Belgique

Konstantinos Tzermias, l'ex-mari de Véronique Pirotton, a été condamné mardi par la chambre civile du tribunal de première instance de Liège à payer un euro symbolique à Bernard Wesphael pour procédure abusive et vexatoire. Le père de Victor avait introduit une procédure en son nom et celui de son fils pour obtenir des réponses quant aux "éléments troublants soulevés par la cour" d'assises. Le tribunal considère que l'acquittement de la cour d'assises est une décision qui rend les poursuites irrecevables, tant en ce qui concerne Konstantinos Tzermias que son fils. Toutefois, seul l'ex-mari de Véronique Pirotton devra s'acquitter de l'euro symbolique, que la partie défenderesse n'avait pas réclamée pour Victor.

Les juges ont notamment retenu dans leur jugement le fait que M. Tzermias, qui représentait son fils, encore mineur à l'époque, au procès devant la cour d'assises du Hainaut, ne s'était pas constitué partie civile en son nom propre, "alors qu'il avait la possibilité de le faire". De l'autre côté, le tribunal estime que Victor était, lui, bien représenté au procès et qu'il a dès lors eu l'occasion de faire valoir ses arguments.

"Cette décision nous fait plaisir car nous considérions depuis le début que cette procédure était manifestement abusive et le tribunal consacre cette manière de voir les choses", a commenté à l'issue de l'audience mardi Me Didier Pire, avocat de Bernard Wesphael.

"C'est une décision assez conventionnelle à laquelle on pouvait s'attendre", a réagi Me Séverine Solfrini, avocate de Konstantinos Tzermias et de son fils. La partie demanderesse peut encore se tourner vers la cour d'appel. "Je vais prendre connaissance du jugement et envisager en concertation avec eux" cette possibilité. "C'est à eux de décider la position qu'ils veulent prendre, s'ils veulent continuer la procédure et le combat ou s'ils veulent s'arrêter là."


La réaction de Bernard Wesphael

"C'est une immense satisfaction", a réagi mardi matin Bernard Wesphael, à l'issue du jugement. "Cela faisait des mois que j'étais sous le feu des critiques de la partie civile et il y avait plus qu'une forme d'acharnement à mon égard", a poursuivi l'ex-député wallon. "C'est un soulagement pour moi, pour ma famille et pour tous ceux qui m'ont soutenu. (...) C'était un long combat. Maintenant, j'espère que les débats sont clos définitivement."

"Je pense aujourd'hui que si quelqu'un avait encore le moindre doute sur le fait que je suis un homme innocent, il ne devrait plus en rester pour personne", a-t-il encore ajouté, faisant également part de son envie de "recréer du lien" avec la famille Pirotton et Victor.

Me Séverine Solfrini, qui représente le fils de Véronique Pirotton, a tenu à réagir quant aux intentions de Bernard Wesphael de renouer le contact. "Je pense que, par l'action qu'on a introduite, Victor a clairement fait part de ses opinions sur la culpabilité de Bernard Wesphael. Il le considère comme responsable. Dans ces conditions-là, je doute que Victor ait envie de le rencontrer..." L'avocate envisagera par ailleurs avec ses clients la possibilité d'aller en appel de la décision du tribunal.

Véronique Pirotton avait été retrouvée morte dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2013 dans la chambre d'hôtel qu'elle occupait avec son mari, Bernard Wesphael. Ce dernier a été acquitté le 6 octobre 2016 par la cour d'assises du Hainaut du meurtre de son épouse.