Belgique

Quelque chose a basculé aux Pays-Bas en mai 2002, lorsque le populiste Pim Fortuyn a été assassiné. Soudain, dans les rues, le débat au sujet de l'immigration est devenu incendiaire. Comme si toutes les tentatives d'intégration avaient été vouées à l'échec.

Une commission parlementaire d'enquête a été mise en place à ce sujet, présidée par le député libéral (VVD) Stef Blok. Mission? Objectiver le constat. Et faire retomber la tension. En Flandre, on a suivi ce débat de très près. Avec le souci de s'en inspirer pour trouver les réponses qui s'imposent dans un contexte difficile où la montée du Vlaams Blok paralyse bien des responsables politiques.

Un souci d'autant plus marqué que les Pays-Bas ont accordé depuis longtemps le droit de vote aux étrangers non-européens pour les scrutins locaux. C'était en 1985...

Conclusion de la commission Blok? L'intégration des immigrés aux Pays-Bas est «complètement ou en partie réussie». Ce constat tranche avec l'hystérie ambiante des deux dernières années, même si le «soufflé» de la Liste Pim Fortuyn est rapidement retombé, pour cause de déchirements internes. Complètement ou partiellement réussie? Le constat est somme toute mitigé. Et surtout, il n'épargne pas les autorités publiques. «Le gouvernement et le parlement ont réalisé trop tard que les différences étaient trop importantes (la langue notamment) et qu'il fallait mener une politique centrée sur la réduction de ces différences», résume son président. De cette tendance lourde est issue la volonté flamande d'insister sur un parcours de «citoyennisation» lié à la naturalisation.

La réussite de l'intégration à la mode hollandaise, elle, vient davantage du tissu associatif et des immigrés eux-mêmes. Les résultats sont perceptibles sur le marché du travail, dans l'enseignement... Ce qui fait dire en Flandre qu'il est grand temps d'investir dans ces domaines.

Le droit de vote? Dirk Jacobs, docteur en sociologie politique de la KUB, insistait dans sa thèse de doctorat sur un point: «Les observateurs sont unanimes pour estimer que la participation des étrangers aux élections communales a sensiblement favorisé leur implication dans la vie publique.» C'était en 1998.

© La Libre Belgique 2004