Belgique Une étude de l’IBSR montre l’utilité de la mesure pour les moins de 14 ans. Mais rien n’est officiellement décidé.

Une étude portant sur les hospitalisations des usagers de la route entre 2009 et 2011 incite une fois encore l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) à demander que le port du casque soit imposé à tous les cyclistes de moins de 14 ans, indiquait, lundi, Sudpresse.

Traumatismes crâniens

L’étude montre que les traumatismes crâniens apparaissent dans 50 % des blessures affectant les cyclistes de moins de 10 ans et dans 40 % des blessures des cyclistes entre 10 et 19 ans, passant à 20 % chez les plus de 30 ans.

On notera que si les utilisateurs de deux-roues motorisés, pour qui le port du casque est une obligation, souffrent parfois, eux aussi, de traumatismes crâniens, c’est dans une proportion plus rare que pour n’importe quelle autre catégorie d’usagers.

Le ministre de la Mobilité François Bellot (MR) va-t-il écouter l’IBSR et imiter les autorités françaises qui obligent déjà les moins de 14 ans à se coiffer d’un casque ? Il avait dit attendre une étude chiffrée pour prendre position. Elle est donc désormais réalisée.

Vélos électriques

Entre-temps, est venu l’avènement du vélo électrique. Certes, peu d’enfants l’utilisent mais il se révèle souvent dangereux. En raison de la vitesse qu’il peut atteindre mais aussi à cause de son poids. Les conséquences d’une chute sur ce genre d’engins semblent plus lourdes que dans le cas d’un accident impliquant un vélo classique. A méditer.

Quoi qu’il en soit, la demande de l’IBSR devra surmonter quelques réticences. Ainsi, le Groupe de recherche et d’action des cyclistes quotidiens (Gracq) est-il hostile au port du casque généralisé qui pourrait rendre l’usage du vélo impopulaire - en Australie l’obligation du port du casque aurait fait chuter la pratique du vélo. Il reconnaît cependant que l’objet est recommandé pour certaines catégories de cyclistes comme les enfants, les personnes âgées et les cyclistes sportifs.

D’une façon ou d’une autre, il faudra se pencher sur cette (triste) évidence : en 2005, les cyclistes, tous âges confondus, représentaient 12 % des blessés graves et des morts dans les 30 jours suivant un accident. En 2016, cette proportion est montée à 21 %. C’est sans doute lié, en grande partie, à l’augmentation importante de l’usage du vélo mais cela traduit une réalité inquiétante et rend, assurément, nécessaire l’adoption de mesures de nature à mieux protéger ces usagers fragiles, qui représentent quand même 34 % des blessés graves et 39 % des patients admis dans les hôpitaux pour accident de la route entre 2009 et 2011.

Selon l’IBSR, il faut notamment agir sur l’infrastructure car 85 % des accidents subis par les cyclistes ne sont pas le fait d’accrochages avec des véhicules motorisés mais de chutes sans intervention extérieure. L’aménagement de bonnes pistes cyclables, le bon entretien des chaussées devraient aider à faire chuter ces mauvaises statistiques.