Belgique

Le gouvernement de la Communauté française a décidé de doter l'enseignement "en immersion" d'une ossature décrétale, afin d'en garantir la qualité et l'efficacité. Il a adopté vendredi, en première lecture, un avant-projet de décret fixant les balises de cet enseignement: organisation, langues et années concernées, accompagnement pédagogique.

Actuellement, 97 écoles maternelles et primaires et 55 établissements secondaires pratiquent l'immersion, qui consiste à donner plusieurs cours différents (en dehors des cours de langues) dans une langue étrangère choisie. Quelque 8.500 élèves sont concernés.

Le décret prévoit que les écoles souhaitant pratiquer ce type d'enseignement devront notamment fournir l'avis du Conseil de participation et présenter un projet complet (outils pédagogiques, continuité du projet, possibilités d'engagement de personnel, etc...). Sur base du projet, les autorisation seront accordées pour 3 ans et seuls les établissements bénéficiant d'une telle autorisation pourront pratiquer l'immersion.

De la 3e maternelle à la 6e primaire, les écoliers de la Région wallonne intéressés pourront choisir comme langue d'immersion le néerlandais, l'anglais ou l'allemand; les Bruxellois n'auront d'autre choix que le néerlandais. En 1er degré du secondaire (le technique et le professionnel sont désormais concernés à partir de la 3e année), néerlandais, anglais et allemand seront au menu, tant en Wallonie qu'à Bruxelles.

Le principe de base étant que l'élève peut quitter mais pas entamer l'immersion quand il le désire, les moments où il peut monter dans le train ont été définis: dernière année de l'enseignement maternel (éventuellement 1ère primaire), 3e primaire et 1re année du secondaire.

Dès lors, le texte de la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie Arena prévoit, par la modulation du nombre des périodes hebdomadaires consacrées à l'immersion, de remettre à niveau les classes qui n'ont commencé l'immersion qu'en 3e primaire, par rapport à celles qui ont commencé dès la maternelle.

Pour la 1re année du secondaire, on jouera sur la fonction des activités complémentaires en lien avec les apprentissages linguistiques pour mettre à égalité ceux qui se lancent dans l'immersion avec ceux qui se sont immergés dès la primaire

L'avant-projet de décret précise encore les titres requis et les titres jugés suffisants pour l'enseignement en immersion. En tout état de cause, on demande aux enseignants concernés un titre pédagogique, la connaissance approfondie de la langue d'immersion et la connaissance fonctionnelle de la langue française.

Pour les "native speakers" (enseignant dont la langue maternelle est celle de l'immersion) disposant d'un diplôme étranger, on fera jouer à fond les possibilités des correspondances de diplômes et une certaine souplesse sera de mise.

L'inspection sera assurée conjointement par les inspecteurs chargés des cours de langues et ceux qui ont la responsabilité des disciplines dont l'enseignement est assuré par l'immersion. Un organe d'observation et d'accompagnement de l'immersion a également été créé au sein de l'administration de l'enseignement.

"Nous avons voulu conforter une expérience qui connaît le succès depuis 10 ans en l'encadrant et en garantissant sa qualité", a commenté vendredi Mme Arena à l'issue de la réunion du gouvernement.

Le décret doit entrer en application à la rentrée 2007 mais les écoles pratiquant déjà l'immersion auront jusqu'à 2008 pour adapter leur dispositif.