L'homme le plus riche de France veut devenir Belge

Christophe LAMFALUSSY Publié le - Mis à jour le

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La demande est parvenue à la commission des naturalisations de la Chambre, et si les motivations de ce candidat peu habituel restent confidentielles, on peut se douter qu’elle suscitera une grande émotion en France où le gouvernement socialiste de François Hollande entend honorer sa promesse de campagne et taxer à 75 % les revenus des particuliers à partir d’un million d’euros.

Bernard Arnault, 63 ans, président du groupe Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH), est classé en 2012 par le magazine "Forbes" comme la quatrième fortune mondiale avec des avoirs évalués à 41 milliards de dollars. Premier Français, il est aussi le premier Européen dans ce classement des super-riches, derrière le Mexicain Carlos Slim (69 milliards de dollars) et les Américains Bill Gates (61 milliards) et Warren Buffett (44 milliards).

Homme d’affaires originaire du Nord de la France, il a bâti sa fortune en devenant en 1989 le premier actionnaire de LVMH, un groupe de produits de luxe qui regroupe des marques aussi célèbres que Moët & Chandon, Cognac Hennessy, Louis Vuitton, Givenchy et Veuve Clicquot. Proche de Nicolas Sarkozy, il est aussi un mécène averti et a été promu au rang de Grand Officier de la Légion d’honneur le 14 juillet 2011.

Georges Dallemagne (CDH), le président de la commission des naturalisations à la Chambre, nous a déclaré que "le dossier sera traité comme tous les autres. Il y en a 47 000 sur notre table. Notre commission a reçu cette demande la semaine dernière". Linda Musin (PS) et Hagen Goyvaerts (VB) sont les vice-Présidents de cette commission de 17 membres.

"L’article 19 du Code de la nationalité belge prévoit qu’un candidat à la naturalisation doit avoir 18 ans accomplis, prouver trois ans de résidence en Belgique et, si ce n’est pas le cas, démontrer qu’il a des attaches véritables avec la Belgique", explique le député fédéral. "La commission doit aussi vérifier qu’il n’y a pas d’infraction pénale et prendra contact avec le parquet, la Sûreté de l’Etat, l’Office des étrangers et le casier judiciaire."

L’un des points clé sera de vérifier si le multimilliardaire français a bien des attaches durables avec le pays. Bernard Arnault serait en tout cas en train de renforcer un centre de coordination en Belgique. Bien que résidant à Paris, il dispose aussi d’un domicile dans une commune bruxelloise.

On se rappelle évidemment la demande de naturalisation de Johnny Halliday qui avait fait couler beaucoup d’encre. Le chanteur avait renoncé à sa demande après que la commission de la Chambre eut décidé de postposer sa décision en mars 2007 et après la victoire de Nicolas Sarkozy au second tour des présidentielles en mai 2007. "Je suis français. Je reste français. J’ai changé d’avis. On m’a assez traîné dans la boue quand je me suis installé à Gstaad", avait déclaré le chanteur.

Dans ce cas-ci, François Hollande est élu pour de bon. Mais la candidature de Bernard Arnault intervient dans un climat politique tendu en France car le gouvernement Hollande doit décider la semaine prochaine quelles seront les dispositions finales de l’impôt à 75 % sur les hauts revenus. Vendredi encore, le ministre du Travail Michel Sapin a assuré que le gouvernement tiendrait ses promesses de campagne, jugeant "normal" de taxer davantage les très hauts salaires. La taxe à 75 % s’appliquerait à partir d’un million d’euros de revenus pour les célibataires mais de deux millions d’euros pour les couples, selon des informations du "Figaro" et des "Echos". Ce dernier journal appartient à l’homme d’affaires français.

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