presse et de quitter le territoire. On peut supposer que son état de santé -il a subi de lourdes opérations du coeur- aura amené la juge d'instruction Backelandt à ne pas décerner de mandat d'arrêt à son encontre.

André Liesse était le président du conseil d'administration de «La Carolorégienne» depuis 2001. Il lui était d'ailleurs reproché, à son installation, de s'être fait rembourser des notes de restaurant (pour un montant d'environ 100000 francs) par la société, alors qu'elles dataient de l'année précédente.

On a également évoqué le fait qu'à la tête de firmes de vente de matériaux de construction, il en ait livré à «La Carolorégienne».

Au-delà de ces deux faits, sa fonction de président aura pesé dans la balance, même si l'ex-échevin (naguère en charge du Commerce et des Affaires économiques) avait toujours affirmé qu'il n'avait pas reçu les précédents rapports d'audit.

A noter encore que Luc Frère, directeur-gérant de «La Carolorégienne», a démissionné de ses fonctions hier après-midi. C'était une exigence répétée des travailleurs en grève depuis plusieurs semaines, et qui reprendront le travail lundi. Bien plus, ils ont accepté d'effectuer dès hier soir les tâches de réparation les plus urgentes dans les logements sociaux.

Luc Frère, engagé comme salarié à raison de 6800 euros mensuels après avoir été consultant extérieur, cristallisait les rancoeurs du personnel.

© La Libre Belgique 2005