Belgique

Le projet de décret adopté en première lecture, ce vendredi, par le gouvernement de la Communauté française, vise à mettre de l'ordre dans une pratique au succès grandissant. Au total, il est aujourd'hui dispensé par une centaine d'écoles dans le fondamental et une cinquantaine, dans le secondaire. Ce sont quelque 8 000 élèves qui, aujourd'hui en Communauté française, suivent une partie de leur apprentissage dans une autre langue que leur langue maternelle.

Seulement pour pouvoir porter l'étiquette d'enseignement par immersion, les classes devront désormais remplir une série de conditions. Car, jusqu'ici, le terme semblait quelque peu galvaudé. Et représentait des réalités différentes d'une école à une autre. L'avant-projet de décret généralise les pratiques.

Quand peut commencer un enseignement en immersion ?

Les écoles peuvent l'organiser à partir de la troisième maternelle ou première primaire, à partir de la troisième primaire, ou à partir de la première secondaire.

Combien de périodes doivent être dispensées dans la langue d'immersion ?

Des seuils minimum et maximum sont définis.

- Quand l'immersion commence en troisième maternelle ou en première primaire : minimum 8 périodes par semaine et maximum 21 (sur 24).

- Quand l'immersion commence en troisième primaire : minimum 12 et maximum 18. De plus, l'immersion doit être garantie jusqu'en sixième primaire au moins.

Si le système avait commencé en troisième maternelle ou première primaire, le minimum de périodes passe en troisième à 8 périodes et le maximum à 18. Il s'agit donc d'appliquer un système dégressif où les périodes d'immersion diminuent et celles en français augmentent.

- Enfin, quand l'immersion commence en première secondaire, minimum 8 périodes et maximum 13.

Si c'est la continuation d'une immersion en primaire, les périodes "d'option" (quatre) du premier degré secondaire doivent impérativement renforcer la formation linguistique.

Dans quelle(s) langue(s) ?

En maternelle et en primaire, la langue de l'immersion peut être le néerlandais, l'anglais ou l'allemand en Wallonie. L'immersion ne peut être organisée qu'en néerlandais à Bruxelles. Dans le secondaire, le néerlandais, l'anglais et l'allemand sont possibles partout. A noter la possibilité d'instaurer le système en technique et professionnel, ce qui n'était pas le cas jusqu'ici.

Avec quels profs ?

Les "native speakers" ne sont pas obligatoires. Pour eux comme pour tous ceux qui souhaitent dispenser ce type d'apprentissage, une triple compétence est exigée. Un titre pédagogique, la connaissance approfondie de la langue de l'immersion, et la connaissance fonctionnelle de la langue française.

Sous quel contrôle ?

Compte tenu de la spécificité de ce type d'apprentissage, un organe spécifique d'accompagnement et d'observation a été créé. Par ailleurs, les services d'inspection des cours de langues et des disciplines seront l'un et l'autre chargés de vérifier le respect des dispositions.

A partir de quand ?

Il y aura une période transitoire, valable pour les écoles qui s'organisaient autrement. Les nouvelles règles sont d'application pour les nouveaux candidats et seront obligatoires pour tous dès la rentrée 2008.

© La Libre Belgique 2006