Belgique

Le procès de Daniel Féret et de sa compagne, Audrey Rorive, a commencé, lundi, devant la 49e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. Les deux prévenus, qui vivent désormais à l’étranger, étaient présents à leur procès qui a commencé par leur interrogatoire.

L’ancien président du FN (Front national de Belgique) est poursuivi pour faux, usage de faux, détournements et abus de confiance au préjudice de son propre parti, aujourd’hui disparu.

Sa compagne, ancienne députée bruxelloise, est soupçonnée d’avoir été sa complice.

Les carrières politiques de Daniel Féret et d’Audrey Rorive sont terminées mais le couple doit aujourd’hui répondre de pratiques frauduleuses mises en place entre janvier 1989 et septembre 2007.

Villa, appareil photo, etc.

Daniel Féret et Audrey Rorive sont soupçonnés d’avoir, durant cette période, utilisé l’argent versé au FN à titre de financement public pour s’enrichir.

Le couple s’était ainsi offert une villa au Cap d’Agde, en France, grâce à un prêt du FN à des conditions exagérément favorables au président du parti, selon le parquet.

Daniel Féret avait aussi acquis au prix fort du matériel photographique très haut de gamme, acheté par l’association de financement du FN, d’après l’enquête.

Enfin, le couple est aussi poursuivi pour détournements de loyers et faux en écriture en vue d’éluder l’impôt.

Des explications à tout

Daniel Féret entend balayer toutes ces accusations. "Il n’y a absolument pas eu de dérives", a-t-il déclaré à l’audience en parlant de la gestion de l’ASBL AFFN (Association de financement du Front national). "Concernant l’achat du matériel photo qu’on me reproche, c’était pour les campagnes du parti. Je suis bon photographe, je pouvais donc faire ça moi-même et nous nous étions rendu compte que cela nous coûterait moins cher que de faire appel à des professionnels pour nos affiches et tracts électoraux", a expliqué Daniel Féret.

Dans une interview accordée à la "DH", il avait indiqué avoir souscrit un emprunt à 4 % pour s’acheter la villa du Cap d’Agde et l’avoir remboursé depuis. "Je prouverai que, dès 1995, le procureur du Roi de l’époque, que j’avais mis en cause, s’était promis d’avoir ma peau. Il a dû attendre car, à l’époque, j’étais protégé par mon immunité parlementaire", avait-il ajouté. M. Féret voit en tout cas des complots partout. Il en veut terriblement à l’avocat Michel Delacroix, qui lui a succédé à la tête du FN et qui, à ses yeux, "roulait pour la Sûreté de l’Etat". Il le rend responsable de ses déboires actuels.

Lundi, devant le tribunal, Charles Petitjean, ancien député FN, a été entendu comme témoin. Lui aussi prétend que les accusations portées contre Daniel Féret émanent de Michel Delacroix, qui souhaitait renverser le président du FN.